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Wall Street repart vivement de l'avant après sa pire semaine depuis 2008

Des courtiers au New York Stock Exchange à Wall Street, à la clôture vendredi 28 février

New York (AFP) - Après avoir connu sa pire semaine depuis 2008, l'indice vedette de Wall Street rebondissait franchement lundi grâce à l'espoir de l'intervention des banques centrales: il s'est envolé temporairement de plus de 3%.

Le Dow Jones Industrial Average, qui s'est effondré de plus de 12% la semaine dernière au moment où le nouveau coronavirus se propageait un peu partout dans le monde, avait déjà nettement rebondi à l'ouverture.

Signe de la nervosité persistante des investisseurs, la publication d'un indicateur décevant sur l'activité manufacturière aux Etats-Unis l'a fait repasser un temps dans le rouge mais l'indice s'est rapidement ressaisi et gagnait 2,65% à 26.082,91 points vers 17H30 GMT, après avoir gagné un peu plus tôt jusqu'à 3,13%.

Après avoir suivi peu ou prou les mêmes fluctuations, le Nasdaq bondissait de 2,34%, à 8.767,93 points et le S&P 500, qui représente les 500 plus grandes entreprises de Wall Street, s'envolait de 2,36%, à 3.024,05 points.

Les investisseurs étaient en partie rassérénés par les promesses des banques centrales qui, de Washington à Tokyo, se sont engagées à venir à la rescousse de l'économie si la propagation du nouveau coronavirus continuait à affecter durablement l'activité des populations et des entreprises.

Le Trésor américain a par ailleurs indiqué lundi à l'AFP que les ministres de l'Economie et banquiers centraux des pays membres du G7 tiendront mardi une réunion téléphonique pour évoquer les conséquences de l'épidémie de nouveau coronavirus sur l'économie mondiale et les possibles réponses à apporter.

- Ruée sur les supermarchés -

S'affolant des conséquences potentiellement ravageuses pour l'activité des entreprises et la croissance mondiale de la crise sanitaire, les indices avaient encaissé la semaine dernière leur pire dégringolade depuis la crise financière de 2008.

Dans le même temps, les investisseurs se sont rués sur la dette américaine, jugée moins risquée que les actions. Signe d'une forte demande, le taux à 10 ans sur les bons du Trésor a encore plongé lundi jusqu'à 1,028% avant de se reprendre un peu.

"L'ensemble des taux sur le marché de la dette sont à des niveaux historiquement bas, ce qui suggère que le marché des actions peut encore souffrir un peu", estime Peter Cardillo de Spartan Capital Securities.

Mais les indices, après sept séances consécutives de baisse pour le Dow Jones notamment, s'approchent selon lui d'une certaine "stabilisation" avant la reprise de sa course vers des records, et ce grâce aux promesses des banques centrales.

Vendredi, le président de la Réserve fédérale Jerome Powell a de fait pris l'initiative inhabituelle de publier un communiqué assurant que l'institution utiliserait les outils à sa disposition pour soutenir l'économie.

Les investisseurs évaluent désormais à 100% la probabilité d'une baisse des taux d'un demi point de pourcentage --un geste rare-- lors de la prochaine réunion de la Fed, selon l'évaluation des produits à terme de CME Group.

Le gouverneur de la Banque du Japon, Haruhiko Kuroda, a aussi assuré lundi que son institution ferait tout son possible pour "garantir la stabilité des marchés financiers".

De quoi rassurer un peu les investisseurs alors que le nouveau coronavirus frappe désormais au moins 69 pays et territoires. Il a forcé des usines à fermer, des entreprises à limiter drastiquement les déplacements professionnels, des compagnies aériennes à réduire leurs vols.

Nombre de multinationales ont déjà prévenu que leurs résultats financiers allaient en pâtir et des économistes révisent à la baisse leurs prévisions de croissance mondiale.

Particulièrement affectés par la récente déroute des marchés, les géants du secteur technologique évoluaient tous dans le vert, Apple bondissant de 6,30%, Microsoft prenant 3,77% et Alphabet s'appréciant de 1,57%.

Les laboratoires pharmaceutiques étaient par ailleurs en forme alors que plusieurs dirigeants du secteur devaient rencontrer le président américain Donald Trump dans la journée: Pfizer gagnait 3,26%, Merck 4,73% et Johnson & Johnson 2,34%.

D'autres entreprises susceptibles de profiter de la situation étaient aussi en hausse, à l'instar des chaînes de supermarchés où, selon de nombreuses publications sur les réseaux sociaux, se ruent les Américains pour faire des réserves. Le spécialiste de la vente en gros Costco s'envolait de 9,23%, tandis que Target et Walmart prenaient respectivement 4,10% et 6,59%.