Allemagne: contraction plus forte que prévu de l'économie au 4e trimestre

Le Produit intérieur brut (PIB) de l'Allemagne a reculé de 0,6% au quatrième trimestre 2012 par rapport au troisième, en raison d'un recul des exportations, a indiqué jeudi l'Office fédéral des statistiques Destatis.

Ajusté des variations saisonnières, calendaires et de prix, le PIB s'est donc contracté plus que prévu dans un premier temps, puisque mi-janvier Destatis avait estimé le recul au dernier trimestre à seulement 0,5%.

C'est la plus forte contraction de l'économie allemande depuis le milieu de l'année 2009, quand la crise financière frappait violemment l'économie mondiale.

Pour l'ensemble de l'année 2012, la croissance annuelle de l'Allemagne a été confirmée à 0,7%, marquant un net ralentissement par rapport aux croissances de 3% et de 4,2% réalisées en 2011 et 2010.

Ajustée des variations calendaires, elle s'établit à +0,9%.

"L'économie allemande a connu un fléchissement en fin d'année", souligne Destatis, dans un communiqué.

En effet, sur fond de récession dans la zone euro, la croissance allemande avait progressivement ralentie tout au long de l'année dernière, passant de 0,5% au premier trimestre, à 0,3% au deuxième, puis à 0,2% au troisième avant donc de devenir négative au dernier trimestre.

La première économie européenne a toutefois montré davantage de résistance que ces voisins, notamment la France, dont la croissance a été nulle en 2012, selon les chiffres publiés également jeudi par l'Insee.

Si la consommation privée et publique a tenu le coup, "la principale raison du recul de l'économie à la fin de l'année 2012 est le faible commerce extérieur allemand en comparaison avec le trimestre précédent: au dernier trimestre les exportations ont davantage baissé que les importations", explique Destatis.

L'Office note toutefois qu'en comparaison avec le dernier trimestre de l'année 2011, le PIB allemand ne se contracte pas. Il a même grignoté 0,1%.

"L'économie allemande devrait regagner en dynamisme au premier trimestre et ainsi éviter une récession", techniquement définie par deux trimestres consécutifs de contraction du PIB, estime Johannes Gareis, économiste chez Natixis, qui n'attend cependant pas mieux pour 2013 qu'une "croissance molle".

Christian Schulz de Berenberg pense que "cette forte contraction au 4e trimestre pourrait servir de tremplin à l'Allemagne pour se redresser".

Pour l'année 2013, le gouvernement allemand table sur un nouveau ralentissement de la croissance, avec une progression du PIB attendue à 0,4%, avant un rebond de 1,6% en 2014.