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Travail forcé des Ouïghours : Paris ouvre une enquête contre quatre firmes du textile

·3 min de lecture

Accusés de profiter du travail forcé des Ouïghours en Chine, quatre géants du prêt-à-porter, dont Uniqlo et Skechers, sont visés depuis fin juin par une enquête en France pour "recel de crimes contre l'humanité", une initiative rarissime.

L'accusation est lourde de sens. Le Parquet national antiterroriste français (Pnat) a ouvert une enquête contre quatre entreprises du secteur du textile pour recel de crimes contre l'humanité, une procédure en lien avec les soupçons de travail forcé subi par les membres de la communauté musulmane des Ouïghours dans la province chinoise du Xinjiang, a-t-on appris jeudi 1er juillet de source judiciaire.

Cette source a déclaré à Reuters que l'enquête visait Uniqlo France, propriété du japonais Fast Retailing, Inditex, qui possède notamment Zara, SMCP et Skechers, confirmant une information rapportée en premier lieu par Mediapart.

Des contrôles de traçabilité rigoureux

"Une enquête a effectivement été ouverte par le pôle 'crimes contre l'humanité' du parquet antiterroriste à la suite d'un dépôt de plainte. Cette enquête est ouverte pour recel de crimes contre l'humanité", a dit la source.

Des ONG ont déposé en avril une plainte contre ces entreprises pour "recel de crime de réduction en servitude aggravée", "recel de crime de traite des êtres humains en bande organisée" ou "recel de crime de génocide et de crime contre l'humanité".

Inditex et SMCP ont rejeté ces accusations. Aucun commentaire n'a pu être obtenu dans l'immédiat auprès de Skechers et d'Uniqlo France.

Précisant avoir pris connaissance par voie de presse de l'ouverture de l'enquête, Inditex a déclaré qu'il contestait "fermement les qualifications pénales qui semblent visées par cette plainte".

"Inditex rappelle que des contrôles de traçabilité rigoureux sont menés au sein du groupe. Ils ont permis de vérifier que les allégations provenant de cette plainte sont infondées. Il coopérera, pour l'établir, avec les autorités judiciaires françaises", a-t-il déclaré.

Une enquête pour "établir la vérité"

SMCP, qui a exprimé sa volonté de coopérer pleinement à l'enquête, a dit y voir une "étape nécessaire pour établir la vérité". "SMCP travaille avec des fournisseurs situés à travers le monde et réaffirme qu'il n'a pas de fournisseurs directs dans la région mentionnée dans la presse."

Les États-Unis accusent la Chine de génocide et de crimes contre l'humanité dans la région du Xinjiang, citant la détention de plus d'un million de personnes, principalement issues de minorités musulmanes, dans des camps de travail forcé. Pékin nie ces accusations.

En mars, plusieurs pays et l'Union européenne ont imposé des sanctions contre des représentants chinois pour atteintes aux droits de l'homme dans le Xinjiang.

De son côté, la marque japonaise de prêt-à-porter Uniqlo a réaffirmé vendredi qu'il n'y avait pas de travail forcé dans ses chaînes d'approvisionnement. Quand ce sera le cas, "nous coopérerons totalement avec les enquêteurs pour réaffirmer qu'il n'y a pas de travail forcé dans nos chaînes d'approvisionnement", a ajouté la marque.

Avec Reuters et AFP

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