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Violences policières et loi "sécurité globale": l'exécutif veut sortir de la crise politique

Le service politique de BFMTV avec J.B.
·5 min de lecture
Emmanuel Macron et Gérald Darmanin à la préfecture de Seine-Saint-Denis, à Bobigny, le 20 octobre 2020. - Ludovic MARIN / POOL / AFP
Emmanuel Macron et Gérald Darmanin à la préfecture de Seine-Saint-Denis, à Bobigny, le 20 octobre 2020. - Ludovic MARIN / POOL / AFP

L'exécutif cherche une porte de sortie et s'attelle désormais à désamorcer "la crise de l'article 24" de la loi sur la sécurité globale. En quelques jours, celle-ci est parvenue à braquer la majorité, fragiliser la solidarité gouvernementale et opposer le Premier ministre au président de l'Assemblée nationale.

Alors que le débat était déjà très tendu, la succession d'affaires récentes de violences policières a achevé d'électriser le débat: l'opération d'évacuation de migrants place de la République à Paris lundi soir, ou encore l'interpellation extrêmement violente d'un producteur de musique, Michel Zecler, frappé par plusieurs policiers dans son studio puis en pleine rue, le tout filmé par des caméras de vidésurveillance et des témoins.

Un ministre ménagé au sommet de l'État

Selon nos informations, une réflexion est lancée au palais de l'Élysée. Un ministre regrette toutefois, auprès de BFMTV, que le président soit désormais exposé dans cette affaire et qu'il n'ait plus d'autre choix que de faire "un déplacement ou une prise de parole", et cela "à cause de Gérald Darmanin". "On va être obligé d’exposer le président et de mettre Darmanin au placard", confie-t-il.

Se tenant à l'écart jusque-là, Emmanuel Macron s'est dit ce vendredi auprès de son entourage "très choqué" par les images du tabassag de Michel Zecler, avant de publier quelques heures plus tard une longue lettre sur Facebook, dans laquelle il dénonce des images "qui nous font honte", réclame une "police exemplaire" et demande au gouvernement de lui "faire des propositions pour lutter plus efficacement contre toutes les discriminations".

Une "opération de reprise en main" a aussi été lancée par l'exécutif. Jeudi, le président de la République s'est entretenu avec le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, indéfectible soutien de l'article 24 de la loi sur la sécurité globale. Un entretien d’une quinzaine de minutes au cours duquel le chef de l'État ne l’aurait pas recadré, selon ses proches, mais appelé à apaiser la situation. Gérald Darmanin a également été reçu par le Premier ministre ce vendredi matin.

Pourtant, un proche du président continue de ménager le ministre de l'Intérieur. Interrogé par BFMTV, ce dernier souligne que Gérald Darmanin a condamné les récentes affaires (de l'imbroglio au sujet de l'accréditation des journalistes en manifestation aux images de l'évacuation des tentes de migrants place de la République, sans oublier les dernières images violentes de l'interpellation de Michel Zecler) et qu'il a demandé une enquête de l’IGPN.

"Darmanin a coché toutes les cases, même s’il n’a pas géré parfaitement toutes les séquences", estime ce proche du président, qui reconnaît qu'"il a rétropédalé trop tard" au sujet de ses propos sur la presse et le floutage des policiers.

Mais un ministre contesté au sein de la majorité

Ce proche d'Emmanuel Macron insiste aussi sur le fait que les règles de déontologie doivent être rappelées aux forces de l’ordre: "il faudra qu’il y ait un message très clair du côté des forces de l’ordre, pour rappeler très fermement que les abus de pouvoir sont une dérive inadmissible qui entâche toute la corporation et leur contrat républicain avec les Français."

Mais pour certains au sein du gouvernement et de la majorité présidentielle, Gérald Darmanin est devenu un sujet.

"On a un vrai sujet Darmanin, c’est lui qui a allumé l’allumette et créé des polémiques depuis le début", affirme par exemple une source au sein de l'exécutif. "Ça nous pète à la gueule", râlent aussi des parlementaires exaspérés, qui redoutent un risque de crise sociale, notamment avec les jeunes de banlieues. Une source au sein de l'exécutif assure que le gouvernement est conscient que dans certains quartiers, "la vidéo (de Michel Zecler, ndlr) tourne en boucle".

"Gérald Darmanin a musclé et a instrumentalisé cette loi sur la sécurité globale. Il a joué à 100% et il est tombé dans tous les pièges tendus", confie à BMFTV un cadre de la majorité. Selon lui, "le rôle du ministère de l"Intérieur, c'est de 'tenir les forces de l'ordre par les couilles'. Or depuis six mois, on leur a dit 'allez-y les gars, on est derrière vous'. Le ministère de l'Intérieur, c'est le boss, pas le G.O. (gentil organisateur) des flics".

Un autre pilier de la majorité juge, lui aussi, que "Darmanin a bien joué au con" et qu'il "n'en a rien à foutre". "Il joue les Sarko aux petits pieds et à un moment donné, ça craque", peste-t-il encore.

Jean Castex affaibli par la crise

D'autres, de leur côté, considèrent que "la faute actuelle vient plus de Jean Castex, qui a préempté les pouvoirs du Parlement en proposant une commission pour réécrire l’article 24". Jeudi, le Premier ministre avait annoncé qu'une commission indépendante serait créée afin de réécrire cet article controversé de la loi sur la sécurité globale, qui prévoit d'encadrer la diffusion d'images des forces de l'ordre.

Mais l'idée de cette commission a mis le feu dans toute la majorité, ainsi qu'au sommet des institutions. Le président de l'Assemblée nationale Richard Ferrand, un très proche d'Emmanuel Macron, et celui du Sénat, Gérard Larcher, ont exprimé leur "opposition" à cette commission. Christophe Castaner, patron du groupe des députés LaREM, a lui-aussi fait part de son "étonnement".

Un pilier de la majorité reproche au chef du gouvernement d'avoir "voulu s'en mêler". "Il a eu tort. Il "n’aurait jamais du faire ça".

"C’est une faute constitutionnelle, ce n’est pas du ressort du gouvernement d’écrire un article de loi au nom de la séparation des pouvoirs. Pour cette même source, "ce ne serait pas arrivé avec Édouard Philippe".

Depuis, Jean Castex a rétropédalé ce vendredi, expliquant que la commission n'aurait finalement pas pour rôle de réécrire l'article 24. Dans la soirée, il s'est entretenu à ce sujet avec les cadres de la majorité. Un rendez-vous "tendu", d'après un participant. "Vous avez mal compris", a lancé le chef du gouvernement aux parlementaires, considérant que l'incident est clos.

Article original publié sur BFMTV.com