La valeur du jour à Paris - CREDIT AGRICOLE : lourdes pertes sanctionnées

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(AOF) - L'ampleur des pertes dévoilées par Crédit Agricole SA n'est pas du goût des investisseurs. L'action de la banque chute de 6,5% à 5,53 euros et enregistre la plus forte baisse du CAC 40 (Brussels: INCAC.BR - actualité) . Au troisième trimestre, Crédit Agricole (Paris: FR0000045072 - actualité) a essuyé une perte nette de 2,85 milliards d'euros, à comparer avec un bénéfice de 258 millions d'euros, un an plus tôt. La cession de sa filiale grecque a eu en particulier un impact négatif de 1,96 milliard d'euros dans ses comptes.

La liste des éléments exceptionnels négatifs comprend également 647 millions d'euros liés à la valorisation de sa dette au prix du marché, 181 millions d'euros sur la cession du courtier CA Cheuvreux et 193 millions d'euros liée à déconsolidation de Bankinter. A la surprise des analystes, la banque a en outre enregistré pour 572 millions d'euros de dépréciations d'écart d'acquisition en crédit à la consommation.

Crédit Agricole a précisé que, retraité de ces éléments spécifiques, le résultat net part du groupe normalisé s'élevait à 716 millions d'euros. Le produit net bancaire, également pénalisé par les exceptionnels, a atteint 3,432 milliards d'euros, en chute de 31,9%.

Concernant sa solidité financière, Crédit Agricole a réaffirmé son objectif d'un ratio de fonds propres durs supérieur à 10 % fin 2013 sur la base de l'application intégrale de Bƒle 3. Même si la banque a annoncé qu'elle ne prévoyait pas d'augmentation de capital pour que son ratio de solvabilité soit conforme à la réglementation, certains analystes craignent qu'elle n'y soit contrainte.



AOF - EN SAVOIR PLUS

LEXIQUE

Goodwill ou survaleur : Ecart positif entre la valeur d'acquisition d'un actif et sa valeur comptable.
Lors de la prise de contrôle d'une société par une autre, l'acquéreur paye en général un prix supérieur à la valeur des capitaux propres : cet écart est appelé la survaleur. Il correspond en général à des éléments immatériels, comme la marque, qu'on évalue subjectivement.



- Soutien explicite du Groupe Crédit Agricole avec une situation financière solide.

Les points faibles de la valeur
- Valeur des plus volatiles en Bourse à l'image de l'ensemble du secteur financier ;
- L'une des banques françaises les plus exposées à l'Europe (Chicago Options: ^REURUSD - actualité) du Sud, et plus spécifiquement à la crise grecque, à travers sa filiale Emporiki (86,5% du capital) ;
- Banque également exposée au risque de contagion au Portugal, de par sa participation directe et indirecte dans Banco Espirito Santo, 3ème banque portugaise ;
- Erosion des marges de dépôt dans un environnement de taux bas ;
- Mode de gouvernance peu propice aux prises de décisions rapides ;
- Etat major de la banque appréciant peu l'arrivée de Xavier Musca. Risques dans la transition manageriale ;
- Interactions complexes et difficiles à appréhender pour un investisseur entre CASA, l'entité cotée, et le groupe Crédit Agricole.

Comment suivre la valeur
- Valeurs bancaires considérées comme des titres ® value ¯ depuis les effets de la crise financière ;
- Continuer à suivre la politique désormais très volontariste de la BCE, sous la présidence de Mario Draghi, avec ses effets positifs sur le secteur bancaire en Bourse ;
- Ratio clé du secteur : le retour sur fonds propres (ROE) (mesure de la rentabilité des banques);
- Traditionnellement influencée par une série d'éléments : (i) les taux d'intérêt, (ii) l'état des Bourses mondiales avec un impact sur les activités de banque de financement et d'investissement et de gestion d'actifs, (iii) les niveaux de consommation et d'épargne des ménages (banque de détail) ;

- A suivre la gestion du dossier grec et la vente éventuelle de la filiale.
- A surveiller, la mise en place du dispositif de ® Bƒle III ¯.

LE SECTEUR DE LA VALEUR

Finance - Banques
A l'issue du sommet européen fin juin, les dirigeants se sont entendus sur la mise en place dans la zone euro d'une Union bancaire qui puisse prévenir efficacement les dérives et les crises. Ce superviseur européen des banques sera placé sous l'égide de la Banque centrale européenne (BCE). Cette dernière pourra intervenir lorsqu'un problème surviendra au sein d'une banque. Le nouvel organe de régulation pourrait sauver les banques en difficulté et même en éliminer certaines. Il pourrait avoir à contrôler bien plus que les vingt-cinq plus grandes banques de la zone euro. En Allemagne des réseaux de taille intermédiaire comme les caisses d'épargne et les établissements coopératifs pourraient être également concernés. Néanmoins ceci fait débat car les dirigeants allemands souhaitent maintenir ces établissements sous l'autorité des instances nationales.