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Zone euro: l'inflation stable en septembre, déception pour la BCE

Mario Draghi, le président de la Banque centrale européenne lors d'une conférence de presse à Francfort, le 7 septembre 2017

Bruxelles (AFP) - L'inflation en zone euro est restée stable en septembre, décevant les analystes qui attendaient une petite accélération, alors que la BCE songe à diminuer progressivement sa politique de soutien à l'économie, selon des chiffres publiés vendredi.

Selon une première estimation de l'Office européen des statistiques Eurostat, l'inflation dans les 19 pays ayant adopté le monnaie unique s'est stabilisée à 1,5% en septembre, soit comme en août.

Ce chiffre est moins bon que ce qu'attendaient les analystes interrogés par le fournisseur de services financiers Factset, qui tablaient sur une légère remontée de l'inflation en zone euro en septembre à 1,6%, se rapprochant de l'horizon des 2% souhaité par la Banque centrale européenne.

Une inflation très légèrement inférieure à 2,0% sur un an est considérée par la BCE comme un signe de bonne santé de l'économie, car cela correspond selon elle à la définition de la stabilité des prix.

Lors de sa réunion le 26 octobre prochain, la BCE veut décider du maintien l'an prochain de son soutien à l'activité économique de la zone euro.

Sur fond de reprise économique, elle pourrait en effet commencer à "recalibrer" à la baisse son vaste programme de rachats d'obligations lancé en 2015, baptisé "QE" et destiné à soutenir la croissance et les prix. Le programme est conduit actuellement au rythme de 60 milliards d'euros par mois.

"L'inflation atone dans la zone euro requiert un grand exercice d'équilibre de la part de la BCE. La réunion d'octobre sera probablement l'un des plus grands exercices d'équilibre de son histoire", a commenté Peter Vanden Houte, analyste de la banque néerlandaise ING.

"D'un côté, la Banque centrale va devoir faire des annonces allant dans le sens d'une diminution (...). De l'autre, elle va devoir essayer d'éviter que les marchés interprètent ces annonces comme trop "bellicistes", ce qui pourraient alors conduire à un resserrement prématuré des conditions de crédits", a-t-il ajouté.

Pour son collègue Jack Allen, de Capital Economics, "l'inflation plus faible qu'attendu en septembre ne va pas dissuader la BCE de faire une annonce sur la baisse de ses achats d'obligation l'an prochain".

L'inflation sous-jacente (hors énergie, produits alimentaires, boissons alcoolisées et tabac, qui exclut par conséquent les produits particulièrement volatils) était de 1,1% en septembre, contre 1,2% en août et juillet.

Un chiffre aussi décevant pour les analystes qui tablaient sur une inflation sous-jacente inchangée à 1,2%.

La BCE a récemment prévenu s'attendre à un parcours en "V" de l'inflation dans les mois à venir. Elle prédit ainsi une inflation plus basse début 2018 à cause de l'impact négatif des variations des prix de l'énergie et des denrées alimentaires.