Marchés français ouverture 1 h 41 min

La vérité sur la vente de médicaments à l'unité

Mesure poussée par l'Etat, délivrer la dose exacte d'antibiotiques prescrite s'avère inadapté à l'organisation des officines. Et aux normes des laboratoires.

Dans sa pharmacie à l'ouest de Strasbourg, Xavier Schneider s'apprête à faire le grand saut. Dès octobre, il proposera à ses patients âgés et souffrant de maladies longues . "Nous délivrerons les médicaments à l'unité tout en suivant à distance la bonne prise du traitement", explique le pharmacien, qui expérimentera le dispositif pendant quelques mois pour le compte du groupement Giropharm et ses 540 pharmacies.

Cette pratique, autorisée par décret pour les antibiotiques depuis le mois de février, pourrait-elle être généralisée dans les 21.000 officines de France? La mesure vise à encourager le pharmacien à déconditionner la boîte d'origine du médicament pour distribuer au patient le nombre exact de comprimés figurant sur l'ordonnance du médecin.

Gabegie de 9 milliards

La dispensation à l'unité a pour but de réduire la gabegie des médicaments, dont les plaquettes non utilisées s'accumulent dans les armoires à pharmacie des Français: seuls 40% des traitements prescrits sont suivis correctement par les patients. Ce qui coûterait 9 milliards d'euros en dépenses évitables par an. Or, à la suite d'une expérimentation pilotée par l'ex-ministre de la Santé Marisol Touraine deux ans plus tôt, "délivrer à l'unité permet une réduction d'environ 10% du volume de comprimés délivrés". En France, la délivrance à l’unité n’est aujourd’hui obligatoire à l’officine que pour certains médicaments, comme les stupéfiants (morphiniques, méthadone), mais elle s’est progressivement installée dans les hôpitaux et les Ehpad.

D'autres pays ont adopté ce système depuis longtemps. C'est la règle aux Etats-Unis, où les pharmacies reçoivent en vrac les médicaments des laboratoires, puis les délivrent à leurs clients dans des flacons étiquetés, ou au Canada. Aux Pays-Bas et en Norvège, l'usage est optionnel, mais courant. "Le reste à charge sur le médicament peut être conséquent dans les pays anglo-saxons, donc on prescrit et on délivre au plus juste, sous la pression des assureurs privés", remar[...]

Lire la suite sur challenges.fr

A lire aussi