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Civitas: quelle est cette organisation catholique intégriste que Gérald Darmanin veut dissoudre?

Civitas: quelle est cette organisation catholique intégriste que Gérald Darmanin veut dissoudre?

Un nouveau groupuscule dans le viseur des autorités. Après des propos antisémites formulés lors de l'université d'été de Civitas, le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin a annoncé avoir demandé à ses services "d'instruire la dissolution" de cette organisation.

Affichant comme emblème le Sacré-Cœur de Jésus (un cœur surmonté d'une croix), Civitas est une organisation bien connue des chercheurs travaillant sur l'extrême droite.

En guerre contre la séparation des cultes et de l'État

"C'est un groupuscule à la fois nationaliste et catholique intégriste, créé en tant qu'association en 1999", présente sur BFMTV le politologue Jean-Yves Camus, directeur de l'Observatoire des radicalités politiques de la fondation Jean Jaurès.

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"Civitas est en guerre contre la séparation des cultes et de l'État (la loi de 1905, NDLR) sur laquelle il veut revenir", poursuit le chercheur.

Parmi leurs sujets de prédilection figure aussi la lutte contre le "mondialisme". "C'est l'obsession de Pierre Hillard, l'essayiste dont les propos antisémites ont poussé Gérald Darmanin à réclamer la dissolution du groupe", souligne Jean-Yves Camus.

Présidé par le royaliste belge Alain Escada, l'institut Civitas était à ses débuts proche de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X, un mouvement catholique traditionaliste créé en 1970 et opposé au concile Vatican II.

Aucun candidat soutenu à la présidentielle de 2012

L'organisation s'est fait connaître du grand public en 2012 lors de son engagement contre l’ouverture du mariage aux personnes de même sexe. En marge des manifestations organisés par la Manif pour tous, les militants de Civitas dénonçaient une "homofolie".

En 2016, l'institut devient officiellement un parti politique. Leur programme: "rechristianiser la France" avec un "catholicisme social, entre le libéralisme capitaliste et le socialo-marxisme". L'association présente 14 candidats aux élections législatives de 2017, tous éliminés dès le premier tour.

En 2022, l'organisation n'a cependant soutenu aucun candidat à l'élection présidentielle, comme le rappelle ce communiqué publié à l'époque.

Des actions controversées

Le mouvement est aussi connu pour ses actions très médiatisées. En 2013, 32 catholiques intégristes de Civitas, mais aussi du groupuscule pétainiste le Renouveau français, ont été condamnés pour avoir perturbé la pièce de théâtre Sur le concept du visage du fils de Dieu, présenté au Théâtre de la Ville à Paris en octobre 2011.

En 2021, Civitas s'est joint aux manifestations contre le passe sanitaire, dénonçant une "dictature sanitaire" et relayant des thèses complotistes. L'organisation prend alors la défense d'une militante d'extrême droite, condamnée à six mois de prison avec sursis pour avoir brandi une pancarte antisémite et complotiste à Metz.

Plus récemment, en février 2023, Alain Escada, président de Civitas, a appelé les sympathisants du mouvement à se réunir à Saint-Brévin (Loire-Atlantique) pour manifester contre le projet de centre d'accueil de demandeurs d'asile (Cada).

En avril dernier, un concert du chanteur Bilal Hassani dans une église de l'est de la France a été annulé après des menaces de groupes intégristes, dont Civitas. Les associations Stop Homophobie et Mousse ont déposé plainte pour discrimination en raison de l'identité de genre.

Dernier exemple en mai dernier, quand plusieurs dizaines de manifestants proches de Civitas ont empêché la tenue d'un concert à l'église Saint-Cornély de Carnac. Le parquet de Lorient avait ouvert une enquête pour violence volontaire et entrave à la liberté d'expression.

Article original publié sur BFMTV.com