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La vérité sur… l'humiliation en ligne

SP

Etats, stars, entreprises… Personne n'est à l'abri d'une attaque sur les réseaux sociaux. Les plus violentes sont souvent des initiatives individuelles et anonymes.

Humble professeur, Jeffrey Sonnenfeld aurait pu rester enseignant dans la grande tradition de l'université de Yale. Académique. Au lieu de cela, cet Américain est aujourd'hui interdit de territoire russe et ennemi personnel de Vladimir Poutine. Depuis février, et le début de l'invasion de l'Ukraine, ce chercheur américain pourchasse les marques restées en Russie malgré les sanctions occidentales. Publié sur Twitter, le nom de ces entreprises fait rapidement le tour des réseaux sociaux. Le président Volodymyr Zelensky reprend la liste sur son compte (6,4 millions d'abonnés). But de la campagne? "Faire honte" aux multinationales qui maintiennent leurs activités au pays de Poutine. Et quoi de plus efficace, après tout, que la dénonciation numérique, voire l'humiliation publique ?

Actions coup de poing

Depuis plusieurs années, cette pratique baptisée "digital shaming" tend à se généraliser. Elle prend aussi bien pour cible des gouvernements que des personnalités publiques ou des entreprises. Les groupes français Leroy Merlin, TotalEnergies ou Renault en ont déjà fait les frais. En ligne, n'importe qui peut s'attaquer à une marque au nom de ses valeurs ou de son propre vécu. En d'autres mots, rien n'interdit "d'exposer publiquement une faute qu'une entreprise désire cacher", estiment Rachel et Daniel, les deux cofondateurs de Sleeping Giants, qui s'expriment sous pseudonyme.

Né aux États-Unis, ce collectif de militants incarne cette nouvelle forme d'action coup de poing en ligne. L'organisation a pris ses marques en France grâce à . "Nous menons une action d'alerte et d'information sur des placements publicitaires que nous pensons en contradiction avec l'image, les engagements ou les principes des annonceurs", expliquent-ils. Ainsi, les Sleeping Giants ont incité plusieurs annonceurs, comme Ferrero ou Decathlon, à se retirer de plusieurs médias. Accusés de diffuser "un discours de haine", les sites d'information de Valeurs Actuelles et CNews ont aussi été visés par plusi[...]

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