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Virus : les Européens préparent des mesures concertées, le monde se recroqueville

Virus : les Européens préparent des mesures concertées, le monde se recroqueville

Paris (AFP) - Les Européens préparaient lundi des mesures concertées face à la pandémie de Covid-19 dont le bilan dépasse dorénavant les 6.500 morts dans le monde, notamment en Europe où l'explosion du nombre des malades pousse les Etats à confiner leurs populations et à fermer leurs frontières.

Côté européen, Paris a annoncé que des mesures seraient "finalisées et annoncées dans les prochaines heures" sur les frontières extérieures de l'Union européenne, après des échanges avec plusieurs responsables européens.

Le président Emmanuel Macron, qui doit s'exprimer lundi soir, a appelé à "intensifier la coordination européenne et acter rapidement des mesures efficaces et concertées, notamment concernant les frontières de l'UE", tout en condamnant "les mesures unilatérales non concertées prises aux frontières par un certain nombre d'Etats membres de l'UE".

Le Premier ministre italien Giuseppe Conte, dont le pays est le plus sévèrement frappé en Europe, a appelé à "une coordination européenne" dans la santé et l'économie.

Un sommet extraordinaire du G7 regroupant sept pays industrialisés, actuellement présidé par les Etats-Unis et dont la France et l'Italie font partie, est prévu pour dans la journée par visioconférence afin de coordonner la lutte contre le coronavirus dans les domaines sanitaire, économique, financier et de la recherche sur un vaccin et des traitements. Mardi se déroulera une réunion extraordinaire des 27 dirigeants de l'Union européenne.

A l'intérieur même de l'UE, de nombreux pays cherchent à se protéger en s'isolant toujours plus, mettant à mal le principe européen de libre circulation. Lundi matin, l'Allemagne a mis en oeuvre des contrôles à ses frontières avec cinq pays -France, Autriche, Suisse, Danemark, Luxembourg.

Des restrictions qui s'ajoutent à une cascade de mesures prises dans les différents pays. Ecoles et universités, restaurants, bars, discothèques, cinémas, sont désormais fermés un peu partout, y compris les pubs en Irlande et les maisons closes aux Pays-Bas. Le monde du sport est à l'arrêt ou à huis clos, les musées restent clos et les annulations d'événements culturels se multiplient.

La ville de Moscou a annoncé la fermeture à compter du 21 mars de toutes les écoles et va limiter drastiquement dès mardi toute activité publique de loisir en raison de la pandémie de coronavirus.

- Lundi noir sur les marchés -

Les marchés boursiers reflétaient cette humeur, avec un lundi noir malgré l'offensive des banques centrales.

La Réserve fédérale américaine (Fed) a brutalement abaissé dimanche ses taux d'intérêt à zéro et participé à coups de centaines de milliards de dollars à une action mondiale concertée avec d'autres banques centrales -celles du Japon, du Royaume-Uni, du Canada, de Suisse- pour approvisionner le monde en liquidités.

Des annonces qui n'ont pas suffi à rassurer les marchés, tétanisés par les craintes d'une récession mondiale face à une pandémie qui semble ralentir dans son berceau asiatique mais se propage sur les autres continents.

La Bourse de New York poursuivait sa dégringolade lundi après la reprise des échanges, interrompus peu après l'ouverture. Son indice vedette, le Dow Jones s'effondrait vers 13H50 GMT de 11,84%.

L'UE prévoit une récession en 2020, a annoncé lundi le commissaire européen chargé du Marché intérieur Thierry Breton. La Chine, quant à elle, a fait état du premier recul de sa production industrielle en près de 30 ans et d'un effondrement des ventes de détail.

Plusieurs grandes compagnies aériennes ont fortement réduit la voilure.

La compagnie allemande Lufthansa va ainsi supprimer "jusqu'à 90%" de ses capacités de vols long courriers dans le contexte d'une chute sans précédent du trafic aérien dans le monde.

Dans le monde entier, le nombre des cas de Covid-19 recensés officiellement s'établissait lundi à 09H00 GMT à 168.250, selon un bilan établi par l'AFP.

La maladie a fait périr 6.501 personnes au total dont 2.335 en Europe, où le nombre des contaminations explose, notamment en Italie, en Espagne et en France.

Il y a désormais plus de décès recensés ailleurs dans le monde (3.288) qu'en Chine continentale (3.213), point de départ en décembre de l'épidémie et pays le plus touché.

L'Italie (1.809 morts pour 24.747 cas) n'a pas "encore atteint le pic" de contagion, a averti son Premier ministre.

Deuxième pays le plus touché d'Europe, l'Espagne (9.191 cas dont 309 morts) a enregistré près de 1.500 nouveaux cas en 24 heures et le gouvernement a prévenu que le confinement de la population risquait de durer.

- Situation "très inquiétante" en France -

En France (127 morts et 5.423 cas avec plus de 400 personnes hospitalisées en état grave), la situation "est très inquiétante" et "se détériore très vite", selon les autorités.

Le Chili a emboîté le pas lundi à l'Allemagne, la Russie, la République tchèque, l'Argentine, la Colombie ou encore le Guatemala qui ont annoncé dimanche la fermeture totale ou partielle de leurs frontières.

L'Allemagne a décidé d'interdire les rassemblements dans les lieux de culte et d'ordonner la fermeture des aires de jeu et des magasins "non essentiels".

L'Iran, le troisième pays le plus touché du monde, a donné lundi son bilan le plus lourd sur 24 heures avec 129 décès supplémentaires, portant le total à 853.

La Chine semble avoir enrayé la propagation du virus avec seulement 16 nouveaux cas lundi, dont 12 importés de l'étranger.

En Corée du Sud, un nouveau foyer de contamination lié à une Eglise est apparu avec un tiers des 135 fidèles de l'Eglise de Grace River Church de Seongnam, près de Séoul, testés positifs.

Le Maroc (29 cas, un décès) fermera à partir de lundi soir tous ses hammams, cafés, restaurants, théâtres, cinémas et salles de sport après avoir suspendu la veille tous les vols internationaux. Des avions spéciaux ont été autorisés pour rapatrier les touristes européens bloqués.

La Commission européenne a pour sa part proposé de "restreindre" les voyages "non essentiels" vers l'Union européenne, pour une période initiale de 30 jours.

burx/lch/stb