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Vous investissez en Bourse ? Votez à gauche !


Analyser les relations entre la couleur politique des gouverments et l'évolution des marchés boursiers ? Quelle drôle d'idée ! Mais le jeu en vaut la chandelle, car le résultat est pour le moins surprenant.



Lorsqu'arrive le moment des campagnes électorales, tous les prétendants se veulent le candidat du peuple. Quoi de plus normal puisqu'en démocratie, c'est précisément le peuple qui vote ! Pour autant, c'est une conviction ancrée en chacun de nous, un programme de gauche penche plutôt en faveur des travailleurs, du social (ou de l'assistanat, diront les gens de droite) tandis qu'un programme de droite s'attache à promouvoir la libre entreprise, l'initiative économique (la droite protège les riches, ironiseront les gens de gauche).

En bonne logique, on peut donc s'attendre à voir la Bourse, ce baromètre de l'économie, enregistrer de bien meilleures performances sous un gouvernement de droite que sous un gouvernement de gauche. D'ailleurs, ceux qui sont assez âgés pour se souvenir de l'arrivée au pouvoir de François Mitterrand en 1981 ont peut-être en mémoire que ce fameux mois de mai fut le pire de l'histoire de la Bourse de Paris, avec un gadin de 33% et quelques frissons pour les possédants. On se rappelle moins qu'au cours du premier septennat mitterrandien, les actions françaises se sont envolées de 250% et que, si l'on ajoute le deuxième, la performance cumulée atteint même 450%. Ironie de l'histoire, c'est aussi sous Mitterrand qu'a eu lieu la modernisation du marché boursier, avec notamment la dématérialisation des actions.

Une distinction nette entre droite et gauche au début de la IIIème République
David Le Bris, chercheur à Bordeaux école de management (BEM), a voulu vérifier si la période Mitterrand était une anomalie par rapport à cette sorte de "règle intuitive" évoquée plus haut. Il n'a pas lésiné sur les moyens, choisissant la période d'étude la plus longue possible et remontant ainsi jusqu'aux débuts de la IIIème République. "C'est à partir de ce moment que l'idéologie économique opère une distinction nette entre droite et gauche en France", explique-t-il. Il s'est tout d'abord attelé à un travail de fourmi : faire un listing exhaustif des gouvernements qui se sont succédé entre 1871 et 2008. Du centre-gauche Jules-Armand Dufaure jusqu'à l'UMP François Fillon, il en a dénombré 157, conduits par un total de 142 individus distincts. Voilà qui permet au passage de rappeler qu'en France, le gouvernement moyen dure onze mois et que sa figure de proue est masculine, Edith Cresson faisant figure d'exception cruellement unique à cette règle impitoyable.

Gauche au pouvoir: + 4,4 % / Droite au pouvoir: +0,11 %
Et la Bourse, dans tout ça ? David Le Bris arrive à ce surprenant résultat : la progression annuelle moyenne des actions en France est de 4,4% lorsque le gouvernement est de gauche, contre seulement 0,11% sous un pouvoir de droite. Le calcul est imparable et intègre à la fois la progression des cours et les dividendes versés, le tout corrigé de l'inflation qui, soit dit en passant, est légèrement plus élevée quand la droite est au pouvoir (encore une surprise !). Sur le long terme, ce décalage conduit à une différence de performance abyssale, comme on peut le constater sur le graphique ci-dessous. Celui-ci illustre les gains obtenus par deux stratégies de placement inspirées de la couleur politique du pouvoir en place. La première consiste à investir en actions dès que la gauche est au pouvoir, et à rebalancer son patrimoine dans des placements sans risque (produits de taux à court terme) quand c'est la droite qui gouverne. La deuxième stratégie est évidemment de faire l'inverse. Dans le premier cas, l'investissement initial a été multiplié par 6693 entre 1871 et 2008, dans le deuxième, le multiple est seulement de 299.



Ce vrai paradoxe ne peut s'expliquer par le fait que les gouvernements de droite auraient rencontré des conjonctures particulièrement difficiles. En revanche, David Le Bris a eu l'idée de regarder le comportement des marchés dans les trois mois précédent les alternances politiques. Avant que le pouvoir ne bascule à gauche, les actions baissent en moyenne de 7,4% sur cette période; avant que la droite ne l'emporte, les actions montent de 9,6%. On peut le dire autrement : les marchés financiers savent généralement anticiper les basculements politiques. Pour les sondages, on peut mettre IFOP, IPSOS et les autres au panier. Regardez simplement le CAC40 !

Emmanuel Schafroth

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