La bourse est fermée

Wall Street tente un rebond alors que les plans d'aide se multiplient

La Bourse de New York a terminé en hausse jeudi, rebondissant au lendemain d'une nouvelle journée difficile

New York (AFP) - La Bourse de New York se redressait en cours de séance jeudi après un début de séance hésitant, les indices tentant de rebondir après une nouvelle journée difficile malgré les plans massifs de soutien à l'économie proposés par les autorités.

Vers 14H25 GMT, son indice vedette, le Dow Jones Industrial Average, prenait 0,29%, à 19.956,91 points, après avoir lâché jusqu'à 3,6% après l'ouverture.

Le Nasdaq, emporté par des groupes comme Tesla ("15%) et Expedia ("12%), gagnait 2,04%, à 7.132,46 points, après avoir évolué en dents de scie en tout début de séance. Netflix s'envolait de 7% et Facebook de 5%.

L'indice élargi S&P 500 montait de 0,34%, à 2.406,14 points.

La panique avait de nouveau saisi Wall Street mercredi, les acteurs du marché s'alarmant des conséquences sur l'économie des drastiques mesures de confinement mises en place pour lutter contre la propagation du coronavirus: le Dow Jones avait plongé de 6,30% et le Nasdaq de 4,70%.

Tous les actifs étaient alors partis dans une spirale baissière, non seulement les actions mais aussi les obligations et les matières premières.

Les banques centrales sortent pourtant les grands moyens pour tenter d'apaiser les investisseurs.

La Banque centrale européenne, par exemple, a présenté tard mercredi un plan d'"urgence" de 750 milliards d'euros.

La Réserve fédérale américaine, qui injecte des centaines de milliards de dollars depuis plusieurs jours pour s'assurer que les opérateurs puissent accéder sans problème à de l'argent sur les marchés, a encore annoncé dans la nuit de mercredi à jeudi la mise en place d'un nouveau mécanisme de soutien aux Fonds communs de placement sur le marché monétaire pour éviter un scénario catastrophe comme en septembre 2008.

Les parlementaires américains et la Maison Blanche négocient parallèlement un gigantesque plan de relance économique qui pourrait aller jusqu'à 1.300 milliards de dollars.

Et le secrétaire américain au Trésor, Steven Mnuchin, a assuré jeudi que l'émission de nouvelles dettes par le gouvernement n'était "pas un problème".

Mais les investisseurs restent sur leurs gardes.

"Au-delà de la crise sanitaire liée au coronavirus, nous sommes dans une véritable crise de confiance qu'il s'agit d'enrayer le plus rapidement possible", estime John Plassard, de Mirabaud Securities.

"Il n'est pas sûr que les actions massives qu'ont entrepris les gouvernements et les banques centrales soient la bonne solution car il y a encore beaucoup trop d'incertitudes", ajoute-t-il.

- Le pétrole rebondit -

"Aujourd'hui, les banques, les investisseurs et, plus largement, la population ont besoin d'une "feuille de route" concernant la gestion de la crise et non d'actions isolées associées à des annonces approximatives des gouvernements et des banques centrales. Sans cela, les indices iront plus bas, beaucoup plus bas", prédit le spécialiste.

Signe d'une demande accrue pour la dette des Etats-Unis, le taux à 10 ans sur les bons du Trésor redescendait un peu jeudi et évoluait à 1,11%, contre 1,25% la veille. Sa soudaine montée mardi et mercredi avait fortement inquiété les intervenants du marché, qui y ont vu le signe des interrogations des investisseurs sur la capacité des Etats à rembourser les dettes contractées pour faire face à la crise sanitaire.

L'annonce d'un bond des demandes hebdomadaires d'allocations chômage aux Etats-Unis, le ministère du Travail recensant 281.000 nouvelles inscriptions, a aussi pesé sur l'état d'esprit des courtiers en début de séance.

Conséquences directes de l'épidémie, de nombreux Etats ont signalé une augmentation des licenciements dans les secteurs de l'hôtellerie et des services de restauration en particulier, ainsi que dans les transports et l'industrie de l'entreposage.

Du côté des valeurs, le secteur de l'énergie remontait un peu alors que le prix du baril de pétrole new-yorkais reprenait des couleurs après avoir chuté de 24% la veille.

Le sous-indice représentant le secteur au sein du S&P 500 s'appréciait de 3,06%.