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François Ozon revient avec "Tout s’est bien passé" un film puissant sur le suicide assisté

·5 min de lecture
Sophie Marceau et André Dussollier dans
Sophie Marceau et André Dussollier dans

Trois ans après Grâce à Dieu, brûlot sur l’affaire Preynat et la pédophilie dans l’Église catholique, François Ozon se penche dans son nouveau film, en salle ce mercredi, sur un autre sujet d’actualité brûlant: le suicide assisté.

Tout s’est bien passé, d’après un texte d’Emmanuèle Bernheim paru en 2013, suit André Bernheim (André Dussollier), un octogénaire riche collectionneur d'art victime d'un accident vasculaire cérébral. Cloué dans un lit d'hôpital, mais avec toute sa tête, ce père de famille têtu, égoïste voire cruel va demander à l'une de ses filles, Emmanuèle (Sophie Marceau), de l'aider à se suicider en Suisse.

Incarnation même de la vitalité à l'écran, André Dussollier n’avait jamais joué un tel personnage, qui pourrait lui valoir une neuvième nomination aux César l'année prochaine. "François m’avait prévenu: il ne fallait pas qu’on me reconnaisse", raconte le comédien de 75 ans, effectivement méconnaissable à l’écran avec son visage déformé par la maladie et sa chevelure argentée rasée de près.

https://www.youtube.com/embed/cCcpprSymaU?rel=0"A l’hôpital, on voit la personne comme on n’a pas l’habitude de la voir. C’était important que les spectateurs soient choqués comme les filles sont choquées quand elles découvrent leur père", souligne François Ozon. "Les premières minutes à l’hôpital sont assez violentes. On voit d'abord ses pieds dans le scanner. Quand on voit enfin son visage, c’est choquant. Mais ce qu’il a vécu est choquant. C’était important d’être réaliste pour que les gens comprennent son choix."

"Faire le film du côté de la vie"

André Dussollier a changé sa voix d’ordinaire si chaude et si suave pour le rôle. "La voix est atténuée, elle n’est plus timbrée", confirme l’acteur. "J’ai vu des documentaires sur des hommes atteints par cette maladie-là. Tout est paralysé, y compris les cordes vocales." "Dans son livre, Emmanuèle Bernheim fait beaucoup de descriptions de la voix de son père. Elle raconte qu’il a dû mal à dire les 'p' et certains mots", complète le metteur en scène. Malgré la gravité du sujet, Tout s'est bien passé est souvent drôle et tendre:

"C’était important de faire le film du côté de la vie", insiste François Ozon. "C’est l’histoire paradoxale d’un homme qui veut mourir parce qu’il aime la vie. Il veut la vivre à 100%. Comme il n'a plus que 10 % de ses capacités, pour lui, c’est réglé. Il considère qu'il a eu une belle vie et que ce qui arrive après ne l’intéresse pas. Malgré des signes qui montrent qu’il reprend goût à la vie, il reste sur son idée fixe. C’est ce que je trouve beau avec ce personnage: il a une idée fixe qu’il suit jusqu’au bout."

André Dussollier se régale avec l'humour souvent macabre de ce personnage de grand bourgeois qui s'étonne avec un cynisme "assez atroce" du coût exorbitant de son euthanasie helvète. "Il faut compter entre 10.000 et 15.000 euros pour financer cette opération", révèle François Ozon. "Ce n’est pas accessible à tout le monde. Cette opération est illégale et en réalité réservée à des privilégiés qui ont les moyens de se l'offrir. Que font les autres? 'Ils attendent leur mort', dit le personnage de Sophie." "Les pauvres", répond celui de Dussollier.

Dans ces instants plus légers, la voix d’André s’adoucit et devient espiègle comme celle d’un enfant. "Le personnage est farceur, rigolo", acquiesce André Dussollier. "Plus on approche de la fin, plus il est content. On a fait en sorte qu’il y ait une évolution et qu’André retrouve au fur et à mesure, de l’agilité dans sa manière de parler", poursuit François Ozon, avant de préciser: "Dans la réalité, je crois que c’était beaucoup plus compliqué."

Pas un film à thèse

Tout s'est bien passé permettra-t-il d'ouvrir le débat sur l'euthanasie, comme ce fut le cas sur la pédophilie avec Grâce à Dieu il y a trois ans? "Ce n’était pas la volonté au départ", répond François Ozon. "Je n’ai jamais voulu faire de film à sujet d’actualité. La preuve, quand Emmanuèle m’a proposé de faire le film en 2013, j’ai refusé. Ce sujet me faisait peur et il ne m’intéressait pas particulièrement."

La situation a depuis "un peu évolué", concède-t-il tout en précisant qu'il reste plus intéressé par les répercussions du choix du suicide assisté sur la sphère familiale: "C’est ça le vrai sujet du film. Après, chacun est confronté à sa propre conception de la fin de vie. Le film ne tranche pas. Je pense qu’il donne des arguments dans les deux sens."

Le film montre malgré tout la mort et le corps inanimé d'André. François Ozon a hésité à montrer cette image choc: "André était pour. Je me suis posé la question. Puis je me suis dit que c’était un personnage qui regardait la mort en face - qu'il n’en avait pas peur. Il fallait que le film aille dans ce sens-là. La mort, c’est quelqu’un qui ne bouge pas sur un lit. Il fallait l’assumer." "Je trouve ça très fort", conclut André Dussollier. "C’est parfait."

Article original publié sur BFMTV.com

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