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Le #MeTooThéâtre manifeste devant le ministère de la Culture

·3 min de lecture

#METOO - “Il m’a violée, vous l’applaudissez”. Une semaine après la libération de la parole contre les violences sexuelles et sexistes dans l’univers du théâtre, quelques centaines de manifestants se sont rassemblés place du Palais Royal devant le ministère de Culture ce samedi 16 octobre.

Brandissant des pancartes “Il m’a violée, vous l’applaudissez”, “De la culture, mais pas du viol” ou encore “Mort à l’omerta”, les manifestants ont tenté d’interpeller la ministre Roselyne Bachelot, en présence de certaines personnalités politiques comme le candidat EELV à l’élection présidentielle Yannick Jadot, rapportent nos confrères de L’Obs.

“Présomption de vérité pour les victimes”, pouvait-on aussi lire, une demande qui résonne tout particulièrement avec le témoignage de Marie Coquille-Chambel, youtubeuse critique de théâtre et l’une des premières à prendre la parole sur Twitter. Dans sa publication du 8 octobre, elle avait souligné le fait que son agresseur présumé soit toujours en poste à la Comédie Française, et ce, alors même que la direction avait été informée d’un dépôt de plainte à son encontre.

Une enquête nationale pour “que la peur et la honte changent de camp”

Dans une tribune publiée en début de semaine sur Libération, “un collectif” de personnalités et de professionnels du théâtre, appuyé par plus de 1400 signataires dont Adèle Haenel, Julie Gayet et Sandrine Rousseau, réclamait le lancement d’une enquête à l’échelle nationale pour “que la peur et la honte changent de camp.”

“Si libérer la parole est une chose, en prendre soin et la faire suivre d’actes en est une autre. Et les affaires et plaintes qui ont éclaté dans notre métier au cours des quatre dernières années impliquant des directeurs de lieux, des techniciens, des enseignants ou des metteurs en scène n’ont que trop rarement été suivies de mesures fortes et coercitives”, déplorent les auteurs du texte.

Ils réclament également une meilleure parité au sein des postes à responsabilité “afin de changer les rapports de force” et d’assurer une meilleure écoute des victimes présumées.

Depuis le déclenchement du mouvement #MeToo en 2017, plusieurs scandales ont secoué le milieu du théâtre français.

Éclaboussé par une affaire de viol présumé, le metteur en scène Jean-Pierre Baro avait quitté la direction du Théâtre des Quartiers d’Ivry (Val-de-Marne), sous la pression publique et d’une grève du personnel de l’établissement appelant à sa démission. Au printemps, des dizaines de personnes avaient manifesté devant les locaux du Cours Florent à Paris pour dénoncer le “silence” de la prestigieuse école privée de théâtre face à des abus présumés de certains de ses professeurs, affirmations contestées par l’institution.

Interrogée le 14 octobre sur BFMTV, Roselyne Bachelot a dénoncé des violences “intolérables.” “Tout ce qui peut aller dans le sens de la lutte déterminée contre les violences sexistes et sexuelles dans le milieu de la culture et l’art, je suis pour”, a-t-elle assuré, à propos de l’enquête nationale réclamée. Reste à savoir si ces promesses seront concrétisées.

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Cet article a été initialement publié sur Le HuffPost et a été actualisé.

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