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Washington sanctionne des dirigeants de Kaspersky après avoir interdit son antivirus

Washington a annoncé jeudi l'interdiction du logiciel russe antivirus Kaspersky aux Etats-Unis, ainsi qu'aux Américains ailleurs dans le monde, reprochant à ce géant de la cybersécurité sa proximité avec Moscou (Kirill KUDRYAVTSEV)
Washington a annoncé jeudi l'interdiction du logiciel russe antivirus Kaspersky aux Etats-Unis, ainsi qu'aux Américains ailleurs dans le monde, reprochant à ce géant de la cybersécurité sa proximité avec Moscou (Kirill KUDRYAVTSEV)

Washington a annoncé vendredi des sanctions économiques à l'encontre de 12 responsables de l'entreprise russe Kaspersky après avoir la veille interdit l'utilisation de son logiciel antivirus aux Etats-Unis, reprochant au géant de la cybersécurité une proximité avec Moscou, qu'il dément.

Ces sanctions sont une "réponse aux risques continus de sécurité informatique", a indiqué le département du Trésor dans un communiqué.

Ces 12 dirigeants de l'entreprise, qui sont des responsables du développement, des ressources humaines ou encore de la communication, voient leurs avoirs aux Etats-Unis gelés, ainsi que ceux des entités qu'ils contrôlent directement ou indirectement. Tout commerce leur y est également interdit.

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Le porte-parole du département d'Etat, Matthew Miller, a souligné que "les produits et solutions de cybersécurité de Kaspersky offrent un large accès aux fichiers" sur les "ordinateurs sur lesquels le logiciel est installé".

Or, a-t-il ajouté, "Kaspersky est soumis à la juridiction, au contrôle ou à la direction du gouvernement russe, qui pourrait exploiter cet accès privilégié pour obtenir des données sensibles, y compris des informations personnelles ou contourner les mesures de sécurité informatique".

Le porte-parole a ainsi mis en garde contre le fait que cela pose "un risque inacceptable pour la sécurité intérieure des États-Unis ou (...) des Américains".

Kaspersky est l'une des grandes références mondiales dans le milieu de la sécurité informatique.

- "Indépendance" -

Jeudi, le département du Commerce avait dit que l'entreprise russe ne serait plus autorisé à vendre ses logiciels aux Etats-Unis ou aux ressortissants américains ailleurs dans le monde, ni à fournir des mises à jour aux logiciels déjà utilisés.

Cette interdiction s'applique également aux sociétés affiliées, filiales et sociétés mères de Kaspersky Lab.

Kaspersky sera néanmoins autorisé à mener certaines activités jusqu'au 29 septembre, afin de donner aux clients le temps de trouver une alternative.

Les Etats-Unis accusent l'entreprise d'être proche de Moscou, ce qu'elle nie farouchement, assurant avoir "démontré à de nombreuses reprises son indépendance de tout gouvernement" et affirmant que les Etats-Unis ont "ignoré ces preuves".

Kaspersky a condamné dans un communiqué une décision "prise sur la base du climat géopolitique actuel et de craintes théoriques" qui "bénéficie à la cybercriminalité". Elle se défend depuis des années de tels soupçons.

L'entreprise envisage également de contester la décision en justice.

Le Kremlin a de son côté dénoncé vendredi une "concurrence déloyale" de Washington. C'est "la technique préférée de concurrence déloyale de la part des Etats-Unis. Ils l'utilisent à chaque fois", a fustigé le porte-parole de la présidence russe, Dmitri Peskov.

"Kaspersky Lab est une entreprise très compétitive au niveau international qui, à bien des égards, dépasse ses concurrents", a-t-il dit.

- "Menace" -

Trois entités liées à Kaspersky avaient en outre été ajoutées jeudi à une liste noire de Washington, "pour leur coopération avec les autorités militaires et du renseignement russes à l'appui des objectifs du gouvernement russe en matière de cyberespionnage".

Ce n'est pas la première fois que Washington prend des mesures visant Kaspersky. Le logiciel avait été interdit d'usage au sein des agences fédérales en 2017.

En mars 2022, la Commission fédérale des communications des Etats-Unis avait ajouté les produits, solutions et services de sécurité fournis, directement ou indirectement, par Kaspersky, sur la "liste des équipements et services de communication qui constituent une menace pour la sécurité intérieure".

Plusieurs pays européens ont aussi exprimé leur inquiétude vis-à-vis de ce géant de la cybersécurité. L'Allemagne avait recommandé, quelques semaines après l'invasion russe de l'Ukraine, d'éviter d'utiliser ses services. L'Italie avait ouvert une enquête.

Fin 2023, le gouvernement canadien avait décidé l'interdiction pour ses fonctionnaires d'utiliser des outils de Kaspersky sur leur téléphone professionnel.

Soupçonnée depuis des années par les pays occidentaux de collaborer - de gré ou de force - avec les autorités russes, l'entreprise avait annoncé fin 2020 avoir achevé le transfert des données de ses clients occidentaux dans son centre de données en Suisse.

Kaspersky a des bureaux dans 31 pays et des clients dans plus de 200 pays et territoires, selon le département américain du Commerce qui assure que le groupe fournit des produits et des services liés à la cybersécurité à plus 400 millions d'utilisateurs et 270.000 entreprises.

bur-jul/bpe