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A Flamanville, EDF se prépare à faire "battre le cœur" du réacteur EPR

Le site nucléaire de Flamanville, le 24 avril 2024 dans la Manche (Lou BENOIST)
Le site nucléaire de Flamanville, le 24 avril 2024 dans la Manche (Lou BENOIST)

"On est dans la dernière ligne droite": à Flamanville, EDF est près de lancer la première réaction nucléaire en chaîne dans son réacteur de nouvelle génération EPR, une étape symbolique avant l'arrivée des premiers mégawatts dans le bocage normand cet été.

Après 17 ans d'un chantier difficile et coûteux, émaillé de nombreux déboires et retards, EDF met les dernières touches au démarrage effectif du 57e réacteur du parc nucléaire français, une première depuis près d'un quart de siècle au pays de l'atome.

"On est dans la dernière ligne droite des essais préalables à cette étape très importante de la divergence", confirme Grégory Heinfling, chef d'exploitation de Flamanville 3, qui deviendra le réacteur le plus puissant du pays (1.600 MW) et où 800 personnes travailleront à terme, dont 200 employés de soustraitants.

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EDF se veut prudente sur le calendrier de l'opération, qui consiste à obtenir la première réaction de fission nucléaire en chaîne dans le cœur de "Fla3", mais ce ne serait plus qu'une question de "jours", voire de "semaines".

A ce moment-là, le réacteur logé sous son dôme de 50 mètres de diamètre, ne produira pas encore d'électricité, mais "son cœur commence à battre", explique-t-on chez EDF. "C'est le moment où le réacteur prend vie", illustre Alain Morvan, directeur du projet Flamanville 3, lors d'une visite pour quelques journalistes dans la cathédrale de béton qui fait face à la Manche.

"Les essais à froid sont terminés et maintenant on fait des essais à chaud en montant le réacteur à 155 bars et à 303 degrés, la température nominale, avant la divergence", poursuit le chef d'orchestre du projet. EDF devra pour lancer cette opération obtenir un feu vert du gendarme français de la sûreté nucléaire, l'ASN.

"Le but de la divergence n'est pas simplement d'appuyer sur un bouton, mais c'est d'emmener l'ensemble du réacteur dans des conditions physiques pour arriver à la réaction de fission", résume François Tronet, formateur à Flamanville.

- "Toc-toc-toc" -

Les équipes de conduite qui se relaient en 3x8 se sont déjà préparées à cette opération dans un simulateur, réplique exacte de la salle de commande entièrement numérisée - une innovation des EPR - avec son mur d'écrans donnant à voir les entrailles du réacteur. "Chaque équipe de quart a joué au moins deux ou trois fois ce scénario", assure Grégory Heinfling.

La première réaction nucléaire s'obtient lorsqu'un neutron vient casser un noyau d'atome d'uranium, ce qui libère une grande quantité d'énergie et d'autres neutrons, qui vont à leur tour entraîner d'autres réactions nucléaires.

Le jour J, les opérateurs en salle des commandes entendront d'ailleurs une répétition de "toc-toc-toc", une illustration sonore pour les guider dans le processus.

Pour amorcer cette réaction en chaîne de manière progressive et maîtrisée, et permettre la libération des neutrons, ils devront relever centimètre par centimètre les grappes de commande, un mécanisme en forme de tiges qui permet de contrôler la puissance du réacteur.

"Chaque +toc+ qu'on entend représente 1.000 neutrons qui viennent toucher le détecteur", souligne François Tronet.

Depuis le 7 mai, et le feu vert donné par l'ASN pour mettre en service cet EPR, 12 ans après la date prévue, EDF a déjà franchi plusieurs étapes clés et mené de nombreux essais et vérifications.

Après le chargement des 60.000 crayons de combustible dans la cuve, EDF s'est notamment attelé à tester le bon fonctionnement des 89 grappes de commande, cruciales, car ce sont elles qui permettent de contrôler la réaction nucléaire et de l'arrêter en situation d'urgence.

Le réacteur enverra ses premiers électrons sur les lignes à haute tension d'ici la fin de l'été, selon EDF, lorsqu'il aura atteint 25% de sa puissance, une condition pour le raccorder au réseau - on parle de "couplage". Ce sera alors au tour de l'imposante turbine Arabelle, avec ses 70 mètres de long et 1.200 tonnes, d'entrer en action. Au moment du "couplage", cet engin, qui patiente pour l'heure dans la salle des machines, tournera à 1.500 tours/minute pour produire l'électricité, mue par la vapeur créée grâce à la chaleur du réacteur.

Il faudra encore patienter pour atteindre la pleine production à 100%, destinée à alimenter 3 millions de foyers, une étape qu'EDF promet d'ici la fin de l'année.

nal/abb/er