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Entreprises et entrepreneurs à succès, épisode 4 : Thierry Lepercq (Solairedirect)

Photovoltaïque. Thierry Lepercq, PDG-fondateur de Solairedirect, peut se targuer d'avoir su naviguer entre les gouttes dans un secteur ou l’on ne compte plus le nombre de faillites. Voici comment cet ancien banquier a su se faire une place au soleil.



Entre la défaillance de l'américain Solyndra aux Etats-Unis, qui a englouti 500 millions de dollars d'argent public, la faillite du leader allemand Q-Cells ou celle - évitée de justesse, et au prix de quelles contorsions ! - de Photowatt en France, le solaire n'a pas bonne presse depuis quelques mois.  Mais si le business du solaire a tourné à l'orage pour beaucoup d'acteurs, le baromètre reste jusqu'ici au beau fixe pour Solairedirect, opérateur d'électricité entièrement dédié au solaire photovoltaïque. En 2011, la société a enregistré un chiffre d'affaires en hausse de 33,9%, à 213,5 millions d'euros, et le bénéfice net a plus que doublé, à 19,3 millions d'euros. Pas mal, pour une société qui n'est âgée que de six ans.

La conviction que le solaire sera l’énergie de demain

C'est en effet en 2006 que Thierry Lepercq s'est lancé dans l'aventure avec une poignée d'associés et la conviction, presque religieuse, que le solaire serait l'énergie de demain. Avec sa haute stature et ses cheveux coupés en brosse où le poivre ne le dispute plus guère au sel, l'homme aurait quelque chose de martial s'il n'y avait ce sourire imperceptible et cette affabilité naturelle. Faites-le parler de son métier et il devient intarissable : quand on lui demande audience, mieux vaut prévoir une plage horaire large ! Tout en contrastes, le PDG de Solairedirect respire la passion, mais cultive la raison. Après HEC, c'est dans la banque que sa carrière commence, chez l'américain Bankers Trust, puis à la Banque Arjil, alors filiale de Lagardère (suivre le cours de Lagardère), et fin chez Oddo, à partir de 1994. C'est là qu'il découvre les sociétés technologiques, participant notamment à l'introduction de l'éditeur de logiciels financiers GL Trade. En 1999, c'est précisément avec l'intention de financer les jeunes pousses du web naissant qu'il lance sa première entreprise, le fonds d'investissement NetsCapital. Mais ses ambitions tournent court quelques années plus tard après l'éclatement de la bulle internet et c'est alors qu'il commence à s'intéresser à l'énergie solaire.

De son parcours dans la finance, il n'a pas gardé la cravate, lui préférant un look "casual", façon  web-entrepreneur. Mais ce passé est assurément un atout pour mener sa barque dans un secteur qu'il considère comme "terriblement capitalistique". "Pour générer un euro de chiffre d'affaires en électricité solaire, il faut dix euros d'investissement, alors qu'il en faudrait seulement six pour du nucléaire, trois pour de l'éolien, ou un dans l'industrie lourde", rappelle-t-il, ajoutant sur le ton de la plaisanterie : "financer cela en fonds propres avec des actionnaires réclamant 12% de rentabilité par an nécessiterait de faire une marge de 120%... ça défie les lois de la gravité financière !"

Des bonnes intuitions… dans un environnement règlementaire très changeant


Tout l'art de Solairedirect a donc été de chercher des financements quasi-obligataires auprès d'investisseurs acceptant des taux de rendements moins élevés (de l'ordre de 6%) du fait du très faible risque lié à la forte visibilité sur les revenus futurs et à la valeur d'actif des centrales mises en place. Malgré son court historique, la société a ainsi pu drainer 500 millions d'euros depuis 2007 !

Mais surtout, ce qui a permis à Solairedirect de passer entre les gouttes, ce sont les bonnes intuitions de son dirigeant, notamment dans un environnement réglementaire très changeant. Il y a deux ans, lorsque ses concurrents construisaient leurs modèles sur la foi des tarifs de rachats de l'électricité par EDF, Thierry Lepercq disait à qui voulait l'entendre qu'ils étaient trop élevés et préparait déjà la suite. "Nous sommes dans une phase de transition très brutale entre un tarif aidé et un mécanisme de marché. Paradoxalement, cela tue ou affaiblit notablement de nombreux acteurs, mais c'est le sens de l'histoire", juge-t-il. Pour faire simple, cela signifie que le chiffre d'affaires au watt généré est divisé par deux. Pour Solairedirect, cette cruelle réalité va être compensée en 2012 par un  programme de nouvelles installations de 120 mégawatts en France, contre 63 en 2011, ce qui devrait permettre de poursuivre une dynamique de croissance, même si elle sera vraisemblablement très inférieure à celle de 2011.

L'autre intuition de Thierry Lepercq, c'est que la privatisation de l'électricité "a vécu". Le politique reprend la main sur l'énergie, ce nerf de la guerre économique moderne. Et Solairedirect se veut un acteur capable de fournir à un territoire la colonne vertébrale d'une stratégie énergétique et d'une filière intégrée au niveau local, ce qu'illustre le dispositif ESTER (électricité solaire des territoires) mis en place avec la région Poitou-Charentes. Il se veut ainsi exemplaire et inclut la création d'une société d'économie mixte et la mise en place avec deux compagnies régionales d'électricité de contrats d'achat sur 30 ans égal à un prix voisin de 100 euros le mégawatt-heure (MWh) qui basculera vers le tarif de marché dès que celui-ci est supérieur. Car pour Thierry Lepercq, il n'y a guère de doute, grâce à la baisse continue du coût des systèmes solaires, l'électricité photovoltaïque devrait être une source d'énergie parfaitement compétitive dès 2014. "A cet horizon, nous serons aux alentours de 70 euros le MWh, alors que l'éolien terrestre ou le nucléaire oscillent entre 70 et 90 euros et que l'éolien offshore est beaucoup plus coûteux", prédit-il. D'ici, là l'activité de Solairedirect, encore très franco-française jusqu'ici, devrait se situer pour moitié à l'étranger. Car les ambitions de l'entreprise et de son dynamique patron irradient dans le monde entier et les projets fourmillent en Inde, au Chili en Afrique du Sud, ou même en Amérique du Nord, où la société vient de conclure un contrat avec...  les Apaches. Pour Solairedirect, les beaux jours ne font que commencer !

Emmanuel Schafroth

Yahoo! Finance vous propose de revenir régulièrement sur des success story et des portraits de chefs d'entreprise hors-du-commun. Vous venez donc de découvrir le 4ème épisode.


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