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Valentin Belaud, pentathlète moderne frénétique de sport

·5 min de lecture

Valentin Belaud a les JO de Tokyo en ligne de mire. Le double champion du monde de pentathlon moderne vient d’intégrer la Team EDF, un sponsor supplémentaire en or pour s’entraîner sereinement. Rencontre.

Un petit gars remuant qui deviendra double champion du monde de pentathlon moderne. Pile à l’heure au rendez-vous, Valentin Belaud avance masqué, doudoune noire sur les épaules, s’assoit et s'apprête à raconter l'histoire.

Le discours est chargé de volontarisme. Il en faut une sacrée dose pour réussir dans le pentathlon moderne. Valentin Belaud évoque la « patience », la « progression » et « l'adaptation ». Dans son sport, les trois qualités sont fondamentales, comme un nez au milieu de la figure.

S’il n’en avait pas conscience à l’âge de 8 ans quand il s’est lancé dans sa « destinée », aujourd’hui, Valentin Belaud travaille même avec une psychologue du sport qui l’aide dans sa progression. « La préparation mentale, c’est la clef dans tous les sports. Elle m’a aidé à ouvrir des portes sur ce que je suis capable de faire. Et ça va me servir pour ma vie d’homme par la suite. J’ai progressé grâce à elle depuis Rio 2016 », dit-il avec enthousiasme.

Changer d’activité pour éviter l'ennui

Le pentathlon moderne reste l’une des disciplines les plus fascinantes du programme olympique avec cinq sports complètement différents les uns des autres. Escrime, natation, équitation, tir et course à pied. Et il est impossible d’avoir des points faibles pour espérer dominer.

Au début, le pentathlon moderne permettait à Valentin Belaud de changer d’activité toutes les quarante-cinq minutes pour éviter l’ennui. Désormais, c’est un art de vivre pour celui qui ne tenait pas en place. « J’ai fait du judo, du tennis de table, de l’escalade, de la course à pied… À un moment, mes parents m’ont demandé de choisir car ce n’était pas pratique de m’emmener à plusieurs sports », se rappelle-t-il en souriant. Et comme son frère, il se retrouve au club de pentathlon proche du domicile parisien. Les parents sont soulagés, ils n’ont plus à courir partout.

Valentin Belaud a décroché à Budapest en Hongrie un deuxième titre de champion du monde de pentathlon moderne en 2019, après celui obtenu en 2016 à Moscou, obtenant par la même occasion sa place pour les Jeux olympiques de Tokyo.

Fan d'Alain Bernard

À 28 ans, le voilà qui intègre la promotion 2020 Team EDF - la société est engagée depuis plus de 30 ans aux côtés du sport français. Ce qui lui permet de continuer sereinement sa préparation pour l’été prochain au Japon. « EDF [également partenaire de Paris 2024, NDLR] est venue vers moi pendant le confinement, et ça m’a plu tout de suite », explique Valentin Belaud. Le premier athlète à lui montrer ses médailles olympiques n’est autre que l’ancien nageur Alain Bernard, un des premiers athlètes à intégrer la Team EDF. « C’était ici à l’Insep [Institut national du sport, de l'expertise et de la performance, NDLR], une semaine avant de partir à Rio. C’est un sportif que j’affectionne beaucoup et dont je partage les valeurs », s’émerveille-t-il. À la terrasse de la cafétéria de l'usine à champions, Valentin Belaud déroule les anecdotes comme on enfile des perles.

Valentin Belaud dans son jardin à l'Insep

L’Insep est son cocon, au milieu du bois de Vincennes proche de Paris, où il passe plusieurs heures par semaine à la recherche du Graal olympique. Depuis 2010, Valentin Belaud s'entraîne d'arrache-pied, entre la saison des feuilles mortes et celle des arbres en fleurs, sans se lasser du chant des oiseaux. Impossible de s'étonner quand il avoue qu'il était certain que ce serait son futur cadre de vie. « Avec ma classe, à l’âge de 11 ans, j’avais visité l’Insep et j’avais lâché à l’enseignante que je serai là plus tard. Tout le monde a rigolé. » Tout est dit.

Sa détermination lui permet de monter un cheval qu’il découvre vingt minutes avec l’épreuve d’équitation ou de trouver la force de courir et tirer en même temps lors de l’épreuve combinée, ou encore d'affronter 35 adversaires en escrime dans une combat à mort subite où la première touche est gagnante. Un vrai parcours de stakhanoviste.

Avec Élodie Clouvel, vice-championne olympique à Rio, Valentin Belaud forme un couple moderne très en vue qui domine le pentathlon français. Tous les deux se tirent« vers le haut chaque jour », pour briller dans moins d’une année à Tokyo. « On est un simple couple dans la vie de tous les jours avec des hauts et des bas. On s’entraîne ensemble et quand j’ai du mal à me lever, elle m’aide à sortir du lit. » Sourire derrière le masque.

Au-delà de Tokyo, Valentin Belaud se verrait bien remettre le couvercle pour Paris 2024. Le voilà qui se lève et se lance dans une dernière anecdote. « À Rio, lorsque j’ai fait mon match contre le Brésilien, j’ai eu des frissons. On me sifflait, il était supporté comme un fou. Je veux connaître la même énergie autour de moi à Paris. »

L’heure du départ a sonné. Valentin Belaud a toujours mille choses à faire. Il s’éloigne sur son vélo, nuages sombres au-dessus de la tête. Mais lui sait pertinemment qu’il y a toujours des éclaircies.