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Ubisoft: après un sévère warning, et maintenant ?

(CercleFinance.com) - Les actionnaires d'Ubisoft doivent actuellement faire preuve d'un moral d'acier. Après avoir dépassé les 85 euros au début du printemps, l'action est passée brièvement sous les 40 euros le 25 octobre après le lancement d'un 'warning' retentissant. Aujourd'hui remontée sur les 50 euros, elle perd toujours plus de la moitié de sa valeur depuis l'été 2018. Et maintenant ?

L'un des facteurs qui ont pénalisé l'éditeur français de jeux vidéos : les maigres début du jeu Ghost Recon Breakpoint, et dans une moindre mesure de ceux de The Division 2. Autre facteur découlant des problèmes constatés sur Ghost Recon Breakpoint : la décision de la direction de décaler le lancement de Gods & Monsters, Rainbow Six Quarantine et Watch_Dogs Legion.

Retour en arrière : lors de l'exercice 2018/2019, les 'net bookings' (soit le chiffre d'affaires ajusté, dans le jargon maison) avait pris 17,1% à 2,03 milliards d'euros, accompagnés d'un résultat opérationnel non IFRS de 446 millions (+ 48,6%). Jusqu'alors, Ubisoft tablait en 2019/2020 sur des 'net bookings' de l'ordre de 2.185 millions d'euros et un résultat opérationnel dans les mêmes termes de 480 millions. Tout cela a été remis en cause le 25 octobre et les chiffres visés sont maintenant de respectivement... 1.450 millions et d'entre 20 et 50 millions. Voilà ce qui s'appelle un 'double warning' et justifie le décrochage du titre en Bourse.

Précisons qu'en raison du décalage précité, Ubisoft a aussi formulé ses premières prévisions pour 2020/2021 sous le signe de la normalisation, avec des 'net bookings' qui seraient de l'ordre de 2,6 milliards et un résultat opérationnel autour de 600 millions.

Malgré sa chute récente, plusieurs bureaux d'études sont restés positifs sur le dossier Ubisoft. D'ailleurs, Oddo BHF est revenu à l'achat le 31 octobre, en visant 65 euros. Les spécialistes estiment que les problèmes rencontrés par Ghost Recon Breakpoint ne sont pas récurrents. 'Nous rappelons (...) l'historique favorable des précédentes gestions de crise et constatons que les développements impressionnants du groupe ces dernières années dans le digital lui assurent dorénavant de rester profitable en l'absence de lancement de jeux à gros volumes', ajoute une note. Oddo affiche aussi sa confiance dans le retour de la croissance, 5 lancements de jeux 'AAA' étant attendus en 2020/2021.

'La décote des multiples de valorisation par rapport aux principaux comparables américains (qui ont rencontré également d'importants problèmes l'année dernière) nous paraît excessive', ajoute une note.

Son de cloche similaire pour Credit suisse, toujours à l'achat ('surperformance). Ubisoft entend renforcer le contrôle qualité des prochains jeux qui sortiront, et se montre optimiste alors que la prochaine génération de consoles sortira fin 2020. Ubisoft s'estime aussi de taille face à Fortnite, Apex Legends ou Call of Duty, relève une note. Même si Credit suisse reconnaît que 'la restauration de la confiance prendra du temps, aucune publication majeure n'étant attendue avant septembre 2020', il vise 74 euros sur l'action Ubisoft.

Citons enfin les spécialistes parisiens de Midcap Partners / Louis Capital Markets, qui eux non plus ne lâchent pas l'affaire et restent à l'achat, en visant 80 euros. 'Grâce aux trois jeux décalés sur l'exercice à venir, le groupe possède désormais une très forte visibilité sur son potentiel de croissance', indique une note titrée 'Sans les mains' publiée en date du 31 octobre.

EG




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