La bourse est fermée

Wall Street voit rouge à l'ouverture, s'orientant vers sa pire semaine depuis 2008

Wall Street plonge à l'ouverture, s'apprêtant à clore sa pire semaine depuis la crise financière mondiale de 2008 sur fond de craintes renforcées autour du nouveau coronavirus

New York (AFP) - La Bourse de New York plongeait en début de séance vendredi, s'apprêtant à clore sa pire semaine depuis la crise financière mondiale de 2008 sur fond de craintes renforcées autour du coronavirus.

Vers 15H25 GMT, l'indice vedette de Wall Street, le Dow Jones Industrial Average, perdait 3,2%, à 24.944,50 points. Il avait lâché plus de 4% un peu plus tôt dans la séance.

Le Nasdaq, à forte coloration technologique, abandonnait 2,4%, à 8.364,01 points.

Le S&P 500, qui représente les 500 plus grandes entreprises de Wall Street, dégringolait de 3,012%, à 2.885,95 points.

Wall Street avait lourdement chuté jeudi alors qu'un vent de panique continuait de souffler sur la place new-yorkaise, inquiète du rythme de propagation de l'épidémie de pneumonie virale et de ses conséquences économiques: le Dow Jones s'était écroulé de 4,42%, perdant près de 1.200 points, et le Nasdaq de 4,61%.

La place new-yorkaise, en perdant plus de 10% depuis le début de la semaine, est officiellement entrée en période de correction.

Dans un marché particulièrement frileux, les investisseurs se tournaient à nouveau massivement vers les obligations, jugées moins risquées que les actions.

Le taux à 10 ans sur la dette américaine a ainsi une nouvelle fois atteint un plus bas historique, à 1,1535%, dans la nuit de jeudi à vendredi, tout comme le taux à 30 ans sur les bons du Trésor américain, tombé à 1,6606%.

Pour Patrick O'Hare, de Briefing, la ruée vers le marché obligataire et la faiblesse des bourse mondiales sont le reflet "des inquiétudes sur la propagation du coronavirus ainsi que sa capacité à gravement nuire à la croissance économique mondiale et aux perspectives de croissance des entreprises, surtout si l'épidémie s'accélère aux Etats-Unis et en Europe".

La liste des pays touchés par l'épidémie de Covid-19, apparue en Chine, continuait de s'allonger avec le premier cas en Afrique subsaharienne, détecté au Nigeria. En Allemagne, un millier de personnes ont été mises en quarantaine dans l'ouest du pays.

De nombreux événements ont également été annulés un peu partout dans le monde, dont la conférence annuelle des développeurs de Facebook (-1,5%) prévue début mai en Californie.

- Dégringolade pour Beyond Meat -

Malgré l'affolement de la bourse new-yorkaise, le président de la Fed de Saint-Louis James Bullard a assuré que le Banque centrale américaine ne comptait pas pour le moment céder à la panique et abaisser ses taux directeurs dans l'urgence. Il a toutefois envisagé cette possibilité "si une épidémie mondiale se développe réellement."

Parmi les valeurs du Dow Jones, Caterpillar, souvent considéré comme une jauge de la croissance mondiale, reculait de 2,0%. Apple (-3,7%), Chevron (-3,2%), Nike (-2,2%) et Disney (-2,3%) étaient également en repli.

Au rang des autres entreprises, la start-up vegan Beyond Meat s'effondrait de 19,1% après avoir annoncé avoir de nouveau perdu de l'argent au quatrième trimestre, et ce en dépit d'un triplement de ses ventes.

United Airlines perdait 1,6%. La compagnie aérienne a annoncé réduire son nombre de vols vers le Japon, Singapour et la Corée du Sud et maintenir la suspension de ses trajets entre les Etats-Unis et plusieurs villes chinoises jusque fin avril.

Honeywell, qui fournit des équipements aux entreprises, baissait de 4,6%. L'entreprise a toutefois indiqué dans un communiqué faire face à "une flambée de la demande pour des masques de protection du visage en Amérique du Nord, en Europe et en Chine" et assuré avoir augmenté son rythme de production mondial.

Au rang des indicateurs, l'inflation aux Etats-Unis est restée quasi-stable en janvier par rapport à décembre, à +0,1%, mais un peu inférieure aux attentes des analystes, selon l'indice PCE publié vendredi.