La bourse ferme dans 5 h 4 min

Wall Street continue de s'écrouler après la reprise des échanges

Un courtier à Wall Street, le 5 mars 2020

New York (AFP) - La Bourse new-yorkaise poursuivait sa dégringolade lundi après la reprise des échanges, interrompus 15 minutes en raison de l'effondrement de 7% de l'indice élargi S&P 500 en pleine panique autour du krach pétrolier et des conséquences économiques du coronavirus.

La perte de 7% du S&P 500 a automatiquement déclenché un mécanisme d'interruption temporaire des échanges, permettant au marché et aux investisseurs de reprendre leurs esprits. Si l'indice qui représente les 500 plus grandes entreprises de Wall Street abandonnait 13%, un deuxième arrêt d'un quart d'heure aurait lieu.

Les échanges ont redémarré à 13H49 GMT, ce qui a permis aux indices de se redresser légèrement.

Mais aux alentours de 14H15 GMT, le Dow Jones restait très nettement orienté à la baisse, perdant 5,62% à 24.412,07 points,

Le Nasdaq abandonnait lui 5,02% à 8.144,81 points et le S&P 500 reculait de 5,51% à 2.808,74 points.

Déjà lourdement affectée par les craintes liées au coronavirus, la place new-yorkaise était assommée lundi dès l'ouverture par l'effondrement des cours pétroliers, d'environ 20%. Le sous-secteur représentant les valeurs énergétiques au sein du S&P 500 s'enfonçait lui de près de 18%.

En cause, la décision de l'Arabie saoudite d'adopter une politique de la terre brûlée en baissant drastiquement le prix de son or noir et en augmentant se production, après l'échec de négociations en fin de semaine dernière avec la Russie.

"La chute des prix pétroliers est mauvaise pour les pays producteurs de pétrole et les actions du secteur de l'énergie", note Art Hogan de National. Avec plus de 13 millions de barils extraits quotidiennement, les Etats-Unis sont le premier producteur mondial devant la Russie et l'Arabie saoudite.

"Mais ce qui est encore plus inquiétant, c'est qu'elle offre une perspective sombre sur le sentiment des investisseurs au sujet de la croissance économique mondiale", ajoute M. Hogan.

Sur le front du coronavirus, le bilan sanitaire a continué de s'alourdir pendant le week-end, les Etats-Unis comptant désormais 21 décès et plus de 500 cas de contamination.

- Les banques souffrent -

Pour répondre à la panique qui s'empare des marchés, la Réserve fédérale a annoncé lundi qu'elle allait augmenter les montants qu'elle injecte chaque jour dans le marché monétaire, pour les porter à au moins 150 milliards de dollars quotidiens.

Selon l'outil de la plateforme boursière CME, 100% acteurs du marché s'attendent désormais à une nouvelle baisse des taux d'intérêt de la banque centrale américaine à l'issue de sa réunion de politique monétaire la semaine prochaine.

La Fed avait déjà surpris les marchés la semaine dernière en annonçant une baisse inhabituelle d'un demi-point de pourcentage de ses taux.

Les grandes banques américaines souffraient particulièrement de ces prévisions, une baisse des taux d'intérêt mordant sur leurs marges: JP Morgan reculait de 9,5%, Bank of America de 10% et Citigroup de 9,5%.

De son côté, l'économiste en chef du FMI a appelé à "une réponse internationale coordonnée" pour atténuer l'impact économique de l'épidémie du coronavirus

Autre signe de l'extrême frilosité des investisseurs, le taux à 10 ans sur les bons du Trésor américain s'écroulait. Il s'établissait à 0,5269% après avoir atteint un plus bas historique à 0,3137% dans la nuit de dimanche à lundi.