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Vague de chaleur tardive: quelles conséquences sur la faune et la flore?

Jusqu'à 37°C encore ce mercredi. La France connaît des températures exceptionnellement élevées en cette période de rentrée scolaire, avec des records de chaleur pour un mois de septembre.

Et ces vagues de chaleur tardives devraient devenir de plus en plus courantes en raison du dérèglement climatique. Si une année inhabituelle sur le plan météorologique a des conséquences limitées, c'est la tendance à la multiplication de ces épisodes sur le long terme qui inquiète les spécialistes.

Des forêts à l'apparence automnale

Alors que l'été joue les prolongations, de nombreux arbres semblent avoir déjà revêtu leur tenue d'automne avec des feuilles aux teintes jaune et orange. À terre, dans certaines régions, les sols sont déjà jonchés de feuilles mortes. Une conséquence de la chaleur et de la sécheresse.

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Les arbres se débarrassent en effet de leur verdure pour économiser leurs réserves d'eau, qui se concentrent alors dans les branches et les troncs. Ils sont obligés de faire des choix pour survivre.

"L'arbre va fermer ses stomates pour arrêter de transpirer, afin d'essayer de maintenir le maximum d'eau", nous explique Yann Vandebeulque, responsable territorial à l'ONF.

Si bien que la température des feuilles, qui ne sont plus irriguées, augmente drastiquement, accélérant leur jaunissement puis leur chute.

Affaiblis par la chaleur, les arbres subissent ainsi plus facilement les attaques de champignons ou d'insectes, contre lesquels ils peuvent habituellement se défendre. La multiplication et l'intensification des sécheresses et épisodes de canicule accélèrent les phénomènes de dépérissement sur les arbres que connaissent les forêts françaises.

Les cycles des végétaux déréglés

Le cycle de vie de la faune et de la flore se cale sur le rythme de la nature, à la durée du jour et aux températures. Elles se préparent progressivement à l'hiver grâce à des signaux annonciateurs, comme une plus faible luminosité ou les premières fraîcheurs. Quand le mercure est inhabituellement élevé, les cycles se dérèglent.

"Pour certaines espèces, ça peut même être bénéfique", précise à BFMTV.com Marc-André Selosse, botaniste et professeur au Muséum national d'Histoire naturelle, expliquant que les plantes font ainsi plus de photosynthèse donc plus de réserves de graines et plus de sucre.

Cela concerne, par exemple, les légumes d'été, qui pourraient perdurer sur les étals encore un peu, les arbres fruitiers ou les vignes. "Toutefois, pour le raisin blanc, les fortes températures lors de la récolte créent un important risque d'oxydation", explique encore Marc-André Selosse.

Stress hydrique

Lorsque les végétaux, comme actuellement, ne se préparent pas à l'arrivée de l'automne, ils peuvent faire des fleurs, au lieu de faire des réserves, et donc risquent de produire moins à la prochaine saison. Si le phénomène ne se produit qu'une fois, cela reste exceptionnel et donc moins grave. Néanmoins, la récurrence de ces épisodes liée au réchauffement climatique met en péril la survie de certaines espèces.

Se pose également le problème des ressources en eau. En effet, la vague de chaleur actuelle s'ajoute à une sécheresse qui dure depuis plusieurs mois. "L'impact des températures dépend des ressources hydrauliques des sols, et c'est très disparate en fonction des régions", détaille Marc-André Selosse.

"Si les plantes sont déjà en stress hydrique, cette chaleur peut être le coup de grâce", poursuit-il.

Bouleversement des écosystèmes

En ce qui concerne la faune, cette canicule est moins délétère car elle est tardive par rapport aux cycles de reproduction. "La nidification est terminée: on n'a plus de jeunes martinets sous les toits, comme en mai-juin, et qui pourraient particulièrement souffrir de la canicule", illustre Anne-Laure Dugué, responsable à la LPO (Ligue pour la protection des oiseaux).

Toutefois, les températures peuvent entraîner des coups de chaud chez les animaux. "On peut continuer à mettre des points d'eau", préconise Anne-Laure Dugué, précisant qu'il faut favoriser les récipients peu profonds pour éviter les noyades.

Pour l'heure, la LPO n'enregistre pas de signalements de retard à la migration des oiseaux concernés. Plus que les conditions météorologiques de cette année, c'est l'augmentation progressive du mercure et l'accumulation des vagues de chaleur sur plusieurs mois et années qui bouleversent les écosystèmes.

"Aujourd'hui, on a des cigognes qui passent l'hiver chez nous plutôt qu'en Afrique", explique Anne-Laure Dugué.

Ces individus qui ne prennent pas le départ peuvent ainsi subir de plein fouet une arrivée brutale du froid hiver. Selon une récente étude britannique, cela peut également entraîner une désynchronisation avec la nourriture disponible et une compétition pour celle-ci avec les oiseaux sédentaires.

Article original publié sur BFMTV.com