La bourse est fermée

Et si les TGV délaissaient les gares des petites communes ?

AFP / Illustration

Dans une missive, la ministre des Transports souligne qu’en desservant de nombreuses gares en dehors des métropoles, les TGV pèsent sur la rentabilité de la SNCF.

Elisabeth Borne, ministre des Transports, jette un pavé dans la mare. Le débat des gares desservies par les TGV, qui divise depuis des années les élus locaux et la SNCF, pourrait bientôt être tranché, selon une information dévoilée par les Echos.

Dans une lettre de mission confiée à Jean-Cyril Spinetta, ancien PDG d’Air France-KLM missionné par le gouvernement pour réfléchir à la “refondation” du modèle ferroviaire français, elle souligne qu’utiliser les TGV pour desservir des villes hors des métropoles pèse sur les finances de la SNCF. Et évoque donc, à demi-mot, l’idée d’arrêter de desservir ces villes par les TGV. Selon un rapport de la Cour des comptes de 2014, dans 40 % des trajets, le TGV était utilisé à la vitesse d’un TER.

230 gares desservies

Dans cette lettre, la ministre Elisabeth Borne donne même un exemple : “On a un sujet dont il faut être conscient, c’est que les dessertes fines du TGV ont un effet non négligeable sur le modèle économique du TGV”. “Si on prend un parallèle avec l’aérien, on ne dessert pas Brive en (Airbus) A380”, a détaillé la ministre.

Aujourd’hui, le TGV dessert 230 gares en France. Si aucun nom de gare TGV menacée n’a filtré, l’inquiétude est grande chez certains maires, qui voient dans le TGV un moyen de dynamiser la vie et l’économie de leur ville. Le premier rapport doit être rendu en janvier 2018.