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Transplantation: le rein d'un porc a fonctionné chez un humain, une première

·3 min de lecture

Des scientifiques américains ont réussi à faire fonctionner sur un humain le rein d'un porc génétiquement modifié, une percée qui représente un espoir pour les très nombreuses personnes en attente d'une transplantation. Si le succès se confirme, les cochons pourraient bien un jour être élevés dans le but de fournir des organes aux humains qui en ont besoin.

Cette découverte pourrait être révolutionnaire. L'expérience a été menée sur un patient en état de mort cérébral à l'hôpital Langone à New York, juste avant qu'il ne soit débranché. Le 25 septembre, en accord avec la famille du patient, les médecins commencent l'opération.

Le rein n'a pas été à proprement parler implanté à l'intérieur d'un corps humain, mais a été connecté aux vaisseaux sanguins du patient. L'opération a duré environ deux heures.

Un animal génétiquement modifié

Le rein « a bien fonctionné » durant les deux jours et demi qu'a duré l'expérience, a dit à l'Agence France-Presse Robert Montgomery, directeur de l'Institut de transplantation de NYU Langone. « Il a fait ce qu'il était censé faire, [...] il a produit de l'urine. »

Une telle transplantation avait déjà été tentée chez les primates – un rein de porc ayant alors fonctionné pendant toute une année –, mais jamais encore chez les humains.

Et pour cause : l'organisme humain contient des anticorps qui s'attaquent à un type de sucre présent normalement « sur toutes les cellules des porcs », ce qui provoque « un rejet immédiat » de l'organe, a expliqué Robert Montgomery. Mais l'animal a, cette fois, été génétiquement modifié pour ne plus produire ce sucre et il n'y a pas eu « de rejet rapide du rein » constaté.

Pourquoi un porc, plutôt qu'un autre animal ?

« Les porcs ont la bonne taille, ils grandissent rapidement et les portées comptent beaucoup de petits », a répondu Robert Montgomery. « C'est aussi plus acceptable, car on utilise déjà les porcs pour l'alimentation. » Les valves cardiaques de porc sont déjà très utilisées chez les humains et leur peau peut être utilisée pour des greffes sur de grands brûlés.

Au bout de cinquante-quatre heures, le rein fonctionnait toujours parfaitement et n'avait pas été rejeté. Puis le respirateur artificiel du patient a été arrêté, mettant fin à l'expérience.

Le professeur a reconnu que ces résultats étaient « limités », notamment à cause de la courte période d'expérimentation. « Ce qu'il se serait passé après trois semaines, trois mois, trois ans, cela reste une question », a-t-il dit. « Mais c'est néanmoins un pas intermédiaire très important, qui nous indique qu'a priori, au moins au départ, les choses se passeront bien. » Selon lui, des essais cliniques plus larges pourraient débuter d'ici « un an ou deux ».

Certains experts ont accueilli la nouvelle avec prudence, les résultats détaillés de l'étude menée n'ayant pas encore été publiés dans une revue scientifique (ce qui est prévu le mois prochain).

Près de 107 000 Américains sont actuellement sur liste d'attente pour une greffe d'organe, dont 90 000 justement pour un rein. Chaque jour, 17 personnes qui auraient besoin d'une greffe meurent dans le pays.

Les xénogreffes – d'un animal à un humain – ne sont pas nouvelles. Les médecins ont tenté des transplantations entre espèces depuis au moins le XVIIe siècle, les premières expériences se concentrant sur les primates. En 1984, un cœur de babouin avait été transplanté sur un bébé mais la petite, surnommée « Baby Fae », n'avait survécu que vingt jours.

(Avec AFP)

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