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Pourquoi les acteurs du luxe résistent à la crise


La crise ? Quelle crise ? S'il est un secteur économique qui semble ne pas pâtir du marasme ambiant, c'est bien celui du luxe, qui flirte au contraire avec les sommets. Comment expliquer un tel dynamisme ?

Cette année, Bernard Arnault et François Pinault peuvent sabrer le champagne. Séparément, bien sûr, tant on sait que la rivalité des deux champions français du luxe n'a rien d'amical ! A la tête de LVMH, numéro un mondial du secteur (Louis Vuitton, Moët & Chandon, Dior,...), le premier peut se targuer d'avoir réalisé en 2011 un chiffre d'affaires en progression de 16%, à 23 milliards d'euros. Le bénéfice net dépasse les 3 milliards d'euros et le cours de Bourse est au plus haut historique. De son côté, PPR (dont François Pinault est l'actionnaire principal) a connu une progression plus modérée de son activité l'an dernier (+11%), mais son pôle luxe (Gucci, Yves Saint-Laurent, Bottega Veneta) affiche une croissance de 22%. Il représente désormais 40% du chiffre d'affaires total du groupe, mais surtout... 78% des bénéfices ! Au classement 2012 des milliardaires réalisé par le magazine Forbes, François Pinault bondit ainsi de la 67ème à la 59ème position, même s'il reste loin de son rival, solidement installé à la 4ème place, sur les talons de l'américain Warren Buffett.

Cette bonne santé du secteur du luxe se traduit aussi par des ventes de champagne d'environ 330 millions de bouteilles en 2011, un chiffre proche du record de 338 millions enregistré en 2007, avant la crise des subprimes. Quant au Bureau national interprofessionnel du cognac, il se félicite que la célèbre liqueur charentaise soit la première eau-de-vie à dépasser les 2 milliards d'euros de chiffre d'affaires. Comment expliquer une telle santé à l'heure où la crise économique plonge un nombre croissant de personnes dans la crainte de l'avenir ? On peut lire un début d'explication dans les chiffres de BMW, numéro un mondial de l'automobile haut de gamme. Le constructeur allemand a vu ses ventes progresser de 14% en 2011, à 1,67 million d'exemplaires. Si les Etats-Unis et l'Allemagne restent les deux principaux marchés de BMW, la croissance la plus forte provient de... la Chine, où les ventes ont bondi de 37%.

Ce n'est un mystère pour personne: l'essor de l'Empire du milieu provoque un net déplacement du centre de gravité économique du monde. Or, la croissance des pays émergents est tout sauf bien partagée et profite surtout à quelques-uns. Forbes dénombre aujourd'hui 1.226 milliardaires dans le monde (un chiffre record  et 16 de plus en un an), dont plus de 400 Américains. Mais les deux pays venant derrière ne sont autres que la Russie (96 milliardaires) et la Chine : les cyniques ne manqueront pas de savourer le fait que ces deux pays furent les deux grands foyers du communisme an 20ème siècle. Autre temps, autre mœurs ! Certes, les ultra-riches restent une élite très limitée en nombre, mais regardons les choses à une échelle plus "basse", celle du nombre d'individus dont le patrimoine dépasse un million de dollars. C'est la population à laquelle s'intéresse le "World wealth report" publié chaque année par Merrill Lynch et Capgemini et il dénombrait 10,9 millions de personnes dans ce cas en 2010, soit une progression de 8,3% en un an. Là encore, ces nouveaux riches viennent souvent d'Asie. Une bonne nouvelle pour notre pays, car, lorsque qu'on parle de mode ou de vins fins et que le prix n'a plus d'importance, le "made in France" a encore une belle carte à jouer. Pour les pays émergents, c'est une autre histoire. A Oulan-Bator, capitale de la Mongolie, une boutique Louis Vuitton de 490 mètres carrés a ouvert ses portes en 2009, mais les Bentley qui s'arrêtent doivent se contenter de routes non goudronnées pour rouler : tout un symbole d'un pays où l'extrême richesse d'un petit nombre se juxtapose à un PIB par habitant parmi les plus faibles au monde.

Emmanuel Schafroth

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