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"Il me violait": le récit à la barre d'Alexandra Richard, jugée pour avoir tué son conjoint violent

·5 min de lecture
(Photo d'illustration d'une statue représentant la justice) - Michael Coghlan-Flickr-CC
(Photo d'illustration d'une statue représentant la justice) - Michael Coghlan-Flickr-CC

"Durant ma détention, je me suis renfermée sur moi-même". Alexandra Richard a du mal à parler d'elle. Cette mère de famille, condamnée à 10 ans de prison en première instance devant les assises pour avoir tué son mari violent, s'est présentée ce mardi à la cour d'assises d'appel d'Évreux. Un nouveau procès dont elle espère un nouveau jugement.

"Je suis perçue comme une femme forte par ma prestance mais en fait pas du tout, je suis pas quelqu’un de fort", témoigne cette victime de violences conjugales, "j'ai l’angoisse qui est présente, le stress".

Un mariage et un divorce après 18 ans de vie commune

Issue d’une famille de trois enfants, Alexandra Richard raconte à la barre son enfance, elle qui fut élevée par ses parents, toujours ensemble: "j'ai réussi à obtenir mes diplômes, j’ai travaillé plus que certaines personnes". Elle rencontre dans le même temps celui qui devint son mari et le père de ses deux filles aînées. Une vie "normale" où mariage et projet de maison s'enchaînent, la vie de famille ensuite, pendant 18 ans.

"Tout se passait bien avec mon mari, puis je change de travail", poursuit la mère de famille.

Elle tombe alors amoureuse de Sébastien, pour qui elle a "des papillons dans le ventre", et avoue à son conjoint avoir des attirances pour quelqu'un qu'elle a rencontré au travail. Son époux la quitte aussitôt, et elle continue sa relation avec Sébastien "car mon mari n’a pas essayé que ça refonctionne".

"On divorce rapidement. Le jour où il est parti, il est jamais revenu à la maison", évoque Alexandra Richard.

"On était comme deux ados qui viennent de se rencontrer"

Elle parle alors d'un début de relation où Sébastien lui met "des étincelles dans les yeux" et fait preuve d'attention à son égard: "j’étais extrêmement amoureuse de lui". "C'était l'homme idéal, je le trouvais super beau. Et puis on était comme deux ados qui viennent de se rencontrer", décrit la mère de famille, "quand j’arrivais sur le parking du travail, il venait me dire bonjour en me portant dans ses bras, des choses d’ado quoi."

Mais les choses changent vite, elle raconte que Sébastien devient par la suite violent et commence à l'isoler de son entourage, de ses amis. Celui qui est pacsé et a deux enfants s'installe en 2014 chez sa nouvelle compagne, qui ne cache pas ses réticences.

"Je savais qu’il avait fait de la prison mais il m’a pas dit pourquoi, il m’a dit qu’il était jeune à ce moment-là", assure Alexandra Richard qui trouve l'installation de son conjoint bien trop rapide: "il fallait que j’impose à mes filles un autre homme alors qu’avec leur père ça ne faisait que quelques mois que j’étais séparée."

"De toute façon maintenant t’es à moi"

Les violences de Sébastien s’installent alors "très rapidement dans leur relation", assure l'accusée. Un jour, lorsqu'il se trouve en arrêt de travail et elle au bureau, elle reçoit un appel de lui qui lui demande de rentrer vite à la maison.

À peine arrivée, elle raconte s'être fait attraper les cheveux et traîner au sol: "je ne comprends pas ce qu’il passe. Il est alcoolisé, moi je me relève, je suis terrorisée. Il m’attrape les cheveux et me balance contre les murs de la maison". Selon Alexandra Richard, son conjoint a alors découvert les albums de vie commune d'elle et de son ex-mari.

"Il m'a fait monter les marches du grenier pour que je lui explique ce que c’était, il me lançait les albums au visage, il me frappait et me traitait de salope", détaille-t-elle, en larmes, "il m’insultait 'espèce de salope, de toute façon maintenant t’es à moi.'"

Tombant sur la robe de mariée de sa compagne, il décide de la déchirer et d'y mettre le feu. En sanglots, elle explique avoir reçu d'autres coups dans le dos mais a essayé de faire comme si de rien n'était lors du retour de ses enfants: "ils ont vu que j’avais pleuré. J’ai minimisé. C’est à partir de ce jour qu’il a commencé à être violent avec moi et à changer. C’est le premier moment". Là est le premier véritable point de rupture du couple qui a eu un enfant ensemble.

"Violences, insultes, peur. J'étais son objet", explique-t-elle encore depuis son box vitré, avant d'ajouter: "il me violait".

"Elle est la victime dans ce dossier"

En janvier 2016, Alexandra Richard avait déposé une plainte pour dénoncer ces violences en janvier 2016, avant de la retirer trois jours plus tard. La plainte avait débouché sur une simple proposition de médiation pénale, sans confiscation des armes de son conjoint. Le 16 octobre 2016, elle appelle la gendarmerie et explique avoir tiré sur Sébastien par accident, alors qu'il venait encore de la menacer verbalement de mort et qu'elle avait pris une de ses nombreuses armes pour le dissuader de la "fracasser".

"La scène est intrinsèquement une scène de légitime défense", a défendu son avocate à notre micro, "le coup de feu est accidentel [...] on n’est certainement pas dans un homicide volontaire avec circonstances aggravantes". Me Lorraine Questiaux indique également envisager de plaider l'acquittement pour sa cliente lors de ce procès: "nous pensons que madame Richard doit être acquittée car elle est la victime dans ce dossier".

Incarcérée depuis sa condamnation fin 2020, Alexandra Richard juge qu'il est impossible pour elle de "redonner sa confiance à un homme".

"Je ne veux pas refaire subir ça à mes enfants", explique celle qui déclare n'avoir jamais eu de pensées suicidaires, "j'aime trop mes enfants".

Article original publié sur BFMTV.com

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