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Turquie: qui est Kemal Kiliçdaroglu, ce candidat à la présidentielle qui pourrait battre Recep Tayyip Erdogan?

"Je suis Kemal, j'arrive!", indique l'une de ses affiches de campagne. En Turquie, à trois jours des élections présidentielles et législatives organisées dimanche 14 mai, les opposants au président sortant Recep Tayyip Erdogan, arrivé au pouvoir en 2003, carressent l'espoir de mettre fin au règne de l'homme fort d'Ankara.

Soutenu par six partis d'opposition, le candidat Kemal Kiliçdaroglu fait figure de favori. Il est donné vainqueur dans la majorité des sondages d'opinion. Une récente enquête menée par l'institut Konda le crédite de 49,3% des voix, contre 43,7% pour Recep Tayyip Erdogan. Si aucun des deux hommes ne parvient à atteindre 50% des voix, ils devront s'affronter lors d'un second tour, scénario le plus probable.

Vidéos filmées dans sa cuisine

Économiste de formation et ancien haut-fonctionnaire, Kemal Kiliçdaroglu, 74 ans, dirigie le Parti républicain du peuple (CHP), une mouvance sociale-démocrate. Longtemps vu comme un politicien sans charisme, il a progressivement gagné en popularité lors de sa campagne.

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Le signe de ralliement de ses soutiens, un cœur avec les mains, est devenu viral, tout comme les vidéos qu'il poste quotidiennement sur les réseaux sociaux, filmées dans sa cuisine.

De même, fin avril, il a confié être de confession alévie, une branche hétérodoxe de l'Islam, jugée hérétique par certains musulmans sunnites rigoristes. La déclaration a été saluée dans l'opinion publique, alors que cette religion, qui regroupe entre 15 à 20% de la population turque, a longtemps pâti de nombreux préjugés.

Rompre avec l'héritage d'Erdogan

S'il est élu, Kiliçdaroglu promet de rompre avec l'héritage d'Erdogan. Il continuera à payer ses factures d'eau et d'électricité, et n'emménagera pas dans le fastueux palais présidentiel aux 1100 pièces bâti par son prédécesseur. Il souhaite retourner à Çankaya, résidence historique des présidents turcs, lui qui est né dans une famille modeste de la province d'Esrim.

La coalition d'opposition qu'il dirige souhaite également mettre fin au régime présidentiel mis sur pied en 2018, pour retourner à un régime parlementaire, avec un Premier ministre élu par le Parlement. Kemal Kiliçdaroglu assure ne pas être un "homme d'amibitions", et jure qu'une fois sa mission remplie, il retournera s'occuper de ses petits-enfants. Son objectif? "Restaurer la démocratie".

"Il est comme nous, il comprend les gens", a assuré un de ses soutiens à l'AFP lors d'un meeting à Istanbul.

Justice, liberté de la presse, économie...

La justice, mise à mal après le coup d'État raté de 2016, est promise à une nouvelle indépendance en cas de victoire de l'opposition, et de nombreuses libérations d'opposants emprisonnées ont été annoncées. Kemal Kiliçdaroglu souhaite enfin rendre à la presse son indépendance, et veut abolir le délit "d'insulte au président".

"J'apporterai le droit et la justice à ce pays", a-t-il déclaré.

Mais les défis sont également économiques, alors que l'inflation s'affiche à 45% sur un an, et que la livre turque a perdu 80% de sa valeur en cinq ans face au dollar.

Soutien du principal parti pro-kurde

Le CHP, son parti, a bénéficié d'un souffle nouveau en 2019, avec l'élection de ses candidats aux postes de maire d'Istanbul et d'Ankara. Très populaires, ces derniers accompagnent Kemal Kiliçdaroglu dans de nombreux déplacements, et sont annoncés à la vice-présidence en cas de victoire.

Bien décidé à ménager l'électorat conservateur, Kemal Kiliçdaroglu a également en partie rompu avec l'héritage laïc de son parti, fondé par le père de la Turquie moderne, Mustafa Kemal Atatürk. En 2022, il a proposé une loi garantissant aux femmes turques de porter le foulard.

Le HDP, principal parti pro-kurde, a annoncé en avril qu'il appelait à voter pour Kemal Kiriçdagolu. Un soutien crucial, mais qui reste fragile. Kemal Kiliçdaroglu a soutenu les incursions turques menées en Syrie depuis 2016, visant à lutter contre des groupes armées kurdes.

Enfin, jeudi, Muharrem Ince, un des quatre candidats à la présidentielle, a annoncé son abandon de la course à la présidentielle. Une décision analysée comme profitable pour la coalition d'opposition, qui bénéficierait d'un nouveau report de voix.

Erdogan fragilisé sur plusieurs points

Conscient de la dangerosité de son adversaire, Recep Tayyip Erdogan, qui a entamé ces dernières années un revirement autoritaire de l'exercice du pouvoir, semble conscient du danger que fait peser sur sa réélection Kemal Kiliçdaroglu. Le chef d'État turc, en plus de présenter un bilan économique pauvre, a été critiqué par la gestion du tremblement de terre du 6 février, qui a fait plus de 50.000 morts en Turquie.

Après avoir surnommé son adversaire Bay Bay Kemal ("monsieur monsieur Kemal" en français, prononcé "bye bye"), Recep Tayyip Erdogan n'hésite désormais plus à tomber dans l'invective. Comme le rapporte Le Monde, durant sa campagne le président turc a qualifié Kemal Kiliçdaroglu "d'alcoolique", "d'ivrogne", de "terroriste" ou encore de "LGBT". Un qualificatif qui sonne comme une insulte dans sa bouche, puisqu'il estime que les homosexuels sont des "pervers".

"Vu la crise, vu son état, son isolement et les divisions qui se font de plus en plus jour au sein de l’appareil d’Etat, Erdogan semble être devant une équation sans solution, c’est pourquoi il attaque aussi agressivement, pourquoi il cherche à faire peur", fait valoir auprès du Monde Mehmet Altan, professeur d'économie à l'Université d'Istanbul.

Mais dans cette équation politique, demeure une inconnue. En cas de défaite, le président sortant acceptera-t-il de laisser le pouvoir? "Ma nation ne cédera pas le pouvoir à quelqu'un qui a été élu président avec l'aide du PKK", a-t-il promis lundi lors d'un meeting à Ankara.

Article original publié sur BFMTV.com