La bourse est fermée

Xavier Niel rappelle que le CAC40 ne comporte aucune jeune entreprise et que c'est un gros problème pour l'avenir

Chisato Goya

Xavier Niel à Station F le 17 janvier 2017. REUTERS/Philippe Wojazer

Il n'existe pas de Facebook, ni de Google européen. Beaucoup le regrettent et s'en plaignent depuis des années. 

Dans une interview avec le quotidien financier belge L'Echo, le fondateur de Free Xavier Niel, également créateur de l'école 42, a rappelé qu'il s'agit d'un grand problème car "ces nouvelles entreprises sont les entreprises de demain". 

Le fondateur de Free a ainsi estimé que ce retard européen aura des conséquences importantes sur notre avenir: 

"Si elle ne bouge pas, l'Europe va connaître une réduction rapide de son train de vie… La question de notre place dans le monde de demain se pose." 

Xavier Niel, qui voit passer une cinquantaine de dossiers de nouvelles startups par semaine via son fonds d'investissement Kima Ventures, observe que la France pourrait avoir un grand défi à relever, en raison du manque d'entreprises technologiques jeunes parmi ces gros poids:

"Aux Etats-Unis, dans n'importe quel indice boursier, 80% des entreprises ont moins de 25 ans, alors que le CAC 40 n'en comporte aucune… C’est un défi. Et nous rendons-nous bien compte, de ce défi? Ce qui nous guette, c'est la peur du chômage de masse. Disons les choses comme elles sont: un certain nombre d'activités vont disparaître dans les dix, 20, 30 prochaines années.

L'homme d'affaires français se dit cependant optimiste et estime que l'Europe est capable de rattraper son retard dans le numérique. Ce qu'il manque notamment, c'est de "l'optimisme. Nous manquons de positivisme et nous n'osons pas voir assez grand," a-t-il déclaré à L'Echo. 

Pour lui, la France pourrait profiter de la politique américaine de Donald Trump et de son décret anti-immigration: 

"Il est en train d’interdire les visas aux étrangers… alors que 75% des entreprises de la Silicon Valley sont créées par des gens qui ne sont pas nés aux Etats-Unis. Quel bonheur. Nous, on a de la place et sommes ravis de les avoir ici (il ouvre large ses bras comme pour bien montrer l'espace qui l'entoure ici, dans les locaux Station F, en plein Paris)."

Ce clin d'oeil lancé aux entrepreneurs du monde entier rappelle celui du président français Emmanuel Macron, qui avait invité les scientifiques, ingénieurs, entrepreneurs etc qui avaient été déçus par la décision de Donald Trump de se retirer de l'Accord de Paris de rejoindre la France. 

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