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Atos: les sénateurs pointent "l'intervention tardive" de l'Etat

Le groupe Atos a donné jusqu'à vendredi à ses créanciers pour qu'ils lui fassent des propositions de refinancement alors que sa dette avoisine les 5 milliards d'euros (Damien MEYER)
Le groupe Atos a donné jusqu'à vendredi à ses créanciers pour qu'ils lui fassent des propositions de refinancement alors que sa dette avoisine les 5 milliards d'euros (Damien MEYER)

La mission d'information sénatoriale chargée d'analyser les difficultés d'Atos a souligné mardi "l'intervention tardive et insuffisante de l'Etat" dans le dossier et a fait onze propositions pour sauver le géant informatique français, dans son compte-rendu présenté au Sénat.

Les rapporteurs ont dit "regretter une mobilisation partielle, morcelée et tardive des services de l'Etat à l'égard d'une entreprise stratégique pour notre souveraineté et notre défense nationales", alors que Bercy a manifesté dimanche son intérêt en vue d'acquérir des activités souveraines d'Atos.

"Nous avons pris toutes nos responsabilités vis-à-vis d'Atos", a répondu le ministre de l'Economie, Bruno le Maire, interrogé au Sénat par Thierry Meignen (LR), l'un des rapporteurs de cette mission d'information.

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"Ce n'est pas parce que nous faisons les choses discrètement que nous ne les faisons pas efficacement" a ajouté le ministre, pointant que ses services travaillaient sur ce dossier depuis des mois.

"La majorité des parties prenantes aurait préféré une intervention proactive et stabilisatrice de l'État dès le second semestre 2022", ont insisté les rapporteurs dans un communiqué.

Par ailleurs, l'acquisition par l'Etat des activités stratégiques d'Atos "ne réglera pas la question de l’avenir du groupe" ont-ils déploré, notamment celui de la branche Tech Foundations, qui regroupe les activités historiques d'infogérance, dont certaines sont aussi de nature souveraine, selon les rapporteurs.

"Des contrats sensibles pour nos données et nos services publics sont rattachés à Tech Foundations dont l'étanchéité avec Eviden n'a toujours pas été clairement démontrée", ont-ils ainsi souligné, Eviden regroupant les activités cybersécurité, numérique et BDS (la branche "big data" et sécurité) d'Atos.

Ils ont fait part de leur crainte à terme d'"une vente à la découpe" d'une entreprise qui aurait perdu ses principaux attraits, comme ses supercalculateurs utilisés pour la dissuasion nucléaire ou ses produits de cybersécurité.

Parmi leurs préconisations, les sénateurs recommandent l'entrée de l'Etat au capital d'Atos par l'intermédiaire d'une prise de participation pour lui garantir une place au conseil d'administration et pouvoir superviser les activités stratégiques tout en assurant la viabilité du groupe dans son ensemble.

Ils appellent également à une prise de participation majoritaire de Bpifrance au sein de BDS.

En cas de cessions d'actifs, les sénateurs souhaitent que "des repreneurs industriels français soient privilégiés" pour "préserver notre compétitivité".

Pour expliquer la position financière délicate du groupe, la mission d'information met en avant certaines décisions prises du temps de la présidence de Thierry Breton, entre 2008 et 2019, questionnant notamment la "fréquence et le nombre d'acquisitions, leur prix d'achat (...) ou encore la rapidité et l'exécution des restructurations" durant cette période.

Ils estiment également qu'Atos aurait pris "certains virages technologiques trop tardivement" et que l'instabilité à sa tête depuis 2019 a mené "à des logiques financières de court terme".

Lancée en février, la mission d'information des commissions des Affaires économiques et des Affaires étrangères du Sénat a auditionné 84 personnes pendant près de trois mois, dont le président d'Atos, Jean-Pierre Mustier, et son directeur général Paul Saleh, le 10 avril.

Le géant informatique français a donné jusqu'à vendredi à ses créanciers pour qu'ils lui fassent des propositions de refinancement.

L'entreprise avait indiqué lundi avoir dorénavant besoin de 1,1 milliard d'euros de liquidités pour son activité en 2024-2025 et vouloir réduire de 3,2 milliards d'euros sa dette brute, qui avoisine les 5 milliards.

kf-dax/may/spi