La valeur du jour à Paris - VIVENDI en tête d'affiche

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(AOF) - En hausse de 4,04% à 15,595 euros, Vivendi (EUREX: DE000A1CRD56.EX - actualité) s'est inscrit dès l'ouverture de la Bourse en tête du CAC 40 (Brussels: INCAC.BR - actualité) après avoir relevé ses objectifs annuels mardi soir dans le sillage de la publication de résultats trimestriels supérieurs aux attentes. Au troisième trimestre, le groupe de médias a annoncé un résultat net de 665 millions d'euros en baisse de 2,9%, mais supérieur au consensus de - 13,8%. L'Ebita ajusté a également baissé de 7,3% à 1,394 milliard d'euros alors que le consensus donnait 1,187 milliard en grande partie grƒce à SFR qui a mieux résisté qu'attendu.

L'opérateur de télécoms en grande difficulté a affiché un recul de son Ebita de 16,6% à 537 millions alors que le marché anticipait un recul bien plus marqué de 37,7%. Fort de ces résultats, le groupe dirigé par Jean-René Fourtou a relevé l'objectif d'Ebitda de la filiale SFR, attendu en baisse de 12% contre une fourchette précédente de baisse comprise entre -12% et -15%.

Le chiffre d'affaires de Vivendi qualifié de "sans surprise" par les analystes est ressorti en baisse de 1,6% à 6,667 milliards d'euros, en ligne avec le consensus de 6,64 milliards.

La moindre dégradation des comptes de SFR, conjuguée à la bonne performance de la filiale Activision Blizzard (NasdaqGS: ATVI - actualité) ont amené Vivendi à relever ses objectifs annuels de résultat net ajusté de 2,5 à 2,7 milliards d'euros.

Ces résultats ont été applaudis à l'unisson par les brokers, tous ayant été surpris de la bonne résistance de SFR et le résultat opérationnel du groupe.

CM-CIC a même relevé sa recommandation de Conserver à Accumuler. L'analyste souligne toutefois que Vivendi n'a pas fait de commentaires supplémentaires sur la stratégie et continue de croire que le scénario le plus envisageable est celui d'un démantèlement progressif du groupe.



AOF - EN SAVOIR PLUS


Les points faibles de la valeur
- Manque de synergies entre les activités ;
- Positionné soit sur des marchés matures, soit sur des marchés faisant face à de nouveaux entrants agressifs ;
- Marché dans l'expectative d'un changement de périmètre avec cession d'actifs ;
- Perspectives morose de l'industrie musicale en raison de facteurs structurels (baisse de la demande de CD, piratage, dégroupage des disques, disponibilité des titres en libre accès à travers les plateformes de partage et les réseaux sociaux...)
- Environnement (Euronext: ALTEV.NX - actualité) de plus en plus concurrentiel dans la téléphonie mobile ;
- Hausse sensible du poids de la dette suite à la montée à 100% dans SFR. Rating ® BBB ¯ sous surveillance négative ;
- Manque de visibilité sur la distribution future de dividendes ;
- Durcissement fiscal en France ;
- Image toujours ternie suite aux déboires de ® l'époque Messier ¯.

Comment suivre la valeur
- Valeur défensive du fait de la récurrence des revenus ;
- Nombreuses rumeurs de démantèlement depuis le printemps 2012 ;
- Entrée du Groupe Bolloré au capital, annonciatrice, selon les analystes, d'un changement imminent de stratégie ;
- A suivre, donc, la modification du périmètre d'activités attendue par le marché (cession du brésilien GVT, recentrage sur les Médias puis sortie organisée de SFR ?) ;
- A suivre : l'orientation stratégique de SFR pour contrer l'arrivée de Free Mobile ;
- A suivre également, la stratégie de diversification de Canal+ dans la télévision gratuite avec la nouvelle chaîne D8.

LE SECTEUR DE LA VALEUR

Communication - Medias
Les perspectives sont mauvaises pour les recettes publicitaires des médias cette année, alors que 2011 marquait une rupture. D'après les données de la Direction générale des médias et des industries culturelles (DGMIC), le chiffre d'affaires de la presse nationale d'information générale avait progressé de 1,9% l'an passé et celui de la presse quotidienne nationale de 2,7%, alors qu'il était en baisse continue depuis 2007. Les recettes publicitaires des quotidiens nationaux, qui reculaient depuis 2005, avaient augmenté de 1,9%. Selon une étude publiée par Havas Media, la presse écrite devrait affronter une baisse de 5,9% de ses recettes publicitaires au troisième trimestre 2012. En revanche le numérique pourrait voir ses recettes publicitaires s'accroître de 8,6% sur ce même trimestre. Pour affronter un contexte peu porteur, de grands titres, comme ® Le Parisien ¯, ® Les Echos ¯ ou ® Le Monde ¯, lancent des suppléments. En attirant de nouveaux annonceurs cette stratégie peut s'avérer très fructueuse.