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La résistance à Nippon Steel illustre les craintes pour l'aciérie en Pennsylvanie

L'aciérie Edgar Thomson à Braddock (Pennsylvanie), opère depuis 1875, le 4 juin 2024 (Rebecca DROKE)
L'aciérie Edgar Thomson à Braddock (Pennsylvanie), opère depuis 1875, le 4 juin 2024 (Rebecca DROKE)

Le projet de Nippon Steel de racheter United States Steel provoque le malaise à Pittsburgh, où l'industrie métallurgique dominait autrefois l'économie et reste toujours majeure dans l'esprit collectif.

Des opposants, comme le syndicat United Steelworkers (USW), considèrent ce rapprochement comme la dernière menace en date d'un long combat pour maintenir cette activité après les fermetures d'usines des années 1970 et 1980.

"L'histoire est tellement présente ici et beaucoup de fierté va avec", explique Bernie Hall, quatrième génération de sa famille dans cette industrie. "Il n'y aurait pas de Pennsylvanie occidentale sans l'acier".

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U.S. Steel a accepté en décembre de se vendre pour 14,9 milliards de dollars au sidérurgiste japonais.

Ce dernier a promis des investissements pour assurer la compétitivité des usines dans cet Etat de l'est des Etats-Unis ainsi que, dans le sud du pays, des infrastructures plus modernes et moins néfastes à l'environnement.

Mais, pour Bernie Hall, directeur de l'USW en Pennsylvanie, le groupe japonais reste évasif concernant les sites situés dans la Mon Valley, près de Pittsburgh, dont le plus ancien date de 1875.

Les deux candidats à la Maison Blanche, le démocrate Joe Biden et le républicain Donald Trump - qui tentent chacun d'attirer les voix des cols bleus en novembre -, ont fait voeu de bloquer le mariage.

En attendant, ce dernier flotte dans le néant au moins jusqu'à après l'élection, où la Pennsylvanie pourrait jouer un rôle crucial.

Pour beaucoup d'Américains, Pittsburgh reste synonyme d'industrie métallurgique ("steel" en anglais). En partie du fait de l'importance des Steelers, l'équipe de football américain de la ville située au sud du lac Erié.

Mais la physionomie de la cité autrefois surnommée Smoky City à cause de la fumée s'élevant des usines, en particulier des hauts-fourneaux, a complètement changé après la fermeture de ses dernières usines dans les années 1980.

- "Déconnectés" -

L'acier "fait toujours partie de notre identité mais nous sommes déconnectés de cette identité", regrette Edward Stankowski Jr, ancien métallo et auteur de "Mémoire d'acier" dans lequel il raconte son départ de cette industrie, comme des milliers de ses collègues, il y a une quarantaine d'années.

Sa maison d'enfance à Pittsburgh donnait sur les aciéries. Il a commencé à y travailler au sortir du lycée, de nombreux jeunes y voyant un moyen d'accéder à la classe moyenne avec la promesse de bons salaires et d'une retraite solide.

A l'emplacement de son ancienne usine, des immeubles d'appartements - baptisés "Hot Metal Flats", soit "Les appartements du métal chaud" - ont notamment été construits.

"Ca ne me manque pas", confie M. Stankowski, qui a fait des études universitaires après avoir quitté la sidérurgie et qui enseigne désormais à l'université La Roche, à Pittsburgh. "J'aime avoir de l'air pur. J'aime avoir de l'eau claire".

L'industrie sidérurgiste s'intégrait bien à l'ouest de la Pennsylvanie, région parcourue de cours d'eau et ayant du charbon en abondance.

Mais "il y a eu un changement fondamental, presque tectonique, dans la géographie de l'acier", relève Chris Briem, spécialiste de l'économie régionale à l'université de Pittsburgh.

Les usines de la Mon Valley "existent depuis longtemps", relève-t-il. "Si elles ne reçoivent pas beaucoup de nouveaux investissements, elles ne seront peut-être pas compétitives encore très longtemps".

Le groupe américain gère quatre usines en Pennsylvanie. Nippon Steel s'est engagé à les garder non seulement ouvertes mais, en plus, à y investir 1,4 milliard de dollars jusqu'en 2026.

Il a également assuré qu'il maintiendrait à Pittsburgh le siège social d'U.S. Steel, et son millier d'employés.

"On ne peut pas raconter l'histoire d'U.S. Steel sans la Pennsylvanie en rôle principal, et Nippon Steel entend que ça continue", a écrit Takahiro Mori, vice-président du groupe japonais, dans une tribune au Pittsburgh Post Gazette le 9 juin.

Les partisans du mariage arguent que le sidérurgiste américain risque d'être démantelé s'il capote, ce qui plongerait encore davantage dans l'incertitude ses milliers d'employés en Pennsylvanie.

Pour l'USW, les projets de Nippon sont vagues et lui offrent une échappatoire.

Les ouvriers veulent un signe que quiconque détient ces aciéries "s'y intéresse sur le long terme et investit réellement dans cette communauté", relève Bernie Hall. "C'est précisément ce qu'ils n'entendent pas de Nippon, ni d'U.S. Steel".

Certains métallos interrogés par l'AFP critiquent la transaction, considérée comme une opportunité saisie par la direction pour empocher de l'argent, et s'inquiètent pour leur emploi.

jmb/elm/pno