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Violences sexuelles dans le porno : 4 mises en examen dans le dossier "French Bukkake"

Quatre hommes supplémentaires ont été mis en examen dans le dossier « French Bukkake » qui enquête sur des violences sexuelles commises dans le milieu du porno dit amateur français (photo d’illustration prise dans les Hautes-Alpes en septembre 2022).

Au total, ce sont désormais seize hommes (acteurs, réalisateurs et producteurs) qui sont poursuivis dans cette affaire de viols et de traite d’être humains.

VIOLENCES SEXUELLES - Un premier grand procès sur les violences sexuelles commises dans le milieu du porno dit « amateur » français se rapproche. Ce vendredi 30 septembre, quatre hommes ont été mis en examen à Paris pour traite des êtres humains en bande organisée et viol en réunion dans l’enquête à Paris sur la plateforme de vidéos pornographiques « French Bukkake », a-t-on appris de source judiciaire.

Deux d’entre eux ont été placés en détention provisoire et les deux autres sous contrôle judiciaire, a précisé cette source.

Les quatre hommes, dont trois au moins sont des acteurs dans le porno dit amateur, avaient été interpellés mardi dans le cadre d’une information judiciaire ouverte en octobre 2020 pour traite d’êtres humains aggravée, viol en réunion ou encore proxénétisme aggravé.

16 mis en examen

Ces mises en examen portent à seize le nombre d’hommes (acteurs, réalisateurs, producteurs) poursuivis dans ce dossier. La grande majorité d’entre eux est incarcérée. Parmi eux, les producteurs surnommés « Pascal OP » et « Mat Hadix », très connus dans ce milieu du porno dit amateur.

Plus d’une quarantaine de victimes se sont constituées parties civiles, ainsi que des associations.

Selon des éléments de l’enquête dévoilés par la presse et dont l’AFP a eu confirmation, la plateforme de « Pascal OP » identifiée sous le nom de « French Bukkake », du nom d’une pratique sexuelle, a attiré en premier l’attention d’enquêteurs : un abonnement permettait aux clients de participer en priorité à ces éjaculations collectives, avec des places réservées pour des sessions sans préservatifs. Ce système, visant à faire payer des individus en échange de rapports sexuels organisés, a nourri, aux yeux de la justice, des soupçons de proxénétisme.

Pour trouver des « actrices » pour les tournages, un mode opératoire a été cerné par les enquêteurs : un rabatteur, se faisant passer pour une femme « alliée », « Axelle », convainquait ces femmes démarchées sur internet, souvent avec des parcours de vie difficile et démunies, de se prostituer.

Un sujet qui s’impose dans le débat public

Ce rabatteur se transformait ensuite en client et obtenait d’elles une prestation sexuelle visant à lever leurs réticences aux rapports tarifés. Après les avoir laissées sans rémunération, « Axelle » les recontactait pour leur suggérer une nouvelle manière de se renflouer, via des vidéos pornos fortement rémunératrices destinées au Canada. Mais le film finissait par être accessible partout, y compris en France.

Sujettes à de longues analyses par les gendarmes de la section de recherches de Paris, les vidéos réalisées « questionnaient réellement sur le consentement des jeunes femmes aux différentes prestations sexuelles », puisque dans certains passages elles s’opposaient verbalement à des pratiques sexuelles qui leur étaient imposées.

L’industrie pornographique française est sous le feu des projecteurs depuis deux ans : une autre enquête menée à Paris depuis juillet 2020 vise « Jacquie et Michel », incarnation en France du porno amateur et pilier tricolore de cette industrie. En juin, quatre hommes dont le fondateur du site, Michel Piron, ont été mis en examen dans une information judiciaire ouverte notamment pour proxénétisme aggravé, traite des êtres humains en bande organisée, viol avec torture et acte de barbarie.

Le monde politique s’est saisi du sujet : dans un rapport rendu public mardi, la délégation aux droits des femmes du Sénat a estimé que la lutte contre les « violences systémiques envers les femmes » générées par l’industrie pornographique devait devenir une « priorité de politique publique et pénale ».

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