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Atos: après l'échec de leur projet de reprise, Onepoint et Layani se désengagent

Le siège d'Atos à Bezons, près de Paris, le 4 avril 2019 (ERIC PIERMONT)
Le siège d'Atos à Bezons, près de Paris, le 4 avril 2019 (ERIC PIERMONT)

Jusqu'à mercredi, David Layani devait devenir le patron d'Atos, mais en deux jours, tout a changé: son entreprise Onepoint veut sortir du capital du groupe informatique français en difficultés après avoir renoncé à le reprendre, et lui-même démissionne du conseil d'administration.

Ces annonces faites tôt vendredi sont un nouvel épisode dans l'incroyable saga de la descente aux enfers d'Atos. Autrefois fleuron de l'informatique française, le groupe traîne aujourd'hui une dette colossale et lutte pour sa survie.

Les représentants de Onepoint, son président David Layani et Helen Lee Bouygues démissionnent "avec effet immédiat du conseil d'administration" d'Atos, a indiqué le groupe dans un bref communiqué.

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M. Layani et Mme Lee Bouygues ont également informé Atos "de leur intention d’une sortie de Onepoint du capital". Tous deux étaient entrés fin février au conseil d'administration d'Atos, dont Onepoint est le premier actionnaire avec plus de 11% du capital.

A la Bourse de Paris, le titre Atos dévissait vers 09H15, perdant plus de 8%.

- Défense et politique -

Choisi le 11 juin pour reprendre Atos et tenter de le sauver, le consortium mené par Onepoint a jeté l'éponge mercredi, à la surprise générale. Cela laisse la voie libre au milliardaire tchèque Daniel Kretinsky pour reprendre les discussions, alors qu'il avait initialement été éconduit.

Embourbé dans une crise financière depuis près de trois ans, Atos, qui vaut désormais à peine plus d'un euro en Bourse, avait enclenché en février une procédure de restructuration.

Il avait annoncé avoir besoin de 1,1 milliard d'euros de liquidités pour son activité en 2024-2025 et vouloir réduire massivement sa dette brute, de 4,8 milliards d'euros, pour sauvegarder son activité.

Atos va être un pilier technologique des JO de Paris cet été, et son avenir revêt également une forte dimension politique liée à ses activités stratégiques dans le domaine de la défense (équipement de l'armée ou supercalculateurs utilisés pour la dissuasion nucléaire française).

Le consortium mené par Onepoint a annoncé mercredi qu'il jetait l'éponge après avoir "constaté que les conditions n'étaient pas réunies pour conclure un accord ouvrant la voie à une solution pérenne de restructuration financière et de mise en œuvre".

Pour sa part, Atos a alors indiqué avoir reçu de la part de ses créanciers "une proposition globale de restructuration financière révisée".

En outre, EPEI, la société d'investissement de M. Kretinsky, a adressé "un courrier réitérant son intérêt pour participer à sa restructuration financière".

Longtemps en discussions pour racheter une partie d'Atos avant la rupture des négociations en février, l'homme d'affaires tchèque avait révisé deux fois son offre face au consortium de David Layani, sans succès.

- L'empire Kretinsky -

Aussi discret publiquement qu'actif sur les marchés, M. Kretinsky se construit un empire en Europe, dans l'énergie, la distribution ou les médias.

Selon Forbes, il est à la tête d'une fortune de 8,6 milliards d'euros construite grâce aux énergies fossiles, charbon et gaz, avec son entreprise historique, EPH, le plus gros groupe d'énergie d'Europe centrale.

Présent dans la distribution, avec les entreprises françaises Casino et Fnac-Darty, le britannique Sainsbury's, l'américain Foot Locker et l'allemand Metro, il est en train de racheter l'opérateur postal britannique Royal Mail et a acquis fin avril 20% des activités sidérurgiques de l'aciériste allemand Thyssenkrupp.

En France, son groupe de médias CMI est en train de vendre l'hebdo Marianne au milliardaire catholique et conservateur Pierre-Edouard Stérin, mais la procédure est devenue conflictuelle jeudi. Rebutée par des articles de presse affirmant que M. Stérin avait des liens avec le RN, la rédaction s'est opposée à ce qu'il rachète le magazine et s'est mise en grève vendredi matin.

Dans le volet qui concerne ses activités sensibles de défense, Atos a annoncé mercredi avoir "finalisé" la négociation avec l'État français "d'une convention visant à protéger les intérêts de souveraineté" de ce dernier. En clair, il s'agit d'éviter que ces activités tombent entre les mains d'acteurs étrangers.

Mi-juin, l’État a fait une offre de 700 millions d'euros pour acheter les activités d'Atos jugées stratégiques et sensibles, dont les supercalculateurs, les contrats avec l'armée française et les produits de cybersécurité.

pr/may/eb