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Réforme des retraites : le gouvernement veut renverser le vote sur les motions de censure

ALAIN JOCARD / AFP

Élisabeth Borne est visée par deux motions de censure. Mais la possibilité d’en voir une adoptée reste faible, au point que le gouvernement veut essayer de profiter de la situation.

POLITIQUE - Quand la vie vous donne des citrons, faites-en de la citronnade. Élisabeth Borne va devoir affronter lundi 20 ses quinzième et seizième motions de censure depuis son arrivée à Matignon. De prime abord, difficile de voir comment le gouvernement pourrait s’en réjouir et surtout s’en servir par la suite. Et pourtant…

Si deux motions ont été déposées, seule celle déposée par LIOT qui est dite « transpartisane » suscite quelques espoirs dans l’opposition. Sauf surprise de taille venue des bancs de la droite, une adoption reste cependant peu probable. L’exécutif le sait bien et affiche sa confiance. « Non, je pense qu’il n’y aura pas de majorité pour faire tomber le gouvernement », affirme Bruno Le Maire dans Le Parisien ce dimanche, tandis que son collègue Olivier Dussopt insiste dans le JDD sur la « majorité très hétéroclite sans ligne politique commune » qui devrait s’unir pour faire tomber le gouvernement.

Rassurer le Parlement

Alors, puisque ce péril est -a priori- écarté, autant essayer le transformer à son avantage. Premier objectif : apaiser les esprits des parlementaires mécontents du recours au 49.3, même au sein du camp présidentiel.

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« Nous aurions dû aller au vote. Défaite ou victoire au vote, la démocratie aurait parlé », a ainsi regretté le député Renaissance Éric Bothorel jeudi après-midi, tandis que son collègue du MoDem Erwan Balanant parle d’« une erreur vu l’état de notre démocratie ». Les oppositions sont plus virulentes : Jordan Bardella dénonce un « braquage démocratique », tandis que Mathilde Panot parle de « basculement autoritaire ». En substance, c’est à chaque fois la même question qui est posée : le Parlement a-t-il bien été respecté ?

« Un vote aura donc bien lieu, comme il se doit » - Élisabeth Borne, le 16 mars à l’Assemblée nationale

Ces critiques, la Première ministre - qui en est à son 11e 49.3 - les a anticipées dès jeudi à la tribune de l’Assemblée nationale. En engageant la responsabilité de son gouvernement et privant de fait les députés de scrutin, Élisabeth Borne leur en a stratégiquement présenté un autre, comme pour le remplacer : « Dans quelques jours, je n’en doute pas, à l’engagement de la responsabilité du gouvernement, répondront une ou plusieurs motions de censure. Un vote aura donc bien lieu, comme il se doit. Et c’est donc la démocratie parlementaire qui aura le dernier mot », a-t-elle lancé.

Légitimer la réforme (et calmer la rue)

Ce week-end, ces ministres remettent une couche. Bruno Le Maire promet ainsi dans Le Parisien qu’« avec les votes de demain, la démocratie parlementaire aura le dernier mot ». Et Olivier Dussopt de faussement s’interroger : « Je me demande quand même ce qu’il y a de plus démocratique qu’une Première ministre qui met son destin et celui de son gouvernement entre les mains du Parlement ! », vante le ministre du Travail dans Le JDD.

Le deuxième objectif du gouvernement consiste à transformer la motion de censure en vote pour la réforme. Sur le papier, les députés voteront officiellement lundi pour ou contre le maintien de la Première ministre à son poste.

Mais, parce qu’Élisabeth Borne a lié le vote de censure à celui sur le texte et parce que la réforme des retraites ne sera définitivement adoptée qu’après le rejet des motions, les scrutins de lundi - s’ils se soldent ainsi - seront interprétés par le gouvernement comme une validation de son projet. L’argument est de taille pour l’exécutif qui pourra opposer ce scrutin à la colère sociale qui s’est amplifiée depuis jeudi.

Cela pourrait cependant ne pas suffire. Invité du Grand Jury RTL-LCI-Le Figaro ce dimanche, Jean-Luc Mélenchon a refusé de considérer la lutte perdue même en cas de rejet des motions de censure. Charles de Courson, dépositaire de la motion de censure LIOT, souligne de son côté l’affaiblissement du couple exécutif, quelle que soit l’issue du vote. « S’il nous manque dix ou quinze voix pour faire tomber le gouvernement Borne, ce n’est pas grave : il est déjà mort ! », assène-t-il dans Le Point le 17 mars.

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