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Le Brésil, géant aux pieds d'argile ?

Lorsqu'on parle des pays émergents, on pense le plus souvent à des pays situés à l'est de notre vieille Europe, et en particulier la Chine, l'Inde ou la Russie. Mais il ne faut pas oublier que la première des quatre lettres de l'acronyme "BRIC", qui rassemble les initiales des quatre principaux pays émergents, désigne un pays américain. Il y a 10 ans, le Brésil se remettait à peine de la crise de 1998/1999, conséquence d'une inflation galopante et de déficits mal maîtrisés. Le produit intérieur brut avait chuté sous celui du Mexique; aujourd'hui, il est plus de deux fois supérieur, à près de 2.500 milliards de dollars en 2011. Cela classe le Brésil à la sixième place mondiale, sur les talons de la France : une place somme toute cohérente avec sa superficie et sa population, le pays se classant cinquième mondial sur ses deux critères.


Une économie diversifiée

Grâce au café, à la canne à sucre et à la production de jus d'orange, le Brésil est une grande puissance agricole, ce secteur assurant environ 40% de ses exportations. Il dispose aussi d'un sous-sol riche en minerais (fer, aluminium) et en pétrole. Comparable à l'italien ENI ou au russe Gazprom, Petrobras est ainsi la plus grande entreprise cotée du Brésil, qui est aussi la patrie de la compagnie minière Vale, une des plus importantes au monde. Mais le Brésil a aussi une industrie importante. Il abrite de nombreuses unités de production automobile et dispose, avec Embraer, d'un des rares grands constructeurs aéronautiques non occidentaux.Alors que le pays s'apprête à accueillir successivement la Coupe du monde de football (2014) et les Jeux olympiques d'été (2016), il reste la principale destination latino-américaine pour les investisseurs étrangers. Voilà pour le bon côté du développement du Brésil, ce qui fait dire à Mark Mobius, président de la société d'investissement Templeton Emerging markets Group, que ce pays peut être considéré comme "le plus autonome" de la planète.

Des difficultés structurelles persistent

Pourtant, tout ne va pas si bien au pays de la samba. L'année 2012 ne restera d'ailleurs pas comme un grand millésime économique, avec une croissance limitée à 0,9%, contre 2,7% en 2011. D'une superficie comparable à celle des Etats-Unis, le Brésil souffre d'un retard en matière d'infrastructures, ainsi que de lourdeurs bureaucratiques. Récemment, il a aussi vu son image affectée par le scandale de corruption qui entache l'ancien président Lula da Silva et ressurgit sur la présidente actuelle, Dilma Rousseff, considérée comme son héritière.Sur le critère du produit intérieur brut par habitant, le Brésil n'atteint que la 55è place mondiale, à 12.600 dollars. C'est un niveau presque quatre fois inférieur à celui de la France, comparable à celui de la Pologne ou de la Russie. Et surtout, le Brésil reste fondamentalement un pays très inégalitaire.

Des inégalités encore criantes

L'essentiel de la richesse se concentre dans la partie sud du pays, au détriment du "nordeste", beaucoup plus pauvre. Si le pays compte une cinquantaine de milliardaires, à commencer par Jorge Paulo Lemann, actionnaire de contrôle d'AB InBev, premier brasseur de bière au monde, le dernier recensement à dénombré 16 millions de personnes vivant dans l'extrême pauvreté. Selon l'Indice de développement humain (IDH), un indicateur développé par l'ONU incluant la richesse, le niveau d'éducation et la santé, le Brésil pointe en 85è position, parmi les 186 pays classés: un niveau comparable à celui de la Jamaïque, très éloigné de son poids économique sur l'échiquier mondial. Cela reste le point de fragilité de la deuxième économie américaine, comme en ont témoigné fin 2010 les scènes d'émeutes qui ont secoué Rio après une offensive anti-narcotrafiquants menée dans les favelas pas les forces de sécurité. Un géant aux pieds d'argile ? Disons plutôt, un pays qui reste en devenir.

Emmanuel Schafroth

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