La bourse est fermée

Espérant une accalmie sanitaire, les marchés reprennent de la vigueur

Angélina BOULESTEIX
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Des indices boursiers au siège d'Euronext en novembre 2019 à La Défense, près de Paris

De Tokyo à Wall Street, les marchés ont retrouvé de l'entrain lundi dans l'espoir de voir l'Europe et les Etats-Unis se rapprocher d'un possible pic du coronavirus.

La Bourse de New York a été particulièrement dynamique: son indice vedette, le Dow Jones, s'est envolé de 7,73% tandis que le Nasdaq, à forte coloration technologique, a gagné 7,33% et que l'indice élargi S&P 500 s'est apprécié de 7,03%.

La vague de soulagement était partie dès le début de la journée en Asie, l'indice vedette Nikkei de Tokyo terminant par exemple en hausse de 4,24%.

En Europe, le rebond a été de 5,77% à Francfort, de 4,61% à Paris et de 3,08% à Londres. Milan a fini en hausse de 4% et Madrid de 3,99%.

Le sursaut de ce début de semaine s'explique par "l'optimisme grandissant vis-à-vis des chiffres de la mortalité liée au Covid-19 qui commencent à atteindre un niveau plateau en Europe" après que l'Espagne, l'Italie et la France ont rapporté dimanche une baisse des décès dans leurs pays respectifs, commente Michael Hewson, chez CMC Markets.

En fin de journée lundi, les autorités en Italie et en France ont toutefois indiqué que le bilan des morts était reparti à la hausse.

Aux États-Unis, les investisseurs se sont aussi montrés rassurés par un semblant de stabilisation dans l'Etat de New York, épicentre de la pandémie dans le pays: ces deux derniers jours, le nombre de morts quotidiens de la pandémie recensés dans l'Etat a cependant semblé plafonner juste en-dessous des 600, après un record de 630 de vendredi à samedi.

Répit de courte durée ?

En outre, les investisseurs ont également pris connaissance d'"une série de nouvelles mesures annoncées par le Japon, Singapour et l'Espagne pour amortir les effets économiques du virus, tandis qu'aux États-Unis, la présidente démocrate de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, a évoqué la perspective d'un autre plan dans le courant du mois pour stimuler l'économie américaine", indique M. Hewson.

Dans ce contexte, "certains investisseurs veulent reprendre du risque, voulant entendre que la vie reprendra un tour un peu normal dans un horizon raisonnable", souligne Régis Aubert, gérant actions à Financière Arbevel.

Mais le virage à l'optimisme pourrait déraper prochainement en cas de dégradation des nouvelles données sanitaires, préviennent plusieurs analystes.

Côté pétrole, les cours sont repartis en nette baisse lundi après le report d'une réunion de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et ses alliés destinée à éventuellement limiter l'offre excédentaire d'or noir sur le marché mondial. A Londres, le baril de Brent a lâché 3,2%, à 33,05 dollars tandis qu'à New York, le baril de WTI a plongé de 8%, à 26,08 dollars.

Le marché de la dette bougeait peu, fidèle à son attitude des derniers jours, confiant dans le soutien des banques centrales.

Sur le marché des changes, l'euro se stabilisait face au dollar tandis que la livre sterling a perdu du terrain quand il a été annoncé lundi soir que le Premier ministre britannique Boris Johnson, atteint du Covid-19, avait été placé en soins intensifs.

Choc moindre qu'en 2008

Avec plus de 73 000 morts dans le monde et une perte d'activité économique sans précédent, la pression reste très forte.

Mais, selon Isabelle Mateos y Lago, directrice adjointe de l'équipe en charge des institutions souveraines chez BlackRock, "il faut garder à l'esprit que c'est un choc qui devrait être de courte durée par rapport à une récession classique".

"Pour la crise de 2008, développe-t-elle, il a fallu plusieurs années pour corriger les excès, ce qui a représenté un manque à gagner de l'ordre de 50% du PIB mondial de 2007".

"Si les confinements peuvent être levés après un trimestre, l'impact s'annonce de l'ordre de 10 à 15% du PIB de 2019, soit un choc quatre à cinq fois moindre que celui de 2008", analyse la spécialiste.

Cet impact temporaire et globalement moins important, auquel s'ajoutent "le fait que la réponse politique et monétaire soit extrêmement ambitieuse", ainsi que "les mesures techniques déployées par les banques centrales pour assurer un retour à la normale" notamment en terme de liquidités, "ont aidé les marchés à trouver un plancher pour se stabiliser", selon elle.

Désormais la question clé, anticipe-t-elle, est de savoir "combien de temps va durer la phase de stabilisation avant d'avoir une décrue de l'épidémie - en Chine il a fallu trois semaines" - et "comment va s'opérer la sortie de confinement ?".

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