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"Undertaker", le western BD qui cartonne en librairie

·5 min de lecture
La couverture du sixième tome de la BD
La couverture du sixième tome de la BD

En 2015 débarquait dans les librairies la BD Undertaker de Ralph Meyer et Xavier Dorison, présentée alors comme le meilleur western depuis Blueberry. Un argumentaire marketing volontairement provocateur, qui avait alors fait couler beaucoup d’encre: "Quand ils nous ont proposé cette phrase d’accroche pour le premier volume, on était très mal à l’aise avec. Au début, on était plutôt contre", se souvient Ralph Meyer.

Six ans, cinq tomes et 585.000 exemplaires écoulés plus tard, les réticences se sont envolées: ce western sur un croque-mort justicier qui compte parmi ses fans le chanteur Eddy Mitchell s’est imposé comme la nouvelle référence du genre le plus populaire de la BD franco-belge. Sorti en septembre, le sixième tome, Salvaje, bénéficiait d'un impressionnant premier tirage de 100.000 exemplaires et caracole depuis dans le top des ventes.

Tout a commencé il y a une dizaine d'années sous l’œil avisé de Yves Schlirf, éditeur mythique de la BD franco-belge connu pour avoir relancé Blake et Mortimer et fondé Kana, un des plus gros éditeurs de mangas en Europe. "Il connaît parfaitement le milieu de la bande dessinée. Il sent les projets, mais aussi les bonnes associations. C'est lui qui a eu l'idée de nous faire travailler ensemble", raconte Xavier Dorison.

Un croque-mort en héros

Réuni autour d'un spin-off de XIII (La Mangouste) puis d'un diptyque sur les Vikings (Asgard), le duo se rend "très vite" compte qu'il veut "raconter le même type d’histoires avec le même type d’exigence". Le dessinateur confie alors au scénariste son souhait de dessiner un western avec comme contrainte un croque-mort en héros.

"C’était compliqué parce que d’habitude le héros d'un western, c'est le shérif ou le hors-la-loi - des gens qui ont maille à partir directement avec la justice", commente Xavier Dorison. "Généralement, quand il y a un cadavre, c’est fini. Comment commencer une histoire où tout était fini?" Le nom du personnage est venu assez vite. "J’aimais bien Jonas, mais pas trop Crow. Je trouvais qu’il y avait un petit côté tarte à la crème du western." Il s'y est fait.

Dorison et Meyer ont créé un personnage tout en contraste, plus sombre et tourmenté que Blueberry, note le scénariste: "Il y a un écart entre son physique réel, plutôt agréable, et ce qu’il dégage à travers ses fringues pourries, ses cheveux trop longs et son chapeau de travers. De la même manière que son cynisme et sa misanthropie sont en contradiction avec son côté idéaliste." Et Ralph Meyer d’ajouter: "Ce qui est drôle, c’est que lorsqu’on travaillait sur les pages, on a vu sortir la série Hell on Wheels (2011-2016) dont le personnage principal est assez proche physiquement de notre héros!"

Le luxe de prendre son temps

Le succès permet à Ralph Meyer de soigner ses planches. "C’est un vrai luxe. On peut faire le bouquin qu’on a vraiment en tête", se réjouit le dessinateur, qui prend désormais dix-huit mois pour réaliser un album - le temps qu’il lui fallait pour en réaliser deux il y a cinq ans! Dorison passe de son côté quatre mois sur le scénario et il en faut autant pour les couleurs de Caroline Delabie. "Je prends le temps de regarder chaque storyboard, de refaire des propositions", note le scénariste.

La principale difficulté pour Ralph Meyer consiste à sortir de l’influence de Jean Giraud, dont certains Blueberry (La Mine de l'Allemand perdu, Ballade pour un cercueil) figurent au panthéon du 9e Art. "Giraud a lui aussi eu un maître, Jijé, et il a mis une dizaine d’albums avant de se dégager de cette influence qui était colossale", rappelle le dessinateur, qui a développé dans Undertaker - et surtout dans le sixième tome Salvaje - un traitement graphique "plus radical", davantage impressionniste.

"L'usage du pinceau sec est la seule technique en noir et blanc que Jean Giraud n’avait pas utilisée. Ça me permet aujourd’hui de me dégager tout doucement de cette influence qui est évidente et importante", explique le dessinateur. "Le traitement de la couleur par Caroline Delabie est aussi très différent de celui de Giraud. Notre approche du western est plus moderne."

Western anticapitaliste

Dans la lignée du célèbre western spaghetti Le Grand Silence avec Jean-Louis Trintignant, Salvaje se déroule dans des paysages enneigés. "La neige vient de nos envies communes et de contraintes", indique Xavier Dorison. "Ralph voulait rester dans des décors classiques de westerns. Mais j’aime bien changer. J’aime bien que les cycles aient des couleurs différentes. Je me souvenais d’une photo que j’avais vu avec l’Arizona sous la neige..." Le prochain diptyque sera aux couleurs "de la pluie, de la boue, des feuilles mortes d’automne".

Undertaker se distingue également de la concurrence par son propos très politique. Le premier diptyque (Le Mangeur d'or / La Danse des vautours) aborde la question des 1% qui détiennent la majorité des richesses de la planète. Le second (L'Ogre de Sutter Camp / L'Ombre d'Hippocrate) pose la question de l’utilitarisme. "C’est une question souvent posée par les philosophes anglo-saxons au XIXe siècle: le malheur des uns peut-il être compensé par le bonheur d’une masse plus importante?", développe Xavier Dorison. "C’est difficile de ne pas parler de capitalisme quand on fait un western aujourd’hui", précise Ralph Meyer.

La thématique du troisième diptyque (L'Indien Blanc / Salvaje) est tout aussi simple et aborde la question du bonheur matérialiste, archétype du modèle de bonheur de notre société. "Il y a un autre modèle, celui des ZAD, qui consiste à tourner le dos au progrès et aux biens matériels. Qui a raison? Vaste question. On y répond à la fin de l’album", glisse malicieusement Dorison. Le prochain album devrait être le plus politique de tous, et aborder un sujet d’actualité brûlant et féministe. Rendez-vous dans dix-huit mois pour en savoir plus.

Article original publié sur BFMTV.com

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