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Entreprises et entrepreneurs à succès, épisode 6 : Andreessen et Horowitz, les nouveaux financiers du web


Marc Andreessen et Ben Horowitz ont été des acteurs influents de la préhistoire du web. Aujourd'hui, ils financent son avenir !


Ce fut l'un des tout premiers signes de la fameuse bulle internet qui allait se gonfler jusqu'au printemps 2000 avant d'éclater brutalement. Le 9 août 1995, une petite start-up faisait son entrée sur le marché boursier du Nasdaq. Alors que le prix de vente initialement prévu pour l'action était de 14 dollars, il fût décidé au dernier moment de le doubler, compte-tenu de l'appétit des investisseurs pour le titre. Et à l'issue du premier jour de Bourse, l'action valait plus de 58 dollars, le marché valorisant ainsi à près de 3 milliards de dollars une société qui avait à peine plus d'un an d'existence. Cette société s'appelait Netscape et venait de lancer un des premiers navigateurs internet. Quelques mois plus tard, un ingénieur de Netscape adressait un email amer à son patron, lui reprochant d'avoir dévoilé prématurément dans une interview le prochain lancement d'un logiciel. La réponse ne tardait pas: "la prochaine fois, tu feras cette putain d'interview toi-même. Va te faire foutre. Marc."

Les nouveaux investisseurs du web

Après un tel échange d'amabilités, qui aurait cru que l'ingénieur (Ben Horowitz) et son boss acariâtre (Marc Andreessen) puissent se retrouver un jour associés ? C'est pourtant le cas depuis 2009 et la création d'Andreessen Horowitz, société basée à Menlo Park, Californie. Dans le voisinage, on trouve les sièges de sociétés comme Facebook (suivre le cours de Facebook) et Google (suivre le cours de Google), et cela ne doit rien au hasard. Mais Andreessen Horowitz ne crée pas les services internet du futur... elle les finance ! Il s'agit en effet d'une société de "venture capital" (capital investissement, en bon français), dont le métier est d'injecter des fonds dans de jeunes pousses prometteuses oeuvrant dans le web, le mobile, le cloud computing ou l'électronique. En quelques années, ce nouvel acteur s'est imposé comme un des grands financiers du web. Le premier fonds avait collecté 300 millions de dollars en juillet 2009, vite suivi par un deuxième à 650 millions. Lancé début 2012, le fonds de troisième génération place la barre encore plus haut : il a drainé 1,5 milliard de dollars !

Etre au bon endroit, au bon moment

Le statut de pionniers du web de Marc Andreessen et de son ancien salarié a rapidement fait de leur société d'investissement un acteur incontournable. Aucun des dossiers chauds du secteur ne lui a échappé ces derniers temps. Au sein du portefeuille (environ 90 valeurs), on trouve des noms déjà connus ou très prometteurs comme Foursquare, Twitter, Pinterest, Zynga, Facebook ou encore Instagram. Si certains observateurs émettent des doutes sur leurs capacités financières réelles, les accusant de surpayer les "deals", ils sont souvent sur le bon coup au bon moment, que ce soit grâce à leur flair ou à leur carnet d'adresses. En janvier 2011, ils investissent ainsi dans Groupon sur la base d'une valorisation de 4,75 milliards de dollars; dix mois et une introduction en Bourse plus tard, la capitalisation boursière approche les 13 milliards. Parfois, nos investisseurs-entrepreneurs s'intéressent aussi à des entreprises plus mûres, comme en 2009, lorsque eBay (suivre le cours de eBay) souhaite se débarrasser de Skype. Ils mettent alors 50 millions de dollars sur la table (la limite qu'il se contraignent à ne pas dépasser pour chaque investissement, gestion des risques oblige !) et participent au tour de table. Deux ans plus tard, lorsque Microsoft (suivre le cours de Microsoft) rachète, ils ont quadruplé la mise !

Le capital-investissement n'est pas seulement une histoire d'argent

Indéniablement, le passé entrepreneurial de ces financiers pas comme les autres leur permet d'apporter plus que de l'argent à leurs petits protégés. Ils apportent aux (peut-être) futures stars du web leur compétence technique et opérationnelle, ainsi qu'un réseau de contacts qui ne cesse de s'étendre. Ben Horowitz affirme ainsi que la société, pour la seule année 2011, a présenté plus de 1.300 ingénieurs, designers et autres "product managers" aux sociétés de son portefeuille, suscitant 130 embauches.
Plus que de simples financiers, Andreessen et Horowitz seraient-il en train de devenir les parrains du web ? Leur succès (fulgurant, jusqu'ici!) le laisse croire.

Emmanuel Schafroth

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