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Une banque publique d'investissement, à quoi ça sert ?


La Banque publique d'investissement, outil de financement des entreprises voulu par le candidat Hollande, devrait être sur les rails en début d'année. Sa mission : améliorer l'efficacité du financement public des entreprises.



Moi président, je créerai une Banque publique d'investissement ! Parmi les 60 engagements du candidat Hollande pour la France, la proposition de création de la future BPI, qui devrait être dotée de plus de 30 milliards d'euros, occupait une place de choix... La première ! L'objectif affiché du projet est de favoriser le développement des petites et moyennes entreprises.

Regrouper les outils existants sous une même bannière

Où ce nouvel outil de financement public va-t-il trouver 30 milliards d'euros en ces temps de disette budgétaire ? En réalité, la BPI ne sera pas créée ex nihilo mais regroupera dans un premier temps des entités existantes. C'est du moins ce que recommande le rapport de "préfiguration" remis fin juillet au Ministre des Finances par l'inspecteur général des finances Bruno Parent.

Divers outils existent déjà, en effet, à commencer par CDC Entreprises, filiale de la Caisse des dépôts dédiée au capital investissement dans des PME de croissance, et Oséo, qui aide notamment les entreprises innovantes. A cela s'est ajouté en 2008 le Fonds stratégique d'investissement (FSI) voulu par Nicolas Sarkozy, fonds souverain à la française dont la gouvernance et la gestion ont fait l'objet de vives polémiques (lire notre dernier article sur le sujet).

La Banque publique d'investissement devrait donc regrouper et coordonner ces trois outils, sans pour autant qu'ils soient purement et simplement fusionnés. Cela aura comme premier avantage de permettre un déploiement opérationnel rapide du projet : dès le début de l'année 2013. Surtout, cette idée d'une sorte de "guichet public unique" pourrait permettre au système de financement public des entreprises de gagner en cohérence. En effet, s'il existe des connections entre les différents acteurs existants, la Caisse des dépôts détenant ainsi 27% d'Oséo et 51% du FSI, la coordination n'est pas toujours de mise. Une simplification de ce dispositif permettra un gain d'efficacité, tant du côté de l'Etat que du côté des entreprises, pour lesquelles chaque demande de financement représente un dossier à remplir, du temps passé en formalités administratives qui pourrait être utilisé plus utilement.

Vers le financement d'une croissance durable

L'idée d'avoir un acteur public fort et clairement identifié peut aussi aider à drainer d'autres financements, y compris privés, vers les sociétés aidées, grâce à ce qu'on appelle "l'effet d'entraînement". Les investisseurs apprécient rarement d'être seuls sur un dossier et l'existence de fonds publics, que ce soit un prêt ou un investissement en actions de la société, aura forcément un effet rassurant pour eux. Cela implique évidemment que la BPI respecte une mission claire et soit sélective dans ses choix. Si elle se contente de voler au secours d'entreprises en difficultés pour colmater les brèches, elle ne sera qu'un "machin" de plus. A ce titre, la proposition initiale de François Hollande est intéressante, car elle dégage assez clairement quelques thématiques fortes : les filières d'avenir, la conversion écologique et énergétique de l'industrie française ou encore l'économie sociale et solidaire.

Menace sur les financements bancaires

Mais qui détiendra cette BPI ? Les actionnaires principaux en seront l'Etat et la Caisse des dépôts, la question se posant de savoir si certains conseils régionaux pourraient y entrer. Le rapport Parent déconseille cette hypothèse, au motif qu'elle risquerait de créer ou de perpétuer des déséquilibres entre régions. En revanche, les conseil régionaux pourraient être associés à la définition de la stratégie de la BPI et seront impliqués dans la création de guichets régionaux uniques pour les entreprises demandeuses de financement.

Si la BPI n'apporte rien de révolutionnaire, son ambition simplificatrice sur les financements publics aux entreprises arrive à un moment où les petites et moyennes entreprises risquent d'être les premières victimes du "deleveraging" bancaire. Face aux nouvelles contraintes réglementaires apportées par les accords de Bâle III, les banques commencent à réduire la taille de leur bilan, c'est-à-dire le montant des financements qu'elles apportent à l'économie réelle, et vont avoir tendance à privilégier les prêts aux grandes entreprises, plus sécurisants pour elles.

L'autre souci des entreprises françaises, hormis les titans du CAC40, est leur difficulté à exporter. Le rapport Parent met ainsi en évidence l'importance d'un fonctionnement de la BPI qui se fasse en bonne intelligence avec Ubifrance, agence d'aide à l'export pour les entreprises. Faire mieux avec les mêmes moyens, c'est en quelque sorte la feuille de route de la future BPI.

Emmanuel Schafroth

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