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Affaire Fiona: pour la 4e fois, Cécile Bourgeon et Berkane Makhlouf sont jugés

Justine Chevalier
·5 min de lecture
Le dossier de la disparition et de la mort de Fiona revient pour la quatrième fois devant la justice. - Thierry Zoccolan
Le dossier de la disparition et de la mort de Fiona revient pour la quatrième fois devant la justice. - Thierry Zoccolan

"Il est temps qu'on aille enfin au bout, ne serait-ce que pour le père de Fiona qui jusqu'alors a fait preuve d'un très grand courage."

L'avocat de l'association L'enfant bleu, Me Yves Crespin, sera présent à partir de mardi dans la cour d'appel de Lyon où se tient le quatrième procès de Cécile Bourgeon, la mère de Fiona, et son ancien compagnon Berkane Makhlouf pour la mort de la fillette en 2013. Relaxée en première instance, la jeune femme de 32 ans avait été condamnée en appel avant que cette décision ne soit cassée.

L'affaire de la disparition de la fillette, alors âgée de 5 ans, débute par un rebondissement, le premier d'une longue série qui a perduré le cour des procès. En ce mois d'avril 2013, une jeune femme blonde, Cécile Bourgeon, se présente devant les médias. Visiblement dévastée, elle raconte que sa fille Fiona, qui jouait, a disparu alors qu'elle s'était assoupie sur un banc dans un parc de Clermont-Ferrand. Berkane Makhlouf, qui n'est pas le père de l'enfant, soutient sa compagne et la protège.

Mais au bout de quatre mois plus tard, le couple est placé en garde à vue. Cécile Bourgeon et Berkane Makhlouf finissent par reconnaître que la fillette n'a jamais disparu mais qu'elle est morte. La veille de sa mort, la petite souffrait de vomissements et de nausées, selon sa mère qui reconnaît des matraitances. Le couple explique s'être débarrassé du corps, mais, du fait d'une forte consommation de drogue, ne peuvent indiquer l'endroit où se trouve l'enfant. Malgré les nombreuses fouilles réalisées, le corps de la fillette n'a jamais été retrouvé.

Un "couple infernal"

La juge d'instruction en charge du dossier avait conclu que Fiona est morte après un "enchaînement fatal de violences". Des témoins ont décrit les hématomes que présentaient la fillette au visage. Lors du premier procès en novembre 2016 devant la cour d'assises de Riom, dans le Puy-de-Dôme, Cécile Bourgeon et Berkane Makhlouf se sont rejetés la responsabilité des coups.

Ne suivant pas les réquisitions du procureur général pour qui il n'était pas nécessaire de savoir qui avait fait quoi dans ce "couple infernal" et qui réclamait une peine de 30 ans de prison, la cour d'assises relaxait Cécile Bourgeon du chef de "violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner". Elle écoppait alors de cinq ans de prison pour "non-assistance à personne en danger". Seul Berkane Makhlouf était condamné pour la mort de la fillette à 20 ans de prison. Le parquet avait alors fait appel.

Deux procès d'appel perturbés

Les ex-amants se retrouvent donc devant la cour d'appel de Haute-Loire au Puy-en-Velay en octobre 2017. Mais le procès tourne court. Au cinquième jour d'audiences, Me Renaud Portejoie et Me Mohamed Khanifar, les avocats de Cécile Bourgeon et Berkane Makhlouf, avaient quitté le procès estimant que leur "probité" avait été mise en cause. Me Marie Grimaud, l'avocate d'une association de protection de l'enfance, partie civile dans ce dossier, avait en effet soulevé que l'un des témoins en faveur de Berkane Makhlouf, avait dans un premier temps étét défendu par Me Khanifar, avant que ce dernier ne représente les intérêts de l'accusé.

Dans un premier temps suspendu, le procès avait finalement été renvoyé, à la demande de la défense, à janvier 2018 toujours devant la cour d'appel de Haute-Loire. Une demande de dépaysement de ce nouveau procès plus tard, et finalement, les deux accusés se retrouvent devant ce même tribunal pour un troisième procès, le deuxième en appel. Là encore, les débats sont perturbés. Cette fois-ci, les mises en cause viennent de la défense.

En cause: un apéritif entre des avocats des parties civiles et le président de la cour d'assises. Les conseils de la défense y voient alors clairement un manque d'impartialité du magistrat et déposent une demande de renvoi. Cette requête est rejetée par le tribunal et la décision tombe le 11 février 2018, soit près de cinq ans après la mort de Fiona. Contrairement en première instance, Cécile Bourgeon est reconnue coupable de la mort de sa fille. Tout comme Berkane Makhlouf, elle est condamnée à 20 ans de prison.

Un 4e enfant en février

Le père de Fiona, Nicolas Chafoulais, exprime son "soulagement" face à ce verdict. Pour lui, Cécile Bourgeon a eu "la peine qu'elle méritait". Mais cette statisfaction est de courte durée: le 22 février 2019, la Cour de cassation casse l'arrêt de la cour d'appel, Cécile Bourgeon et Berkane Makhlouf doivent être rejugés. La faute, cette fois-ci, à un vice de procédure. Lorsque la cour d'appel de Haute-Loire a rejeté la demande de renvoi déposée par la défense à cause de cet apéritif "inopportun", cette dernière n'a pas motivé sa décision. Un argument entendu par les Sages qui ont décidé de renvoyer les accusés devant une nouvelle cour d'appel.

Cécile Bourgeon est alors libérée en février 2019. Agée de 32 ans, elle part s'installer à Perpignan où elle rencontre son nouveau compagnon. La jeune femme tombe rapidement enceinte, son accouchement a eu lieu en février 2020. Un événement qui a repoussé ce quatrième procès qui devait avoir lieu quelques jours avant la naissance du quatrième enfant de Cécile Bourgeon, placé depuis par la justice. La crise sanitaire et le confinement aura - peut-être - été le dernier obstacle à ce nouveau procès, encore une fois reporté en mai. Cécile Bourgeon et Berkane Makhlouf comparaissent jusqu'au 18 décembre.

"On espère que cette fois-ci rien ne viendra perturber le cour normal de la justice", conclut Me Crespin.

Article original publié sur BFMTV.com