Wall Street : lourde consolidation

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NKE73,380,72
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Wall Street consolide lourdement ce vendredi, sur fond de négociations houleuses entre républicains et démocrates au sujet du "fiscal cliff". Les statistiques du jour outre-Atlantique sont plutôt solides, avec les commandes de biens durables, ainsi que les revenus et dépenses personnelles des consommateurs américains. L'indice de confiance de l'Université du Michigan déçoit cependant quelque peu. Research In Motion, Micron, Walgreen (NYSE: WAG - actualité) , Red Hat (NYSE: RHT - actualité) , Nike (NYSE: NKE - actualité) et Cintas ont annoncé leurs trimestriels. GE a confirmé l'acquisition d'Avio pour plus de 3 MdsE... Le DJIA abandonne actuellement 0,87% à 13.195 pts, alors que le Nasdaq chute de 1,09% à 3.017 pts.

D'après le gouvernement américain ce vendredi, les revenus personnels des ménages aux USA pour le mois de novembre se sont appréciés de 0,6% en comparaison du mois antérieur, contre +0,3% de consensus, et après une relative stabilité en octobre. Les dépenses personnelles des ménages sont ressorties en progrès de 0,4% en comparaison du mois précédent, en ligne avec le consensus des économistes de la place, après un léger repli en octobre.

D'après le Département américain au commerce ce vendredi, les commandes nouvelles en biens durables pour le mois de novembre 2012 ont augmenté de 0,7% en comparaison du mois antérieur, à 221 Mds$, contre un consensus de +0,5% et une relative stabilité en octobre. Hors transport, les commandes sont ressorties en progrès de 1,6%, contre +0,2% de consensus.

L'indice d'activité nationale américaine mesuré par la Fed de Chicago pour le mois de novembre 2012 est ressorti positif de 0,10, après un niveau révisé à -0,64 pour octobre. Positif, l'indice signale donc une expansion supérieure à la normale.

L'indice du sentiment des consommateurs américains mesuré par l'Université du Michigan et Reuters est ressorti à seulement 72,9 pour le mois de décembre 2012, contre un consensus de place logé à 75 et un niveau antérieur de 74,5.

Malgré l'urgence du dossier, la classe politique américaine continue de se déchirer sur les solutions à apporter au "mur fiscal"... Hier soir, la chambre des représentants a finalement annulé in extremis un vote prévu sur un projet républicain baptisé "Plan B", plongeant les discussions dans l'impasse. Le (Paris: FR0000072399 - actualité) "Plan B", élaboré sou l'égide du président républicain de la Chambre, John Boehner, prévoyait des hausses d'impôts pour les Américains gagnant plus de 1 million de dollars par an. Mais cette mesure, déjà rejetée par les Démocrates, qui veulent taxer davantage les revenus dès 400.000$, n'a pas non plus recueilli de soutien suffisant dans les rangs républicains, entraînant l'annulation du vote. Une partie des élus républicains refusent en effet la moindre hausse d'impôts pour les contribuables les plus aisés, ce qui fait craindre dès lors un échec pur et simple des négociations...

La capacité de John Boehner, l'interlocuteur privilégié de la Maison Blanche, à fédérer ses troupes semble désormais bien écornée... Selon les analystes, il pourrait adopter deux attitudes dans les prochains jours : soit jeter l'éponge, ce qui compliquerait encore les négociations, soit partir à la recherche d'un compromis avec les Démocrates, en perdant le soutien de l'aile droite de son parti. La plupart des observateurs continuent de tabler sur un accord à l'arraché vers la fin de l'année ou en tout début 2013, les enjeux étant trop importants pour l'économie américaine.

Rappelons que si un accord politique n'est pas trouvé avant la fin de l'année pour réduire le déficit public des Etats-Unis à long terme, des mesures d'austérité automatiques de plus de 600 milliards de dollars entreront en vigueur automatiquement et progressivement à partir du 1er janvier 2013. Cette cure d'austérité, baptisée "fiscal cliff" ("falaise" ou "mur" fiscal), menace de faire rechuter l'économie américaine dans la récession l'an prochain, estiment les économistes de la Maison Blanche...

L'impasse actuelle se profilait depuis mardi soir, après la présentation du "Plan B", qui a immédiatement provoqué des réactions adverses de la part des deux partis... Mercredi soir, les petites phrases accusatrices avaient déjà fusé : Barack Obama avait soupçonné les Républicains d'avoir une "dent personnelle" contre lui, et John Boehner avait estimé que le président se montrait "étrange et irrationnel" dans son refus de transiger ! "Il est très dur pour eux de me dire oui", a estimé M. Obama lors d'une conférence de presse mercredi soir. Pourtant, "à un moment donné, il faudra qu'il me sortent de l'équation", a ajouté le président américain.

Barack Obama a affirmé plusieurs fois qu'il opposerait son veto à tout plan qui ne permettrait pas de faire contribuer davantage les classes aisées à la réduction de la dette publique, qui devrait gonfler cette année pour atteindre 107% du PIB, selon les prévisions du FMI.

VALEURS DU JOUR

Micron (-8%) a publié hier soir, pour son 1er trimestre fiscal 2013, des revenus totalisant 1,83 Md$, contre 2,09 Mds$ un an auparavant et 2 Mds$ de consensus. Le concepteur de "puces" de l'Idaho a déploré une perte de 275 M$ et 27 cents par titre, contre 187 M$ de déficit un an plus tôt. Le consensus était logé à 20 cents de perte nette par titre. Le groupe basé à Boise (NYSE: BZ - actualité) a souffert du ralentissement du marché PC et des difficultés économiques. Les revenus des produits NAND ont baissé de 4% sur le trimestre, en séquentiel, alors que les revenus DRAM ont régressé de 9%.

Nike (+5%) a publié hier soir, pour son second trimestre fiscal 2013, un bénéfice net en déclin, néanmoins supérieur aux attentes de marché. La demande solide en Amérique du Nord a compensé le ralentissement en Chine et la faiblesse en Europe. Le résultat net a régressé de 18% sur le trimestre clos fin novembre, pour des ventes en augmentation de 7%. Le bénéfice net est ressorti à 384 M$ soit 1,14$ par titre, contre 469 M$ et 1,03$ par action un an plus tôt. Le consensus était de 1$ de bpa.

Les ventes ont totalisé 5,96 Mds$, contre 5,55 Mds$ un an avant et 6 Mds$ de consensus. Le chiffre d'affaires a grimpé de 17% en Amérique du Nord, mais il chute de 11% en Chine et recule de 2% en Europe de l'Ouest. Les commandes en chaussures et vêtements prévues à la livraison entre décembre et avril ont augmenté de 6% en comparaison de la même période, l'an dernier, à 9,3 Mds$. Durant le trimestre, Nike a finalisé la vente d'Umbro et de Cole Haan.

Herbalife (NYSE: HLF - actualité) (-6%) poursuit sa chute à Wall Street, après les accusations du gérant de hedge fund William Ackman, qui estime que le fournisseur de compléments nutritionnels ne serait qu'une "escroquerie pyramidale". Ackman, le fondateur et PDG de Pershing Square Capital Management, précise avoir des positions de vente à découvert sur le titre Herbalife depuis des mois à Wall Street. Ackman gagne donc de l'argent quant la valeur chute en bourse. Le gérant a présenté ses accusations hier jeudi lors d'une réunion de la Sohn Conference Foundation à New York. Ackman accuse Herbalife d'une présentation trompeuse de certaines informations financières, destinée à masquer la vraie nature de son activité. Le gérant estime que les distributeurs du groupe gagnent plus d'argent en recrutant qu'en vendant, ce qui définit selon lui "l'escroquerie pyramidale". Michael Johnson, le PDG d'Herbalife, a démenti ces accusations. La compagnie estime que la présentation de l'investisseur hier était "une attaque malicieuse du modèle d'activité d'Herbalife basée largement sur des informations datées, déformées et imprécises".

Facebook (NasdaqGS: FB - actualité) (-2%), le géant américain des réseaux sociaux, a annoncé qu'il allait tester auprès d'un nombre limité d'utilisateurs, un service facturant 1$ pour garantir qu'un message adressé à un "non-ami" arrive directement dans la boîte "Inbox" du destinataire, plutôt que dans la classification "other" souvent ignorée. Facebook estime que la facturation de ce type précis de message pourrait permettre de décourager les "spams". Accessoirement, elle constituerait aussi une source additionnelle de revenus pour le groupe californien...

Research In Motion (-14%). Le Canadien à la marque BlackBerry a prévenu d'un changement de stratégie de service et de pertes d'abonnés. Les ventes trimestrielles ont dévissé de 47% en glissement annuel. Le nombre d'utilisateurs du BlackBerry a reculé à 79 millions, soit une perte d'un million d'abonnés en comparaison du trimestre antérieur. Le titre avait initialement réagi positivement après la clôture hier, le groupe ayant précisé avoir renforcé sa position de trésorerie durant le trimestre à 2,9 milliards de dollars (+600 M$), avant le très attendu lancement du BlackBerry 10 fin janvier.

Durant la conférence de présentation des résultats, RIM a cependant douché les espoirs des investisseurs. Le groupe prévoit de modifier son mode de facturation des commissions de services, ce qui menacerait une source de revenus d'abonnements conséquente. Seuls les abonnés désirant une sécurité renforcée payeront donc la commission, dans le cadre du nouveau service proposé. Les autres abonnés ne génèreraient donc plus que des revenus de services limités ou nuls. Alors que RIM joue sa survie avec le "BB10", cette transition du modèle attendue l'année prochaine fait d'autant plus frémir les opérateurs. Pour le troisième trimestre fiscal, RIM a délivré hier soir un bénéfice net de 14 M$ soit 3 cents par titre, contre 265 M$ de profits un an avant. Hors éléments, le groupe aurait perdu 22 cents par titre sur le trimestre clos, contre 27 cents de perte par action de consensus. Les revenus ont chuté de 47% à 2,7 milliards.

General Electric (Other OTC: GEAPP - actualité) (-1%) a finalisé un accord pour le rachat de l'équipementier aéronautique italien Avio. L'opération a été conclue pour plus de 3 milliards d'euros, 4,3 milliards de dollars. Avio est actuellement détenu par BCV Investments, dont l'actionnaire majoritaire n'est autre que Cinven. Avio avait été acquis par Cinven en 2006 pour 2,6 milliards d'euros. La transaction, qui reste soumise au feu vert des autorités compétentes, ne comprend pas la branche spatiale. Avio a réalisé 1,7 milliard d'euros de chiffre d'affaires en 2011 dans sa branche aviation, dont environ la moitié issus de contrats avec GE ou ses co-entreprise dans les moteurs.

Red Hat (+4%), le distributeur de systèmes Linux, a affiché au troisième trimestre fiscal des revenus de 344 M$ en croissance de 18%, contre un consensus de place de 338 M$. Le bénéfice net est ressorti quant à lui à 35 M$ et 18 cents par titre, contre 38 M$ un an plus tôt. Le bpa ajusté a représenté 29 cents, conforme au consensus. Le groupe de Caroline du Nord, qui a profité de la croissance des activités d'abonnements, va par ailleurs racheter ManageIQ pour 104 M$ en numéraire, dans les programmes pour "cloud computing". Le groupe anticipe, pour son quatrième trimestre fiscal, un bpa allant de 29 à 30 cents, ainsi que des revenus logés entre 347 et 351 M$.

Cintas Corporation (NasdaqGS: CTAS - actualité) (-4%) a annoncé ses résultats du second trimestre fiscal 2012. Ses revenus sont de 1,06 Md$, en hausse de 4% en glissement annuel. Les bénéfices s'élèvent à 78 M$ (0,63$ par action), contre 74,4 M$ (0,57$ par action) sur la même période de l'exercice précédent. Les analystes anticipaient en moyenne un bpa trimestriel de 0,62$, pour des revenus de 1,05 Md$. Sur l'exercice, le Groupe vise des revenus entre 4,275 et 4,325 Mds$, et un bpa entre 2,50 et 2,58$.

Walgreen (-3%), la chaîne pharmaceutique américaine, a enregistré, durant son premier trimestre fiscal 2013, un bénéfice de 413 M$ (0,43$ par action), contre 554 M$ (0,63$ par action) un an avant. Le bpa ajusté ressort à 0,58$, contre 0,71$ sur la même période de l'exercice précédent. Ses ventes baissent de 4,6%, à 17,3 Mds$. Les analystes anticipaient en moyenne un bpa trimestriel de 0,70$, pour des ventes de 17,4 Mds$.