Aéronautique: American Airlines et US Airways fusionnent

American Airlines et US Airways ont officialisé jeudi leur mariage, qui va donner naissance au numéro un américain de l'aviation et à un géant mondial, et clore le cycle de consolidation du secteur aux Etats-Unis.

Le nouveau groupe, baptisé American Airlines, pèsera 11 milliards de dollars en Bourse et affichera un réseau de 336 destinations autour neuf plaques tournantes (hubs).

Cette fusion devrait générer plus d'un milliard de dollars de synergies d'ici 2015.

Sur les quelques 100.000 employés actuels des deux groupes, il devrait y avoir des suppressions d'emplois, ont indiqué le PDG d'US Airways Doug Parker et celui d'AMR Tom Horton, lors d'un entretien avec l'AFP.

Ils ont expliqué qu'il était encore prématuré de les chiffrer, mais selon eux, elles ne devraient pas être importantes et concerner essentiellement les activités de gestion et l'administration car "les réseaux des deux entreprises sont très complémentaires, avec seulement douze trajets en commun", ont-ils expliqué.

US Airways avait déclaré ses intentions sur AMR, qui avait déposé le bilan fin 2011, dès début 2012, mais AMR avait repoussé ses avances, affirmant qu'il se voyait continuer en solo.

US Airways avait alors courtisé les employés d'AMR et surtout ses pilotes, dont les rémunérations étaient dans la ligne de mire de la direction du groupe, qui comptait sur le dépôt de bilan pour les revoir à la baisse.

Une série d'accords salariaux entre US Airways et les syndicats d'American Airlines a mis la pression sur la compagnie à la livrée argent et l'a forcée à s'ouvrir à la possibilité d'un mariage, devenu difficilement évitable dans le contexte actuel de consolidation du secteur.

Les pilotes, AMR et US Airways avaient annoncé début janvier un accord salarial en cas de fusion, sans donner de détails. MM. Horton et Parker ont affirmé à l'AFP que les deux compagnies fusionnées disposeraient maintenant d'une "structure de coûts très concurrentielle".

Les syndicats accueillaient avec enthousiasme la fusion: "ça a été un long chemin, mais le résultat en vaut la peine", a commenté l'Association des personnels de bord d'American Airlines.

1.530 appareils

Avant ce nouveau rapprochement, le marché aérien américain avait vu ces dernières années la fusion de Delta Airlines et Northwest Airlines, de United Airlines et Continental Airlines, et de Southwest Airlines et Airtran.

En Europe, British Airways a notamment fusionné avec la compagnie espagnole Iberia pour former IAG, Air France s'est rapprochée de la néerlandaise KLM et l'allemande Lufthansa a racheté Swiss, Austrian et Brussels Airlines.

Le rapprochement American Airlines-US Airways est structuré uniquement en actions, les créanciers d'AMR détiendront à l'issue de l'opération environ 72% de l'entité combinée, tandis que ceux d'US Airways recevront le solde.

L'actuel PDG d'US Airways Doug Parker deviendra directeur général du nouveau groupe, qui gardera le nom d'American Airlines, tandis que Tom Horton restera président du CA jusqu'en 2014 et devrait démissionner par la suite.

Le siège sera situé sur la base d'AMR, Dallas-Forth Worth, au Texas.

Les créanciers d'AMR devraient recouvrer l'essentiel de leur investissement et les actionnaires pourraient récupérer une partie de leur mise, ce qui est "inhabituel" pour une entreprise en dépôt de bilan, souligne le communiqué.

Ensemble, American et US Airways afficheront une flotte d'environ 1.530 appareils et un chiffre d'affaires combiné de 38,7 milliards de dollars en 2012, légèrement supérieur à ceux de United Continental (37,15 milliards) et Delta (36,7 milliards).

D'après John Thomas, analyste du cabinet spécialisé LEK Consulting, le nouveau groupe sera en termes de chiffre d'affaires au coude à coude avec Lufthansa. Il ajoute que Delta affiche un plus grand nombre de passagers transportés qu'AMR et US Airways.

Les autorités de la concurrence et un juge des faillites doivent encore donner leur feu vert à cette union, mais MM. Horton et Parker pensent que, vu la complémentarité des deux réseaux, ils ne devraient pas poser d'obstacles à cette fusion, qu'ils espèrent finaliser au troisième trimestre.