Marchés français ouverture 8 h 14 min

Wall Street se tasse face aux atermoiements du Sénat américain

Un courtier à Wall Street, le 18 mars 2020

New York (AFP) - La Bourse de New York a abandonné une partie de ses gains en toute fin de séance mercredi, le Sénat américain tardant à adopter un plan de relance pour la première économie mondiale, durement frappée par la pandémie de coronavirus.

Le Dow Jones Industrial Average, a gagné 2,39%, à 21.200,55 points. Il avait connu la veille sa plus forte hausse en une séance depuis mars 1933 en grimpant de plus de 11%.

Il s'agit pour l'indice vedette de la place new-yorkaise de la deuxième séance de hausse consécutive, ce qui ne lui était plus arrivé depuis plus d'un mois.

Le Dow Jones a été porté mercredi par Boeing, dont le titre a flambé de plus de 24%, la plus forte hausse depuis l'entrée en Bourse de l'avionneur. Les investisseurs semblent persuadés que Boeing va être l'un des grands gagnants des mesures d'aide économique aux Etats-Unis.

Le Nasdaq, à forte coloration technologique, a, lui, reculé de 0,45%, à 7.384,29 points, tandis que l'indice élargi S&P 500 a gagné 1,15%, à 2.475,56 points.

Les indices, qui avaient évolué nettement dans le vert depuis le début de séance, se sont repliés juste avant la clôture alors que les discussions semblaient s'éterniser au Sénat sur le plan d'aides massives à l'économie américaine.

Dans la nuit de mardi à mercredi, élus démocrates et républicains étaient pourtant parvenus à un accord sur ce texte, qui doit aussi être approuvé par la Chambre des représentants et ratifié par le président américain, Donald Trump.

Mais pour l'heure, aucun texte final n'a été présenté et aucune heure n'a été annoncée pour un vote au Sénat.

Ces mesures, qui pourraient mobiliser près de 2.000 milliards de dollars, sont destinées à protéger les ménages américains les plus vulnérables et à apporter un bol d'air aux petites et moyennes entreprises, durement touchées par le très fort ralentissement économique.

Pour JJ Kinahan, de TD Ameritrade, la progression du Dow Jones et du S&P 500 ces deux derniers jours est à prendre avec des pincettes.

Si ces hausses ne sont pas insignifiantes, "ce qui serait encore mieux, ce serait de rester dans une zone où les mouvements boursiers sont plus prévisibles afin que les acteurs du marché puissent investir avec un peu plus de certitudes", explique l'expert.

"Pour le moment, c'est impossible car on ne sait pas ce que le marché va faire dans les cinq prochaines minutes".

Sur le marché obligataire, le taux à 10 ans sur la dette américaine était en légère hausse, s'établissant à 0,8577% aux alentours de 20H50 GMT contre 0,8466% la veille à la clôture.

- Nike surprend -

Au rang des indicateurs, les commandes de biens durables aux Etats-Unis ont augmenté de 1,2% en février, déjouant les attentes des analystes qui tablaient sur un recul, selon les données publiées mercredi par le département du Commerce.

Ces chiffres ne reflètent toutefois pas encore l'impact de la pandémie de Covid-19.

Parmi les valeurs du jour, Nike s'est apprécié de 9,2%. La marque à la virgule a surpris agréablement les marchés mardi après la clôture, en faisant état de solides résultats trimestriels, en dépit de la pandémie de coronavirus ayant entraîné une fermeture de 75% de ses boutiques en Chine au pic de cette crise sanitaire dans le pays.

Occidental Petroleum a grimpé de près de 12%. La major pétrolière a annoncé mercredi d'importantes réductions de ses dépenses alors que les prix pétroliers ont chuté. Ces économies incluent notamment des baisses de salaires pour les dirigeants du groupe, a précisé l'entreprise.

Occidental a par ailleurs confirmé mercredi la conclusion d'un accord avec l'actionnaire activiste Carl Icahn, le groupe acceptant la nomination à son conseil d'administration de trois nouveaux membres désignés par M. Icahn.