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Vendée Globe 2020 : Kevin Escoffier récupéré sain et sauf par Jean Le Cam

·6 min de lecture

Onze heures d'attente, et un heureux dénouement dans ce Vendée Globe : Kevin Escoffier, monté sur son radeau de survie après une importante voie d'eau sur son bateau, a été récupéré par Jean Le Cam dans la nuit de lundi à mardi.

"Je coule", disait-il avant l’opération de sauvetage réussie sur le Vendée Globe. Dans la nuit de lundi à mardi, Jean Le Cam a pu secourir sain et sauf Kevin Escoffier, qui se trouvait sur son bateau de survie après onze heures d'attente.

"Vous voyez les films sur les naufrages ? C'était pareil en pire ! En quatre secondes, le bateau a planté, l'étrave s'est repliée à 90 degrés, j'ai mis la tête dans le cockpit, y a une vague, j'ai eu le temps d'envoyer un texto, la vague après a tout fait shunter (court-circuiter, NDLR) l'électronique. C'est un truc de barjot ! Plier un bateau en deux ! J'en ai fait mais celle-ci...", a raconté Escoffier (PRB) lors d'une liaison vidéo avec le PC course au petit matin mardi 1er décembre, aux côtés de Jean Le Cam (Yes We Cam!).

Le marin de 40 ans est apparu souriant et très ému à l'évocation des faits.

"Un énorme soulagement ! Kévin est bien à bord de Hubert sain et sauf", a tweeté Le Cam, que l'on voit devant son compatriote français sur une capture d'écran publiée sur le site de l'organisateur, à la frontière avec l'océan Indien, à 600 milles dans le sud-ouest du cap de Bonne-Espérance.

"C'est à 2 h 18 heure française (1 h 18 GMT) que le team PRB a été informé du sauvetage. Le skipper de PRB est apparu souriant, emmitouflé dans sa combinaison de survie aux côtés de Jean Le Cam", a tweeté l'organisateur, qui a le premier annoncé le sauvetage.

Troisième de la course, Escoffier avait déclenché sa balise de détresse lundi après-midi alors qu'il naviguait dans les Quarantièmes Rugissants, une zone connue pour ses déferlantes et vents violents. "J'ai zéro regret", a-t-il déclaré après le sauvetage. Il s’agissait de son premier tour du monde en solitaire.

"Je n'ai rien eu le temps de faire. J'ai juste pu envoyer un message à mon équipe ‘Je coule'. Ce n'est pas une blague. MAYDAY", a détaillé le navigateur de 40 ans dans un récit fait à son équipe.

Une opération de sauvetage parmi des vagues de 5 mètres

Alors que Jean Le Cam progressait pour se rendre à son secours, "il a disparu de l'écran et nous l'avons entendu parler. On ne voyait plus personne", raconte Jacques Caraës, le directeur de course, sur le site. Puis, autour d'1 h 10 GMT, "Jean est redescendu à la table à cartes, puis nous avons vu Kevin arriver dans son dos en combinaison de survie. Ils sont apparus quelques secondes, en forme tous les deux avant que la vidéo ne coupe. Il va bien. Tout le monde va bien. Ils se remettent !"

Quatre skippers étaient partis lundi à la recherche d'Escoffier. Le Cam avait été le premier à avoir rejoint la zone d'émission de la balise de détresse d'Escoffier, à 16 h GMT, soit 2 heures après l'alerte.

Il faut dire qu'Escoffier et Le Cam étaient très proches depuis quelques jours, à la lutte pour la 3e place, mais à bonne distance du leader, Charlie Dalin, et de son premier poursuivant, Thomas Ruyant.

Le Cam a rapidement aperçu le radeau de survie, mais l'opération de sauvetage a été rendue difficile par une mer très formée avec des creux de 5 mètres et une eau à environ 10 degrés.

"J'arrive sur zone, je vois Kevin sur son bateau, je me dis : 'impeccable'. Je lui dis : 'Je reviens, on va pas faire n'importe quoi'. Avec la mer qu'il y avait, pas fastoche pour manœuvrer. Je reviens là où je l'avais quitté... Personne ! Oh là là !", a témoigné Le Cam. "On s'est dit deux, trois mots. C'était Verdun sur l'eau. Il a été contraint de s'éloigner un peu puis après, j'ai vu qu'il restait sur zone. Je suis resté dans le radeau jusqu'au petit matin", s'est remémoré Escoffier.

Le Cam a expliqué être "revenu au moins cinq, six fois". "Je me dis : tu restes en stand-by et on attendra le jour. Après je me suis dit : la lumière (du bateau en détresse, NDLR), ça se voit peut-être mieux la nuit que le jour".

"À un moment, j'étais debout sur le pont et je vois un flash, enfin c'était pas un flash, c'est la lumière qui apparaît dans une vague. Une apparition ! Je me dis : c'est pas vrai ! J'ai continué et là tu vois de plus en plus la lumière et tu te dis : c'est bon. Tu passes du désespoir au truc de dingue !", a-t-il poursuivi.

"Bonheur !"

Le Cam raconte ensuite qu'il a "balancé l'espèce de banane" (bouée de sauvetage), qu'Escoffier a réussi à attraper. "Et là c'était gagné. Bonheur!", a lancé Le Cam.

Les deux hommes se sont tombés dans les bras. "Il m'a dit 'Putain, t'es à bord ! C'était chaud !'. Et moi, je lui ai dit : 'Je te nique ta course, tu faisais une super course'. Il m'a répondu : 'C'est pas grave, la dernière fois c'est moi qui avait mis à plat la course de Vincent [Riou, en 2009]', a rapporté Escoffier.

Les trois autres concurrents invités par l'organisation à se dérouter pour renforcer les recherches étaient Yannick Bestaven (Maître Coq), Boris Herrmann (Seaexplorer-Yacht Club de Monaco) et Sébastien Simon (Arkéa Paprec).

En principe, c'est un bateau des services de secours (MRCC du Cap) qui va désormais devoir récupérer Escoffier.

Les concurrents ayant porté assistance pourront ensuite reprendre leur tour du monde (les heures consacrées au sauvetage seront décomptées de leur temps de course).

Le Cam, le sauvetage, il s'y connaît : il avait lui-même été secouru en 2009, au large du Cap Horn après que son bateau s'est retourné. Réfugié à l'avant du bateau à l'envers, il avait été sauvé par Vincent Riou.

Premier Vendée Globe pour un marin expérimenté

Escoffier, marin très expérimenté âgé de 40 ans, participait pour la première fois au Vendée Globe, à la barre d'un bateau 'volant' mais de première génération, sorti des chantiers il y a tout juste 11 ans.

Fort de ses deux courses autour du monde en équipages avec escales (Volvo Ocean Race) dont une victorieuse en 2018, Escoffier s'est assez vite placé dans le groupe de tête et avait pris la troisième place du Vendée Globe pour la première fois dans la nuit de dimanche à lundi.

Lundi matin, lors d'une vacation avec le PC course, il a raconté se préparer à affronter son "premier coup de vent avec 35 nœuds fichier et six mètres de creux".

Il s'agit de la première opération de sauvetage depuis le départ de la course le 8 novembre, qui ne compte que deux abandons sur les 33 participants : celui de Nicolas Troussel (Corum L'Epargne) le 16 novembre après un démâtage, et celui du Britannique Alex Thomson (Hugo Boss) le 28 novembre en raison d'une avarie sur un safran après des problèmes structurels.

Avec AFP