La bourse ferme dans 7 h 9 min

Wall Street rebondit vivement au lendemain de sa pire séance depuis 1987

Wall Street a profité vendredi d'un impressionnant rebond au lendemain de sa pire chute en plus de 30 ans

New York (AFP) - La Bourse de New York s'envolait vendredi à l'ouverture, rebondissant nettement au lendemain de sa pire séance depuis le krach boursier d'octobre 1987.

Vers 14H05 GMT, son indice vedette, le Dow Jones Industrial Average, montait de 3,15% à 21.868,55 points.

Le Nasdaq, à forte coloration technologique, prenait 3,87% à 7.483,46 points.

L'indice élargi S&P 500 gagnait 3,75% à 2.573,73 points.

Face à la multiplication des mesures de confinement et aux nombreux plans de soutien à l'économie annoncés sans coordination par divers gouvernements et banques centrales, la panique avait complètement emporté les marchés jeudi, le Dow Jones chutant de 9,99% et le Nasdaq de 9,43%.

Mais vendredi, "l'afflux des mesures destinées à assurer qu'il y ait suffisamment de liquidités sur les marchés" de la part des banques centrales "commence à être intégré par les marchés, tout comme l'espoir d'une réponse budgétaire aux Etats-Unis", ont souligné les analystes de Charles Schwab.

Le secrétaire au Trésor Steven Mnuchin a notamment affirmé dans une interview juste avant l'ouverture de la Bourse que le plan d'aide économique promis par Donald Trump pour faire face aux conséquences de l'épidémie de coronavirus aux Etats-Unis était "proche" d'être adopté.

La priorité de l'administration ira aux petites et moyennes entreprises, ainsi qu'au secteur aérien, déjà durement touché, a-t-il assuré.

- Montagnes russes à venir -

Les compagnies aériennes, dont les titres ont lourdement chuté depuis le début de la semaine et encore plus jeudi après l'annonce de drastiques restrictions de voyages en provance d'Europe par Donald Trump, se redressaient vendredi: United Airlines gagnait 4,34%, American Airlines prenait 6,58%, Delta montait de 8,25%, SouthWest s'appréciait de 5,32%.

Le contructeur aéronautique Boeing, également fortement sanctionné en Bourse ces derniers jours, grimpait de 8,05%.

"Les mesures de soutien monétaire et budgétaire vont aider à atténuer le choc porté à l'économie mondiale à moyen terme, mais à court terme, elles peinent encore à rassurer franchement des investisseurs nerveux", estime pour sa part l'analyste de National Holdings Art Hogan.

Les acteurs du marché préféreraient à ses yeux voir une montée en puissance des services de santé, plus de kits de test disponibles aux Etats-Unis, la garantie que les patients malades sans assurance puissent recevoir un traitement ou que ceux devant s'absenter du travail puissent se le permettre.

"Tant qu'on n'aura pas vu le nombre de nouveaux cas signalés atteindre un pic, comme c'est le cas en Chine et en Corée du Sud, il faut probablement s'attendre à un nouveau tour de Bourse sur les montagnes russes dans un environnement de marché volatil", estime M. Hogan.

"Il est normal pour les marchés de rebondir après un pic de panique comme celui observé jeudi" mais "ce rebond se sera probablement pas linéaire et on va probablement avoir encore plusieurs séances où les indices gagneront ou perdront 4% ou 5%", abonde Nathan Thooft, gestionnaire de portefeuilles chez Manulife Asset Management.

Mais "si le sentiment de panique est certains jours similaire à celui qu'on pouvait ressentir lors de la crise de 2008", la crise du coronavirus "est unique en son genre" et "la situation de l'économie n'est pas du tout la même qu'à l'époque", estime-t-il. "La reprise ne sera pas aussi longue qu'après la grande crise financière", avance l'expert.

Signe d'investisseurs un peu plus confiants, le taux sur la dette des Etats-Unis à 10 ans remontait nettement vendredi, évoluant à 0,962% contre 0,804% la veille.