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"Il y avait de plus en plus de cadavres": un déserteur décrit l'extrême "brutalité" du groupe Wagner

Andrei Medvedev lors de sa conversation avec Vladimir Osechkine.  - Capture d'écran YouTube
Andrei Medvedev lors de sa conversation avec Vladimir Osechkine. - Capture d'écran YouTube

Après s'être enfui en Norvège, un ex-mercenaire de Wagner fait figure de précieux témoin susceptible d'éclairer de l'intérieur le fonctionnement du groupe paramilitaire russe en Ukraine. Il dénonce une brutalité qui l'a poussé à faire défection.

Les violences auxquelles il a été confronté l'ont décidé à fuir les rangs du groupe paramilitaire Wagner. C'est en tout cas ce qu'affirme à CNN Andreï Medvedev, un Russe de 26 ans réfugié en Norvège. Dans une vidéo diffusée par l'ONG Gulagu.net, l'homme au visage carré et aux cheveux coupés ras assure avoir combattu en Ukraine en tant que chef d'une section d'une dizaine d'hommes au sein de Wagner.

Il raconte avoir déserté ce groupe sulfureux quand son contrat de quatre mois a été prorogé contre son gré, en novembre. Mais il affirme que sa décision de fuir était prise dès son sixième jour de déploiement en Ukraine, après avoir vu des troupes "transformées en chair à canon".

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"Il n'y avait aucune véritable tactique [au sein du groupe, NDLR]... Pas d'ordres précis sur la façon dont nous devions agir. Nous avons juste planifié comment nous allions procéder, étape par étape. Qui ouvrirait le feu… Comment ça se passait, c'était notre problème", détaille Andreï Medvedev à CNN.

"De plus en plus de cadavres"

Le manque de stratégie et l'extrême brutalité de Wagner semblent avoir découragé plusieurs soldats de combattre dans ses rangs. Or, le groupe de mercenaires, suspecté de nombreuses exactions en Ukraine, répond à la défection par la violence, affirme Andreï Medvedev. "Ils rassemblaient ceux qui ne voulaient pas se battre et les abattaient devant les nouveaux venus", illustre-t-il.

"Ils ont amené deux prisonniers qui refusaient d'aller se battre et ils les ont abattus devant tout le monde et les ont enterrés directement dans les tranchées. Il y avait de plus en plus de cadavres", poursuit-il.

Mi-janvier, Alexeï Medvedev a donc décidé de fuir. Sous les balles de gardes russes lancés à ses trousses avec des chiens, il raconte avoir franchi clandestinement la Pasvik, une rivière gelée à cette période de l'année et qui marque la frontière russo-norvégienne dans le Grand Nord.

"J'ai entendu des aboiements de chiens, j'ai vu des gens avec des lampes torches qui couraient dans ma direction. J'ai entendu deux tirs, les balles ont sifflé pas très loin (...) J'ai couru sur la glace en m'aidant de la lumière de maisons, sur environ deux kilomètres", retrace-t-il dans la vidéo de Gulagu.net.

Andreï Medvedev soutient que ses "anciens employeurs ont essayé de (l)e retrouver. Ils ont émis un avis de recherche pour crime via le ministère russe de l'Intérieur". "J'étais sous la menace d'être enlevé, d'être assassiné, d'être descendu, voire même pire d'être condamné à la masse comme Noujine", un autre déserteur dont l'effroyable exécution avec une masse a été filmée et rendue publique mi-novembre.

"La propagande en Russie cessera de fonctionner"

En réponse à la défection d'Andreï Medvedev, Wagner a souligné que ce dernier avait effectué un passage en prison pour "vol". "Il devait être poursuivi pour avoir essayé de violenter des prisonniers. Il était jusqu'ici sur la liste des personnes recherchées. Soyez prudents, il est très dangereux", a réagi Evgueni Prigojine via son service de presse. Des sévices qu'Andreï Medvedev nie farouchement avoir exercés:

"Je n'ai commis aucun crime. J'ai refusé de participer aux manœuvres de Evgueny Prigojine", assure-t-il à Gulagu.net.

L'ex-mercenaire tient désormais à partager son histoire afin d'aider à traduire Evguenyi Prigojine et le président russe, Vladimir Poutine, en justice. "Tôt ou tard, la propagande en Russie cessera de fonctionner, le peuple se soulèvera et un nouveau dirigeant émergera", prédit-il.

Wagner, "organisation criminelle"

Le groupe paramilitaire Wagner est souvent décrit comme l'armée clandestine de Poutine. Il est dirigé par l'homme d'affaires Evgueni Prigojine - que Medvedev qualifie de "diable" - et est accusé de crimes de guerre en Afrique, en Syrie et en Ukraine. Il a notamment été très actif dans la bataille acharnée pour la prise de Bakhmout, dans l'est du pays. Fin janvier, les États-Unis l'ont qualifié "d'organisation criminelle internationale".

"Wagner est une organisation criminelle qui commet de vastes atrocités et abus de droits humains", selon le porte-parole du Conseil de sécurité nationale de la Maison Blanche, John Kirby, soulignant que le groupe de mercenaires compte quelque "50.000" personnes déployées en Ukraine, principalement des prisonniers condamnés en Russie.

Article original publié sur BFMTV.com

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