Wall Street : reprise de souffle après la Fed et les "stats"

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Wall Street hésite quelque peu ce jeudi, les opérateurs ayant déjà anticipé ces derniers jours les décisions annoncées par la Fed hier soir. La poursuite des opérations non conventionnelles de la Banque et les objectifs économiques donnés n'ont donc guère surpris. Par ailleurs, les inquiétudes concernant la résolution du "fiscal cliff" persistent. Sur le front économique ce jour, les chiffres de la consommation ressortent mitigés outre-Atlantique, alors que ceux de l'emploi surprennent agréablement. Le DJIA recule actuellement de 0,08% à 13.235 pts, alors que le Nasdaq (Nasdaq: ^NDX - actualité) prend 0,25% à 3.021 pts.

D'après le Département américain au commerce ce jeudi, les ventes de détail aux Etats-Unis pour le mois de novembre 2012 ont augmenté de 0,3% en comparaison du mois antérieur, soit une hausse inférieure au consensus. Hors automobile, ces ventes sont stables par rapport à octobre, comme prévu. Enfin, hors automobile et essence, la consommation aurait progressé de 0,7%, ce qui dépasse par contre les attentes du consensus.

A 412,4 Mds$ en novembre 2012, les ventes de détail grimpent de 3,7% en comparaison de l'an dernier. Hors automobile, elles ressortent en progrès de 3,3% sur un an.

Selon le Département américain au travail ce jeudi, les inscriptions hebdomadaires nouvelles au chômage aux Etats-Unis sont ressorties au nombre de 343.000, contre environ 370.000 de consensus et 372.000 une semaine plus tôt.

L'indice des prix à la production aux Etats-Unis a reculé de 0,8% en novembre 2012, en comparaison du mois précédent, contre -0,5% de consensus. Hors alimentaire et énergie, l'indice des prix à la production a par contre légèrement augmenté de 0,1%, contre +0,2% de consensus.

Ben Bernanke a tenu hier soir sa conférence de presse, faisant suite à l'annonce du FOMC. Selon le patron de la Fed, les conditions sur le marché du travail entraînent les rachats obligataires, mais ces derniers doivent rester flexibles. La politique monétaire de la Fed n'est pas en mode "pilote automatique". Bernanke ajoute que les seuils économiques désormais fournis par la banque ne sont pas des "déclencheurs". Ces derniers doivent permettre d'aider les opérateurs à comprendre la politique de la Fed.

La Banque centrale américaine a fixé trois conditions au maintien de ses taux au niveau plancher : un taux de chômage supérieur à 6,5% aux États-Unis, des anticipations d'inflation à un et deux ans n'excédant pas 2,5% et des attentes d'inflation à long terme bien ancrées.

La politique monétaire a ses limites, concède Ben Bernanke, qui appelle une nouvelle fois à un accord sur le déficit américain. "La falaise fiscale a déjà un impact sur l'économie et représente un risque majeur pour l'économie", a estimé hier le patron de la Fed, affirmant que la Réserve fédérale pourrait acheter davantage d'obligations si aucun accord n'était trouvé entre républicains et démocrates.

VALEURS DU JOUR

US Airways (+2%). Les créanciers du transporteur aérien américain AMR (NYSE: AMR - actualité) , maison-mère d'American Airlines, auraient une préférence pour une fusion avec son compatriote US Airways en actions plutôt qu'en cash, expliquent les sources proches de la question de l'agence Reuters. Cette volonté signalerait la confiance des créditeurs dans la nouvelle entité potentielle. Les négociations de fusion entre US Airways, AMR et ses créanciers en seraient par ailleurs à un stade avancé, une décision sur la poursuite éventuelle d'une fusion étant attendue dès le mois de janvier. Le management d'AMR, quant à lui, désirerait par contre sortir de faillite en tant que compagnie aérienne indépendante, même si les derniers événements plaident de plus en plus pour un "deal".

Apple (NasdaqGS: AAPL - actualité) (-1%). Google Maps, le service de cartographie et navigation leader de Google (NasdaqGS: GOOG - actualité) , fait son retour sur les appareils iPhones d'Apple, quelques mois seulement après son abandon en tant que système par défaut. Le groupe de Cupertino Apple avait tenté précédemment de remplacer Google Maps par son propre outil, dans la dernière version de son système mobile d'exploitation. Sans succès, puisque les "maps" d'Apple avaient même suscité les plus vives critiques, au point de nécessiter des excuses du patron Tim Cook et un changement managérial rapide. Daniel Graf, le directeur mobile de Google Maps, ne cache pas sa satisfaction, avec une toute nouvelle application qui aurait été réfléchie avant l'éviction du système par Apple en septembre. L'application est disponible sur iPhone, iPad et autres appareils iOS, dans plus de quarante pays et en 29 langues.

Google (+1%), le géant californien de l'Internet, a conclu un accord sur les questions de copyright, avec un groupe de journaux belges en langue française. Google met ainsi un terme à un conflit datant de 2006, avec ce groupe représentant auteurs et journaux. Les procédures légales seront abandonnées, remplacées par des partenariats. Le conflit concernait les droits de diffusion de liens vers les articles des journaux sur Google News, sans autorisation ou paiement. Le groupement avait gagné contre Google en appel en mai. Le groupe de Mountain View avait alors bloqué les articles sur ses résultats de recherche. Google a désormais la permission requise, alors que les parties procèderont à des promotions réciproques.

Amazon (+1%) a lancé son premier magasin "Kindle store" en Chine, ouvrant potentiellement la voie à la future commercialisation de son appareil Kindle sur le marché chinois. En juin, quatre modèles du Kindle, dont le Kindle Fire et le Kindle Touch, avaient obtenu le feu vert du régulateur chinois. En attendant, Amazon pourra donc vendre des livres électroniques chinois pour l'application Kindle.

Le détaillant en ligne américain Amazon a remporté la partie, dans le conflit qui l'opposait au géant californien Apple, à propos du prix des e-books. Les régulateurs européens avaient mené une enquête antitrust sur ces prix. Apple et les éditeurs concernés ont accepté un accord permettant l'assouplissement des contraintes de prix pour Amazon et d'autres distributeurs. Joaquin Almunia, Commissaire à la concurrence de la Commission européenne, estime que les engagements d'Apple et des quatre éditeurs devraient "restaurer des conditions normales de concurrence sur ce marché nouveau et à forte croissance, au bénéfice des acheteurs et lecteurs d'e-books".

Bank of America (NYSE: IKJ - actualité) (stable). MUFG (Mitsubishi UFJ Financial Group) a annoncé avoir accepté le rachat, pour un montant non dévoilé, de la participation de Bank of America Merrill Lynch (NYSE: MER - actualité) au sein de leur alliance dans la banque privée au Japon. Merrill Lynch détenait 49% de Mitsubishi UFJ Merrill Lynch PB Securities, une joint venture formée il y a six ans. Le montant de l'opération serait proche de 480 M$, selon les sources de l'agence Reuters.

Ciena (NasdaqGS: CIEN - actualité) (+3%), l'équipementier de réseau américain, a annoncé pour son 4ème trimestre 2012 clos fin octobre, des revenus totalisant 465 M$, contre 455 M$ un an plus tôt. La perte nette GAAP est ressortie à 39 M$ et 39 cents par action, contre 22 M$ un an auparavant. La perte ajustée a été de 7 M$, 7 cents par action, contre un léger bénéfice un an avant, à la même époque. Le consensus était de 6 cents de perte par action pour 468 M$ de chiffre d'affaires trimestriel. Sur l'exercice, les revenus totalisent 1,8 Md$ et la perte nette atteint 144 M$. Pour le 1er trimestre 2013, trimestre de saisonnalité faible, les revenus sont attendus entre 435 et 460 M$, pour une marge brute ajustée allant de 40% à 44%.

Pier 1 Imports (Xetra: 864967 - actualité) (+2%), le détaillant américain, a publié pour son troisième trimestre fiscal 2013 clos fin novembre 2012, un bénéfice net de 24 M$ soit 22 cents par titre, ainsi qu'un bpa ajusté de 25 cents. Sur la même période, un an plus tôt, le groupe avait dégagé un bénéfice de 23 M$, 21 cents par titre. Les revenus totaux ont atteint 424 M$, en augmentation de 11% en glissement annuel et de 8% à magasins comparables. Le consensus était de 24 cents de bpa pour 418 M$ de revenus trimestriels. Le groupe a finalisé un programme de rachats d'actions de 100 M$, autorisant dans la foulée un plan d'un montant équivalent.

Best Buy (Dusseldorf: 912551.DU - actualité) (+18%) s'envole à Wall Street, sur des rumeurs d'offre "pleinement financée" du fondateur de la chaîne américaine d'électronique grand public. Le Minneapolis Star Tribune, qui cite une source proche de la question, croit savoir que Richard Schulze devrait dévoiler en fin de semaine une proposition de 5 à 6 milliards de dollars. Cela resterait très inférieur à l'offre initiale d'août, qui était logée entre 8,2 et 8,8 Mds$ (jusqu'à 11 Mds$ dette comprise).

Dell (NasdaqGS: DELL - actualité) (+1%). Jeff Clarke, directeur du département Consumer business chez Dell a annoncé officiellement, lors de la conférence Dell World, le retrait de son groupe du marché des smartphones. Le fabricant Texan désire en effet se concentrer sur ses ordinateurs et ses tablettes fonctionnant sous le système Windows 8. En mars dernier, le Groupe avait déjà annoncé l'arrêt des ventes de smartphones sur le marché américain. Dell explique qu'une réussite sur ce marché nécessiterait de lourds investissements, et évoque ses difficultés à percer sur le secteur des appareils sous Android.

Sprint Nextel (NYSE: S - actualité) (-1%), l'opérateur wireless américain, a annoncé une proposition de 2,1 milliards de dollars pour l'acquisition des parts non détenues de Clearwire. L'offre est libellée ainsi à 2,90$ par titre, pour 48% du capital de Clearwire. La valorisation globale du dossier ressort proche de 4,2 Mds$. La prime atteint seulement 5% sur la clôture d'hier à Wall Street, mais ressort à 20% en comparaison des cours de décembre, avant les premières rumeurs d'opération. L'offre requiert l'approbation de Softbank (Xetra: 891624 - actualité) , opérateur mobile japonais. Elle est conditionnée à la vente de 70% de Sprint à ce même Softbank. Le conseil de Clearwire étudiera cette proposition. Parmi les actionnaires de la firme, on retrouve Intel (NasdaqGS: INTC - actualité) ou Comcast (NYSE: CCS - actualité) .