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"C'est à devenir fou": comment les Français abordent l'hypothèse d'un troisième confinement

Céline Hussonnois-Alaya
·5 min de lecture

Le gouvernement l'a évoqué: un nouveau confinement n'est plus exclu. Une source d'angoisses pour celles et ceux qui ont mal vécu les deux précédents.

Alors que le Premier ministre a dévoilé jeudi de nouvelles restrictions pour freiner la propagation de Covid-19 - dont un couvre-feu national à partir de 18 heures - la piste d'un troisième confinement, évoquée en coulisses depuis plusieurs jours, n'est plus exclue. Jean Castex a ainsi mis en garde lors de sa conférence de presse: en cas de "dégradation épidémique forte", un reconfinement serait possible. Bruno Le Maire, le ministre de l'Économie, l'a confirmé ce vendredi sur BFMTV: si le couvre-feu "ne suffit pas, il y aura confinement".

"Ces revirements, ça pompe"

De quoi désarçonner certains et certaines. Comme Séverine*, une enseignante de 43 ans et mère d'un enfant de 11 ans, qui confiait déjà à l'automne à BFMTV.com son impression de "retour à la case départ". Si elle se montre aujourd'hui résignée face à ces nouvelles contraintes sanitaires et se dit prête à accepter un nouveau confinement, elle ajoute cependant que "ces revirements, d'une semaine à l'autre, ça pompe".

"Dans l'absolu, je n'ai pas mal vécu les deux confinements, explique Séverine qui réside en Seine-et-Marne. C'est vrai que mon fils n'avait plus ses activités, ne voyait plus ses copains et que moi, je n'avais plus aucun contact social. Mais de toute façon, avec le couvre-feu, ça va être métro, boulot, dodo, ça n'enlève pas grand-chose. Et puis, par certains aspects, ça ne me déplaît pas tant que ça."

Notamment pour son travail. Elle explique que les conditions d'enseignement se sont dégradées depuis que le port du masque s'est imposé. "On ne sait pas qui est qui, on doit parler haut toute la journée à la classe, avec le masque c'est très pénible. Et puis les élèves en profitent pour bavarder derrière leurs masques, on ne sait pas d'où viennent ces bavardages, ça créé un bourdonnement permanent. C'est infernal."

"On s'y attend"

Pauline*, 35 ans, se prépare déjà à ce qui lui semble inévitable. Pour cette directrice de crèche qui réside dans un pavillon de l'Essonne, cet éventuel nouveau confinement ne serait pas une surprise, "on s'y attend", témoigne-t-elle pour BFMTV.com. "La seule chose qu'on ne sait pas, c'est quand". La jeune femme ne voit pas comment le durcissement du couvre-feu sera suffisant pour infléchir durablement la tendance des contaminations.

"Ça me paraît évident qu'il faut prendre des décisions plus radicales, je ne vois pas comment le couvre-feu avancé de deux heures pourra sensiblement améliorer la situation. Si les autorités décident d'un troisième confinement, c'est qu'il est nécessaire."

Pour elle, cela impliquerait tout de même quelques ajustements en matière d'organisation du quotidien, notamment pour ses deux enfants. "On a réussi à gérer les deux fois précédentes, on arrivera à le refaire." Au printemps et à l'automne, son activité professionnelle avait été réduite et son conjoint avait télétravaillé. Mais Pauline reconnaît qu'elle fait partie des chanceux.

"Nous n'avons pas vécu les deux confinements comme des contraintes, je sais que ce n'est pas le cas pour d'autres foyers."

"C'est à devenir fou"

Pour d'autres, la perspective d'un troisième confinement serait en effet une épreuve. Comme Mélanie*, une entrepreneuse de 34 ans qui vit à Montreuil, en Seine-Saint-Denis, qui confiait déjà lors du deuxième confinement ne plus supporter ses journées répétitives qui se ressemblaient toutes. "J'ai l'impression de m'endormir sur le boulot, de me réveiller sur le boulot et qu'il n'y a jamais de coupure (...) ça en devient abrutissant", racontait-elle pour BFMTV.com.

Vidéo : Couvre-feu à 18h généralisé en France métropolitaine dès ce samedi

Si du point de vue personnel, Mélanie a aujourd'hui trouvé le moyen de conserver une vie sociale malgré le couvre-feu - pas un week-end sans l'organisation d'un brunch, d'un goûter ou une visite chez des amis ou dans de la famille - c'est du côté professionnel que les choses seraient plus compliquées.

"C'est difficile de motiver les équipes. Et tout le monde est dans une attente générale, ça n'avance pas pour signer des contrats, tout est en pause. On ne pourra pas tenir un an comme ça."

Elle espère surtout que cet éventuel troisième confinement serait similaire au deuxième et moins strict que le premier. "J'ai du mal à ma projeter dans un nouveau confinement qui serait dur. Psychologiquement, je ne l'envisage pas. Et sans aucune vie sociale, c'est à devenir fou, on tourne en rond avec soi-même."

"Je ne l'envisage même pas"

Un troisième confinement: Jeanne*, 35 ans, "ne l'envisage même pas, trop angoissant". Si cette jeune femme qui travaille pour un service clientèle a plutôt bien vécu le premier - elle est partie dans une maison en Bretagne avec ses deux enfants - le second a été très pénible.

Notamment parce que la famille vit dans un appartement des Hauts-de-Seine, avec peu de possibilités pour s'isoler et travailler, et des relations de couple qui ne sont pas au beau fixe. "Heureusement, les enfants (étaient) à l'école. Sinon, je ne vois pas comment ça aurait été possible de gérer tout ça en même temps", expliquait-elle alors à BFMTV.com.

Si, dans le cadre d'un éventuel troisième confinement, les écoles devaient être fermées, ce serait pour Jeanne une catastrophe. "Ou alors il faut que je réussisse à trouver le moyen de partir", assure Jeanne.

"Si je dois télétravailler avec les enfants, mon mari sur le dos enfermé à la maison qui tourne comme un lion en cage, ce sera totalement impossible. Je crains qu'une telle mesure n'ait plus de conséquences négatives que positives. En plus, les deux précédents n'ont pas si bien marché que ça puisqu'on en est toujours là. La scolarité des enfants, l'absence d'interactions sociales. Ça va encore un peu plus nous bouffer le moral et le peu d'énergie qui nous reste."

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Article original publié sur BFMTV.com

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