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Rémy Julienne: de "Rabbi Jacob" à "James Bond", ses 10 plus belles (et plus dangereuses) cascades

Jérôme Lachasse
·10 min de lecture
Rémy Julienne en 2017 - Eric Cabanis - AFP
Rémy Julienne en 2017 - Eric Cabanis - AFP

Le roi des cascades, c'était lui. De La Grande vadrouille à Taxi en passant par Fantômas et James Bond, cet ancien champion de France de moto-cross a fait rêver des millions de spectateurs avec ses impressionnantes séquences d'action. Rémy Julienne vient de mourir ce 22 janvier à l'âge de 90 ans.

Au fil de ses quarante-six ans de carrière, il a collaboré avec les plus grands du 7e Art, de Sergio Leone à Gérard Oury en passant par Dino Risi, Claude Lelouch et Sydney Pollack. Son nom est apparu sur plus de 1.400 génériques, dont une dizaine de films de "Bébel" et six volets de la franchise James Bond, de Rien que pour vos yeux à GoldenEye. Il a aussi doublé à l'écran Al Pacino, Harrison Ford, Charles Bronson, ou encore Carole Bouquet, Sophia Loren, Gina Lollobrigida.

Celui qui était surnommé le "Einstein des cascades", et était réputé pour son professionnalisme et son extrême rigueur, n'a jamais eu peur de la mort en effectuant ses cascades, "mais c'était toujours une éventualité", avait-il concédé en 2016 à Ouest France: "Mon boulot de préparation des cascades consistait donc à identifier les risques les plus fous, afin de trouver différentes solutions de secours." "Quand je revois certaines scènes", avait-il également déclaré à France Dimanche en 2015, "je me trouve cinglé et je me fous des trouilles rétrospectives!" En voici les dix plus mémorables de sa carrière.

"Fantômas" (1964)

https://www.youtube.com/embed/OeFax15WOTk?rel=0

C'était sa première cascade, donc la plus belle. En 1964, Rémy Julienne fait ses débuts au cinéma dans Fantômas avec Jean Marais et Louis de Funès. "Le cascadeur Gil Delamare avait besoin d'une doublure de Jean Marais pour piloter une moto", s'était-il souvenu dans les colonnes de Ouest France en 2016. "Je devais rouler avec le mannequin de Louis de Funès accroché au dos, forcer un barrage et chuter. J'ai passé le casting et j'ai décroché le contrat. À l'époque, je n'avais aucun plan de carrière, mais j'étais un grand fan de cinéma."

"La Grande Vadrouille" (1966)

https://www.youtube.com/embed/HypuXry4XKA?rel=0

Après Fantômas, Rémy Julienne poursuit sa collaboration avec Louis de Funès. Gérard Oury fait appel à lui pour La Grande Vadrouille. Cascadeur sur le film, il fait aussi une apparition en soldat allemand qui se prend une citrouille lancée par Bourvil:

"C’est moi! J’ai goûté à cette soupe!", avait-il confirmé dans les colonnes de L'Est Républicain. "J’ai mis cette cascade au point avec le side-car qui se brise en deux en percutant un poteau. J’ai aussi fabriqué la camionnette équipée d’un faux gazogène conduite par l’aviateur anglais et à l’arrière de laquelle Bourvil, de Funès et la bonne sœur avaient pris place."

"Ce film est un souvenir formidable", avait-t-il ajouté. "Le tournage était ultra-convivial et ça se ressent, je crois, dans le résultat final. Au même moment, j’ai été sollicité pour m’occuper d’une cascade sur un autre film, Le Saint prend l’affût , de Christian Jaque, avec Jean Marais. Comme j’étais très occupé, Gil Delamare a proposé de me remplacer. La cascade a viré au drame. Il y a perdu la vie."

Du tournage de La Grande Vadrouille, il conserve également un souvenir chaleureux de Bourvil: "Il était fasciné par les roues arrière que je réalisais à moto et me demandait tout le temps d’en faire. Il était aussi sympathique qu’on pouvait l’imaginer. "

"L'Or se barre" (1969)

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C'est le film qui le rend célèbre dans le monde entier. Le Britannique Peter Collinson fait appel à lui en 1969 pour tourner L’Or se barre avec Michael Caine et régler une course-poursuite en Mini Cooper, entrée dans le panthéon du cinéma d'action. "[Ce film] a été le tournant de ma carrière", avait-il confié en 2014 à La Dépêche. "Faire sauter des Mini Austin entre des toits d'usines était un défi. Peu de gens y croyaient." Il s'est accroché et le reste appartient à l'histoire:

"La scène prévoyait de faire monter trois Minis Cooper dans un bus. Les Anglais, des gens très prudents, pensaient qu'il fallait mettre un tapis roulant, réduire la vitesse etc. Je leur ai dit que je le ferai en roulant à 120 km/h dans un bus lancé à 80 km/h. Leur ingénieur avait calculé que c'était impossible. Nous avons prouvé le contraire. Puis il y a eu la scène à Turin, à l'usine Fiat, où nous avons sauté d'un toit à un autre. 25 mètres. Frisson assuré. À partir de là nous avons gagné la confiance de tout le monde. La durée des contrats a doublé. Et l'on m'a même proposé le même salaire que Michael Caine estimant 'que compte tenu de l'exploit, je pouvais tout demander!'. Trop bête, j'avais avant annoncé un chiffre bien plus bas. Mais notre notoriété était faite!"

"Le Casse" (1971)

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C'est à Rémy Julienne que l'on doit la célèbre course-poursuite de douze minutes dans les rues pentues d'Athènes dans Le Casse d'Henri Verneuil. Ce film marque également sa première rencontre avec Belmondo. Il se souvient du tournage: "Jean-Paul a descendu un escalier de 300 marches en voiture. Il effectuait des choses que je n’aurais pas demandées à un cascadeur! Il n’avait peur de rien et toujours envie d’en faire plus", avait-il raconté à France Dimanche.

Rémy Julienne avait aussi confié en 2019 au Parisien un autre souvenir du tournage: "Jean-Paul y fait un parcours sur le toit de voitures qui roulent à 60 km à l'heure pour s'accrocher à un bus, sans aucun système de sécurité. Là-bas, les autorités nous laissaient faire absolument ce qu'on voulait."

"Les Aventures de Rabbi Jacob" (1973)

Collaborateur régulier de Louis de Funès et de Gérard Oury, Rémy Julienne est choisi pour régler dans Les Aventures de Rabbi Jacob l'impressionnante scène de l'accident de la Citroën DS de Victor Pivert, avec le bateau sur le toit.

La cascade devait être une simple broutille pour le champion: "Elle devait quitter la route après avoir évité un gros poids lourd, sauter en l'air, faire un demi-tour et se retourner sur le bateau." Le tournage, qui se déroulait alors dans la région de Toulouse, "dans une retenue d'eau de 90 m de profondeur", a pourtant failli lui être mortel, avait-il raconté en 2016 à Ouest France:

"Le choc a été si violent que la voiture s'est démantibulée. Moi, à l'intérieur, je ne retrouvais plus l'embout qui me servait à respirer sous l'eau. En plus, l'un de mes pieds était coincé. Je me suis vu mourir, même si j'avais une équipe sous l'eau. Mais, à cause de la vase, les plongeurs ne retrouvaient plus le véhicule. Heureusement, l'un d'eux a fini par me repêcher à temps!"

"La Menace" (1977)

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Rémy Julienne a aussi travaillé avec Yves Montand. Pour les besoins du film La Menace d'Alain Corneau, il doit piloter un camion en feu lancé à 90 km/h vers un ravin. Une cascade spectaculaire où il a failli laisser quelques plumes, comme il l'avait raconté en 2017 au Télégramme:

"Il fallait sauter du camion en marche, avec le costume raccord d'Yves Montand. Mais à l'extérieur, sur le marchepied de la cabine, j'avais un deuxième poste de conduite qui me permettait de diriger le camion entre des troncs d'arbres avant qu'il ne plonge dans le vide. J'avais juste le temps de sauter dans un pick-up équipé d'un filet de réception. Là, il n'y avait pas de répétition et les Américains étaient persuadés qu'on avait fait cela avec des maquettes!"

"Je me suis éjecté juste avant que le bolide n’explose en plein vol, poursuivait-il dans France Dimanche. Du coup, j’ai fait la une de la presse locale avec mon nom en gros, et le sien en petit. Il l’a particulièrement mal pris… Le directeur de la photo, Pierre-William Glenn, a d’ailleurs dit : 'Pour moi, la star de La Menace n’est pas Yves Montand, mais Rémy Julienne.'"

"Le Guignolo" (1980)

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C'est avec Jean-Paul Belmondo que Rémy Julienne mettait en oeuvre ses idées les plus folles. Dans Le Guignolo, Rémy Julienne imagine ainsi une spectaculaire cascade où "Bébel" survole Venise suspendu à un trapèze accroché à un hélicoptère.

"Il était formidablement athlétique, bien sûr, n'avait aucun vertige, mais il avait surtout un mental phénoménal. Dès que l'action était engagée, il s'investissait à fond. C'est, d'ailleurs, le propre des acteurs de donner un maximum de soi", avait raconté au Parisien Julienne à propos de "Bébel".

"Le Guignolo, ce n’est pas le chef-d’œuvre des chefs-d’œuvre, même si les trois premiers quarts d’heure étaient formidables", avait estimé de son côté en 1995 Belmondo dans les pages de Première.

"Joyeuses Pâques" (1984)

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Belmondo cherchait toujours à tenter ce qui était réputé impossible. Le tournage de Joyeuses Pâques ne fait pas exception à la règle: "Dans Joyeuses Pâques, je me souviens aussi d'un truc pratiquement infaisable", avait expliqué Rémy Julienne au Parisien. "Au volant d'un canot à 100 km à l'heure, Jean-Paul devait effectuer un virage pour escalader une jetée. Il y avait un vent qui soufflait de travers, donc c'était vraiment angoissant. Georges Lautner, le réalisateur, s'était liquéfié... Mais Jean-Paul l'a fait."

James Bond (1981-1995)

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La Renault 11 décapitée et coupée en deux dans Dangereusement vôtre (1985), c'est lui aussi! Il a travaillé sur les trois derniers James Bond de Roger Moore. Ce dernier ne tournait aucune cascade: "Ce genre de productions anglo-saxonnes est tellement strict que les assureurs refusaient qu’il fasse quoi que ce soit. Il me disait : 'Mes seules cascades, je les fais avec les femmes'", avait confié Rémy Julienne à France Dimanche.

Dans Permis de tuer (1989), il pilote un camion citerne roulant en équilibre sur ses roues gauche. La production lui faisait entièrement confiance: "Pour les derniers, les scénaristes construisaient même l’histoire autour du descriptif de mes cascades que je leur avais envoyé !", avait-il assuré à la Charente Libre.

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Rémy Julienne conservait un excellent souvenir de son travail sur ces films: "C’était exceptionnel", s'était-il exclamé dans Ouest France. "[Les réalisateurs] cherchaient quelques nouveautés. Dans le contrat, il y avait des critères imposés pour les cascades: que James gagne évidemment tout le temps, qu’il y ait de beaux paysages et des belles filles..."

"Da Vinci Code" (2006)

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C'est son dernier bon souvenir de cinéma, sur le tournage du Da Vinci Code, à Paris, en 2006. La Smart d'Audrey Tautou, s'était-il souvenu dans Ouest France, devait "effectuer une marche arrière à toute vitesse dans les rues de la capitale": "J'ai donc eu l'idée d'inverser la carrosserie. Au cinéma, on pense que la voiture recule. En fait, j'avais fait installer un volant à l'arrière... Malin!"

Article original publié sur BFMTV.com