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Sauvetage d'Atos: Onepoint se retire, Kretinsky retente sa chance

Le siège d'Atos à Bezons, près de Paris, le 26 avril 2024 (Ludovic MARIN)
Le siège d'Atos à Bezons, près de Paris, le 26 avril 2024 (Ludovic MARIN)

Énième coup de théâtre dans le feuilleton Atos: le consortium mené par Onepoint, choisi il y a trois semaines pour sauver le fleuron informatique français lourdement endetté, jette l'éponge, laissant la voie au milliardaire tchèque Daniel Kretinsky, éconduit début juin, pour reprendre les discussions.

"Le consortium Onepoint, Butler Industries et Econocom a constaté que les conditions n'étaient pas réunies pour conclure un accord ouvrant la voie à une solution pérenne de restructuration financière et de mise en œuvre" de son projet, a annoncé Onepoint, dirigé par David Layani, dans un communiqué.

Cette annonce survient moins de trois semaines après que son consortium est sorti gagnant de la compétition pour la reprise d'Atos face à Daniel Kretinsky.

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Son offre de reprise avait été jugée "mieux orientée en matière d'intérêt social de la société" par le conseil d'administration du groupe et la majorité de ses créanciers.

Malmenée depuis plusieurs années à la Bourse de Paris, l'action Atos y a clôturé mercredi en chute de 6,68%, à 1,12 euro.

Embourbé dans une crise financière depuis près de trois ans, Atos, pilier technologique des JO de Paris cet été et présent dans plusieurs activités sensibles, dont les supercalculateurs utilisés pour la dissuasion nucléaire française, avait enclenché en février une procédure de restructuration.

L'entreprise avait annoncé avoir besoin de 1,1 milliard d'euros de liquidités pour son activité en 2024-2025 et vouloir réduire massivement sa dette brute, de 4,8 milliards d'euros, pour sauvegarder son activité.

Pour "satisfaire la demande de liquidité à court et moyen terme du groupe", Atos indique avoir reçu de la part de ses créanciers "une proposition globale de restructuration financière révisée".

"Les discussions se poursuivent avec le comité représentatif des créanciers et certaines banques sur la base de cette proposition en vue de parvenir à un accord dans les meilleurs délais", a-t-il ajouté, tandis que EPEI, du milliardaire tchèque Daniel Kretinsky, a adressé "un courrier réitérant son intérêt pour participer à sa restructuration financière".

- "Protéger les intérêts" de l’État -

Longtemps en discussions pour racheter une partie d'Atos avant la rupture des négociations en février, il avait révisé deux fois son offre face au consortium de David Layani, sans succès.

En parallèle, Atos annonce mercredi avoir "finalisé" la négociation avec l’État français "d'une convention visant à protéger les intérêts de souveraineté" de l’État au titre de certaines activités exercées par le groupe informatique.

Depuis le début de la chute du géant, le sort de ces activités stratégiques est un enjeu politique majeur. Mi-juin, l’État français a fait une offre de 700 millions d'euros pour acheter les activités d'Atos jugées stratégiques et sensibles, dont les supercalculateurs, les contrats avec l'armée française et les produits de cybersécurité.

Cette offre vise à éviter que ces activités tombent entre les mains d'acteurs étrangers. Elle concerne "l'acquisition potentielle de 100% des activités d'Advanced Computing, de Mission-Critical Systems et de Cybersecurity Products de la division BDS (Big Data & Cybersécurité)" d'Atos.

Le ministère français de l’Économie a également octroyé un prêt de 50 millions d'euros à l'entreprise et acquis une "action de préférence" lui permettant de mettre son veto à certaines opérations au niveau de Bull, la filiale qui construit ces supercalculateurs.

"Les actifs souverains ont bien été sécurisés par une +Golden Share+ de l'Etat et l'opération de rachat de ces actifs souverains par l’État en lien avec des industriels se poursuit en parallèle comme prévu", a indiqué Bercy à l'AFP.

"L’État via le Comité interministériel de restructuration industrielle continue de suivre très précisément le dossier afin de favoriser les solutions de continuité pour l'entreprise Atos", a-t-on ajouté de même source.

Dans la foulée du choix de Onepoint, Atos avait aussi annoncé être entré en négociations exclusives avec le groupe français d'ingénierie Alten en vue de la vente de Worldgrid, sa filiale hautement critique qui conçoit les systèmes de pilotage des centrales nucléaires, notamment pour EDF, et ne fait toutefois pas partie des activités stratégiques que l’État français souhaite acquérir.

Atos table sur un accord de principe sur la restructuration financière durant la semaine du 24 juin et un accord définitif avec une majorité de créanciers financiers durant la semaine du 22 juillet.

Partenaire informatique mondial du Comité international olympique (CIO) depuis 2002, Atos sera l'un des piliers technologiques des JO de Paris. Il sera chargé de la gestion des accréditations, de la diffusion instantanée des résultats ou encore de la cybersécurité.

yk-mpa-dax/LyS